Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/12/2014

Les deux branches distinctes de la Tradition, par J-M Vivenza

« Mais dès l’origine, ou plus exactement dès la division brutale qui va intervenir entre les cultes célébrés par Caïn et Abel le Juste, la « Tradition » va se séparer, se diviser en deux branches distinctes absolument antagonistes et opposées en tous points, faisant qu’il n’est pas possible de conférer un caractère univoque à la notion de « Tradition », comme cela est pourtant souvent le cas chez la plupart des auteurs traditionnels, mais une essence double, constituée : 

- 1°) d’une branche abélienne pure et sainte dite « non-apocryphe », car possédant les éléments du vrai culte et de la « Sainte Doctrine » qui lui est attachée ;

- 2°) d’un rameau caïniste, positivement apocryphe, étranger et ignorant tout des éléments du vrai culte et de la « Sainte Doctrine »

Ainsi, les deux cultes, l’un de Caïn et l’autre d’Abel, vont donner naissance, dès l’aurore de l’Histoire des hommes, à deux traditions également anciennes ou « primordiales » si l’on tient à ce terme, mais absolument non équivalentes du point de vue spirituel. Les étapes qui aboutiront à la Révélation du Divin Réparateur, participèrent donc des éléments propres à la religion primitive transmis par la Tradition non-apocryphe établie depuis les origines sur « une Parole, un Culte et une Loi », trois éléments qui furent préservés au sein de la longue chaîne qui d’Adam jusqu’au Christ ( Abel, Seth, Elie, Enoch, Noé, Melchisédech, Josué, Zorobabel, etc.) a été détentrice des bases du sacerdoce confié à Adam par l’Eternel. »

(...)  De ce fait, deux branches, deux traditions se côtoient depuis l’origine et sont donc radicalement  opposées et antithétiques l’une de l’autre, la première réunissant les « enfants de Dieu », c’est-à-dire la postérité de Seth, la seconde constituée par la descendance pervertie  de Caïn, les « faux frères » selon Jean-Baptiste Willermoz, incarnant la tradition déviée des « enfants des hommes ». Martinès insiste à de nombreuses reprises pour nous mettre en garde contre le danger de confusion entre ces deux rameaux étrangers, car plusieurs exemples démontrent  qu’il est fréquent de voir se corrompre l’authentique Tradition. Ainsi, «  la postérité de Seth et de son fils Enos ne tarda pas à se corrompre par ses alliances avec la postérité de Kaïn et elle déchut par là de toutes ses connaissances spirituelles divines que Seth lui avait communiquées. Cette postérité d’Enos subsista ainsi dans l’abomination, d’où provint le patriarche Enoch. » ( Traité de Réintégration, 106.) On comprend mieux, en cela, l’importance pour l’élu de se retrancher du mal, de se préserver de la descendance criminelle de Caïn et de sa tradition pervertie, et l’utilité pour lui de s’inscrire, en revanche, dans la continuité du culte saint et pur célébré par Seth, en fuyant radicalement les œuvres démoniaques des « enfants des hommes ».»


Jean-Marc Vivenza « l’Eglise et le Sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin »

10295775_1441595952746440_1955503399947185672_n.jpg

01/11/2014

La Voie Royale de la Religion Véritable

1601109_10152269349635934_476205420_n.jpg

Pourtant existe bien, selon Saint-Martin, une possibilité d’éviter les désordres occasionnés par une religion dégradée et dévoyée, il y a véritablement, pour ceux qui décident de tourner leur regard v ers l’intérieur d’eux-mêmes, une capacité offerte à chacun de voir s’éclairer en nous, les mystères touchant à notre origine, de comprendre en quoi consiste le culte vrai que l’homme a à célébrer et comment il doit l’accomplir. Telle est la route de l’esprit, la voie royale de la religion véritable et, chose surprenante, loin de considérer que la multiplicité des formes religieuses démontre l’incohérence de Dieu, elle apparaîtra alors comme la preuve éclatante de l’universalité de la Sagesse divine capable d’illuminer et transformer le cœur de chaque homme venant en ce monde, là où il se trouve, et faire éclore en lui la « brillante lumière » manifestant la « Sainte Présence » qui doit être conservée et vivre dans la secrète chambre de l’âme :

