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10/06/2015

Les élus coëns était un Ordre sacerdotal de prêtres consacrés à la célébration d’un « culte primitif » rattaché à la lignée des élus de l’Eternel

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« C’est pourquoi dans l’esprit de son fondateur, les élus coëns était un Ordre sacerdotal de prêtres consacrés à la célébration d’un « culte primitif » rattaché à la lignée des élus de l’Eternel. Les élus coëns devraient pour cela impérativement veiller, chaque jour, chaque heure de leur vie, à la préservation de la pureté de leur ordination, et de leur consécration, souci constant et indispensable pour que pût s’accomplir, dans un esprit de sainteté et de vérité, l’œuvre liturgique et invocatoire exigée, d’après Martinès depuis les premiers commencements, par le Dieu Saint et Très Haut, l’Eternel Adonaï Sabaoth, Le Père d’Amour et d’infinie Miséricorde avec lequel, par la Croix, nous a réconciliés Notre Divin Réparateur et Maître le Christ Jésus. »

 J-M Vivenza, à propos des Elus Coëns, « René Guénon et la Tradition Primordiale », extrait.

 

08/06/2015

Cette intention d’ériger un monument dédié à la glorification de l’humanité coupable résonne comme une ode obscure, un lointain écho à l’antique serpent

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« Un dessein absurde et dérisoire naquit dans l’esprit des hommes aveuglés par leurs passions et les mensonges de l’ennemi de Dieu, atteindre les cieux par la construction d’une tour gigantesque et vertigineuse. Se fondant sur une résurgence du paganisme le plus grossier, apparaissant, encore une fois, malheureusement, à la faveur des forces démoniaques et prométhéennes, porteuses d’une totale limitation et réprobation historique, les hommes voulurent édifier une tour qui allait représenter le symbole emblématique d’un pseudo savoir cosmologique, d’une « tradition », certes fort ancienne en certains de ses aspects, mais qui, depuis le déluge, ne pouvait plus être « primordiale », car celle-ci avait été détruite et noyée, mais « tradition » pervertie, incomplète, inférieure et satanique.

 Quelle était l’intention des constructeurs de Babel ? Ils voulaient, en effet, parvenir à Dieu, rejoindre Dieu, se hisser jusqu’à la cime des cieux, découvrir les vérités supérieures inaccessibles, se rendre maître des connaissances ultimes.

(…) Il se trouve également, si l’on y prête attention, à l’intérieur de ce néfaste chantier, de ce labeur démoniaque et dirigé contre Dieu, une expression de la plus haute inversion qui soit, celle visant à magnifier la gloire de l’home comme le sens des paroles des constructeurs de Babel le rend très bien : «  Célébrons notre nom avant de nous disperser à la surface de la terre. » ( Genèse 11,4). Cet inquiétant «  Célébrons notre nom » résonne bien sûr comme une ode obscure, un lointain écho à l’antique serpent que l’on retrouve dans cette intention d’ériger un monument dédié à la glorification de l’humanité coupable, c’est l’expression d’une volonté prométhéenne, d’un projet constructiviste, faustien où l’on décèle aisément la perceptible trace de Tubalcaïn, le forgeur de métaux. 

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(…) La religion babélienne était, en réalité, un « creuset » où menaçait de disparaître la Révélation sous la luxuriante contagion du syncrétisme confus, du panthéisme conquérant, de l’idolâtrie négatrice du Dieu de la Révélation.

(…) Certes, à Babel, la citadelle religieuse du serpent, l’orgueilleuse ville du prince de ce monde, fut réduite et détruite par l’Eternel qui ne pouvait accepter que s’érige un monument qui le défiait et insultait ses saintes lois ; la Bête n’avait plus désormais de capitale mais le mal, dès lors, se diffusa sur la surface entière du globe, il se répandit inévitablement de partout et corrompit le moindre espace de vie, les plus infimes communautés humaines. »

 Jean-Marc Vivenza «  René Guénon et la Tradition Primordiale », extraits

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18/05/2015

Sur la division originelle entre les cultes de Caïn et Abel

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« Si cette première « Révélation », non écrite, qui fut l’objet de la communication par Dieu aux Patriarches, les pères de l’humanité, de ses enseignements et de ses lois après l’expulsion de l’Eden d’Adam et d’Eve, deviendra le fondement d’une Tradition primitive que l’on peut à bon droit nommer « primordiale », ou « Tradition Mère » selon Louis-Claude de Saint-Martin, il faut cependant tout de suite souligner que cette Tradition se divisa quasi immédiatement, et ce dès l’épisode rapporté par le livre de la Genèse, lors de la séparation qui adviendra entre le culte faux de Caïn et celui, béni de l’Eternel, célébré par Abel le juste. Le culte de Caïn, en effet, uniquement basé sur la religion naturelle, était une simple offrande de louange dépourvue de tout aspect sacrificiel, alors que le culte d’Abel, qui savait que depuis le péché originel il n’était plus possible, ni surtout permis, de reproduire la forme antérieure qu’avaient les célébrations édéniques, donna à son offrande un caractère expiatoire qui fut accepté et agrée par Dieu, constituant le fondement de la « Vraie Religion », la religion surnaturelle et sainte.

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(…) Or, il est évident, et extrêmement clair, qu’il y a une grave erreur à confondre en une seule « Tradition » deux courants que tout oppose, deux cultes radicalement différents, contraires et antithétiques, l’un, celui de Caïn, travaillant à la glorification des puissances de la terre et de la nature (et donc des démons qui, pour être des esprits, n’en sont pas moins des  « forces naturelles »), visant au triomphe et à la domination de l’homme auto-créateur, religion prométhéenne s’exprimant par la volonté d’accéder par soi-même à Dieu, ( les fruits de la terre, à cet égard, symbolisant les antiques mythes païens), l’autre, à l’inverse, celui d’Abel, fidèle à l’Eternel et à ses saints commandements, conscient de l’irréparable faute qui entachait désormais toute la descendance d’Adam, et qui exigeait que soit célébré par les élus de Dieu une souveraine « opération » de réparation, afin d’obtenir, malgrè les ineffables traces du péché originel dont l’homme est porteur, d’être réconcilié et purifié par le Ciel.

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(…) A cet égard, l’Histoire du monde, depuis cette annonce, est devenue celle de la lutte acharnée et du combat irréductible entre deux semences antagonistes, deux postérités ennemies, deux « corps mystiques » radicalement différents et antagonistes ; lutte alternant les victoires et les défaites, les trahisons, les avancées et les reculs, les compromissions et les réactions. Les hommes assistent et participent, de ce fait, depuis la Chute, à un développement croissant et continuel de la religion naturelle réprouvée qui souhaite conquérir le Ciel par ses propres moyens, héritière, en raison de son insoumission et de son caractère criminel, de la postérité du serpent, contraignant les Elus de l’Eternel qui constituent le « Haut et Saint Ordre », à une préservation attentive et soutenue des éléments du vrai culte, de la vrai Religion, de la Tradition effective. C’est pourquoi, à cause de cette situation difficile, Dieu, dans sa bonté, n’abandonna pas l’homme, il ne se détourna pas de sa descendance car il lui envoya de nombreux élus appelés à témoigner de l’attention et de la Présence du « Très Haut » sensible à la création du vrai culte préfiguré par le sacrifice d’oblation offert à Abel, devenant le type même de toute œuvre de réconciliation ainsi que nous en instruit Martinès. »

 Jean-Marc Vivenza (« René Guénon et la Tradition primordiale », extrait.)

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