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18/01/2016

Emanation et Création selon la doctrine de Martines de Pasqually, par Rémi Boyer

 « Pour Martines de Pasqually, Dieu est immensité divine, un « lieu-état », le lieu même de Dieu, inaccessible si ce n’est à Dieu lui-même. Cependant si Dieu est immensité divine, il a aussi une immensité divine. Cette immensité est constituée des êtres émanés par Dieu. Cette émanation de purs esprits est action divine, acte d’amour très exactement. L’émanation caractérise la non-dualité observable tandis que la création caractérise la dualité, observable par définition. Les êtres émanés sont éternels en Dieu au sein duquel ils étaient présents avant leur émanation, tandis que les êtres crées sont inscrits dans la temporalité, la causalité, le jeu du sujet et de l’objet.

(…) L’émanation est sans objet et sans objectif. Il s’agit d’une célébration dans la félicité de la gloire, de la beauté, de la liberté de Dieu. La création, elle, obéit à des règles nées de la séparation. Elle a un commencement et une fin tandis que l’émanation est infinie. La création a et est une histoire tandis que l’émanation est un ordre naturel, une harmonie sublime ne nécessitant ni intervention ni ajustement. Au sein de l’émanation, les différences ne permettent pas la comparaison tant elles révèlent l’unité, la totalité. Tout au contraire, la création suscite la comparaison et la hiérarchisation au sein d’une multiplicité.

Jean-Baptiste Willermoz indique que l’immensité divine, « est le séjour de l’unité éternelle qui la remplit de sa Splendeur et de sa divine Lumière, qui en est le Centre, la circonférence et le tout. C’est de ce centre incompréhensible que Dieu voit tout, connaît tout, prévoit tout, embrasse tout, dirige et gouverne toutes choses par sa Volonté, par sa Sagesse, par sa Providence , et commande souverainement par son Verbe tout puissant. »

(…) L’émanation se caractérise par la multiplicité dans l’unité. »

 Rémi Boyer, Le Régime Ecossais Rectifié, de la Doctrine de la Réintégration à l'Imago Templi, extrait.

 

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17/10/2015

Un Second Adam, le « Verbe premier né » est venu en ce monde réaliser Lui-même l’œuvre abandonnée, effectuer le labeur essentiel que l’Eternel attendait de l’homme .

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« La religion primitive, le sacerdoce originel d’Adam relèvent donc d’un ministère unique, un ministère relié à la nature même de la Divinité en ce sens que crée à son image, Adam devait être en réalité l’authentique représentant de l’Eternel en toutes les régions ; il était un député doté d’immenses privilèges  ceci expliquant pourquoi l’ensemble de la création attendait, avec une impatience attentive et une vive espérance, que l’homme réponde à ce que l’on espérait de lui, de sorte qu’il effectue la charge qu’il devait accomplir. C’était là son saint-ministère et la raison des titres dont il était détenteur en tant qu’être spirituel destiné à l’Eternel. En effet, les anges étaient intéressés à ce que l’homme accomplisse sa mission, réponde à la charge qui lui avait été confiée, mais à cause de l’infidélité d’Adam le projet divin a été modifié, un Second Adam, le « Verbe premier né » est venu en ce monde réaliser Lui-même l’œuvre abandonnée, effectuer le labeur essentiel que l’Eternel attendait de l’homme. »

J-M Vivenza « Louis-Claude de Saint-Martin et les Anges », extrait.

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« Ces mystères, « les anges aspirent à les contempler », mais ils ne peuvent scruter la Sagesse de Dieu, par l’action de laquelle l’ouvrage par lui modelé est rendu conforme et co-corporel au Fils: Car Dieu a voulu que sa progéniture, le Verbe premier-né, descende vers la créature, c'est-à-dire vers l'ouvrage modelé, et soit saisie par elle, et que la créature à son tour saisisse le Verbe et monte vers lui, dépassant ainsi les anges et devenant à l’image et à la ressemblance de Dieu. »

 

Sainte Irénée de Lyon, Contre les hérésies, V, 36, 3.

19/09/2015

Appelons cette force supérieure pour qu’elle vienne se joindre à celle de cet ami fidèle, et à la nôtre, afin que cette triple puissance tombe comme une foudre sur l’adversaire.

« N’oublies pas qu’il y a deux portes dans le cœur de l’homme ; l’une inférieure, et par laquelle il peut donner à l’ennemi l’accès à la lumière élémentaire, dont il ne peut jouir que par cette voie ; l’autre, supérieure, et par laquelle il peut donner à l’esprit renfermé avec lui l’accès à la lumière divine qui ne peut ici-bas lui être communiquée par ce canal. Si au lieu d’ouvrir la porte supérieure pour la consolation de l’ami qui est renfermé avec toi dans ta prison, tu ouvres la porte inférieure, et que tu donnes accès en toi à ton adversaire, tu deviens un champ de bataille où ton ami fidèle, déjà en privation par sa charité pour toi, est encore exposé tantôt à un combat cruel, tantôt à des attaques déchirantes, quand il voit que tu déclares aussi contre lui, et toujours à une situation lamentable par l’horrible voisinage que tu lui as procuré, et par la malheureuse nécessité où il est par ta négligence, ou par tes crimes, de demeurer auprès de son ennemi, et du tien, de se trouver renfermé dans la même enceinte, de le voir journellement te corrompre par son infection, et d’être obligé de respirer ces influences pestilentielles. » ( L-C de Saint-Martin, Le Nouvel Homme § 33.)

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 De la sorte, loin d’admettre qu’il puisse en être ainsi, c’est-à-dire que la sentence de condamnation soit définitive et immuable, Saint-Martin nous invite instamment à appeler la force supérieure salvatrice, la triple puissance libératrice capable de nous extraire de notre prison, de briser les liens, et de rendre, enfin, à notre ange l’air « céleste et divin » qui était son séjour originel :

 « Détournons les yeux de ce tableau, ou du moins ne le contemplons qu’autant qu’il nous est utile et nécessaire pour appeler en nous une plus grande force que celle qui nous reste, après les torts considérables que nous aurions déjà eus envers notre fidèle ami ; appelons cette force supérieure pour qu’elle vienne se joindre à celle de cet ami fidèle, et à la nôtre, afin que cette triple puissance tombe comme une foudre sur le déprédateur, et le funeste ennemi que nous avons laissé entrer en nous, afin qu’elle le fasse rentrer dans ses abîmes, et qu’elle referme ensuite sur lui d’une manière sûre cette porte inférieure que nous n’aurions jamais dû lui ouvrir. Voilà en effet quelle est l’œuvre du nouvel homme pendant son séjour dans le désert, c’est d’obtenir d’en haut une clef puissante pour lier l’ennemi dans ses cavernes ténébreuses, c’est de séparer le pur de l’impur, comme il avait été recommandé aux Hebreux, c’est de rendre la respiration de l’air céleste et divin à cet ami fidèle, à qui le premier homme fait continuellement respirer un air infect depuis le crime ; enfin c’est d’arracher des mains de l’ennemi les portions des trésors divins, et les étincelles de la vérité même que nous lui avons laissé quelquefois dérober, en ouvrant si impudemment notre porte supérieure, sans avoir pris la précaution de chasser l’ennemi  dans ses abîmes, et de fermer soigneusement sur lui la porte inférieure. » ( L-C de Saint-Martin, Le Nouvel Homme § 33.)

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 Jean-Marc Vivenza (Louis-Claude de Saint-martin et les Anges, Arma Artis.)