« Quelle est donc la route que l’esprit de l’homme doit prendre pour sortir de cet état désordonné et dévoué à l’incertitude ? C’est celle qu’il découvrirait presque sans effort, s’il tournait ses regards sur lui-même. Une considération attentive de notre être, nous instruisant sur la sublimité de notre origine : et sur notre dégradation : elle nous ferait reconnaître autour de nous et dans nous-même, l’existence des vertus suprêmes de notre Principe ; elle nous convaincrait qu’il a été nécessaire que ces vertus supérieures se présentassent à l’homme visiblement sur la terre, pour le rappeler aux sublimes fonctions qu’il avait à remplir dans son origine ; elle nous démonterait la nécessité d’un culte, afin que la présence de ces vertus ne fût point sans efficacité pour nous. Nous suivrions les traces de ces vérités dans toutes les institutions religieuses ; et loin que la variété de ces inscriptions dût nous faire douter de la base sur laquelle elles reposent, nous rectifierons par la connaissance de cette base, tout ce qu’elles peuvent avoir de défectueux ; c’est-à-dire que nous rallierions dans notre pensée ces vérités éparses mais impérissables, qui percent au travers de toutes les doctrines et de toutes les sectes de l’Univers. Nous élevant ainsi de vérités en vérités , avec le secours d’une réflexion simple , juste et naturelle, nous remonterions jusqu’à la hauteur d’un type unique et universel, d’où nous dominerions avec lui sur tous les agents particuliers et physiques qui lui furent subordonnés, parce qu’étant le flambeau vivant de toutes les pensées et de toutes les actions des êtres réguliers, il peut répandre à la fois la même lumière dans toutes les facultés de tous les hommes. Et c’est là cette brillante lumière que l’homme peut faire éclater en lui-même , parce qu’il est le mot de toutes le énigmes, la clef de toutes les religions et l’explication de tous les mystères. Mais, oh homme ! lorsque tu seras arrivé à cet heureux terme, si tu es sage, tu garderas ta science dans ton cœur. » ( Tableau Naturel, XX.)

 

 

( Jean-Marc Vivenza, L’Eglise et le Sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin, p.174-175)

29/09/2014

Fils de la Lumière, frères en Abraham

robert amadou 1.jpg

Fils de la Lumière, frères en Abraham ( Robert Amadou, présentation du Traité de la réintégration des êtres, extraits.)

 « Le Traité sur la réintégration, midrach en règle, nous fait donc vivre dans l’apocalypse qui est en même temps révélation, notamment relative au royaume des cieux, et histoire, où tout conspire à réaliser le dessein de la Providence. Le mal y est inclus, mais mieux vaut être du côté du bien et hâter sa victoire.

 Les gens de Qumram étaient des militants religieux qui n’excluaient aucune forme de combat, même militaire. Les coëns sont des combattants, quoiqu’ils cantonnent leurs actions physiques dans l’invisible. L’invisible ou le fondamental. Tout ce qui arrive sur la terre reflète en partie ce qui arrive dans les cieux. La chute circonscrit la lutte des humains et leur vaut directement le souffle d’une force surhumaine. 

 

(…) Elie est germe d’unité judéo-chrétienne, mais aussi d’unité ( gardons-nous du cauchemar trop humain de l’unification) judéo-christiano-islamique. El-Khidr, le Verdoyant, ou l’Elie du Coran, est le gardien et l’intendant de la Fontaine de vie ; il résout les paradoxes avec l’ésotérisme ; c’est aussi un personnage eschatologique, Idriss, ou Enoch, et Melchisédech occupent, dans l’islam, une place et tiennent un rôle qui non seulement interdisent de rejeter la révélation coranique, irrécusable en soi et relativement, mais confirment l’intuition de Louis-Claude de Saint-Martin sur l’islam réconciliateur du judaïsme et du christianisme. La fécondité appartient à cette triade, qui est centrée sur la loi et sur le Messie. Elle sera une quand le judéo-christianisme, synthétisant le judaïsme et le christianisme séparés, reconnaîtra l’héritage d’Agar à ses descendants qui le joindront à la masse. Pendant huit siècles, l’Espagne des trois religions, qu’il y a lieu de croire être la patrie de Martinès de Pasqually, a comme levé un coin du voile. »

10516616_10152563277337381_8005516685955172812_n.jpg