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21/02/2015

Aujourd’hui chacun peut accéder au Sanctuaire, franchir et passer au-delà le voile qui a été déchiré de haut en bas

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« Et le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas » ( Marc XV, 38).

«  Depuis la venue du Divin Réparateur et son sacrifice sur le bois de la Croix, plus aucune barrière limitative, plus aucun voile n’interdit l’accès au Sanctuaire.

Désormais, chaque âme de désir, accueillant dans son cœur les vérités de l’Evangile, est en mesure – et même en droit- d’entrer librement dans le Saint des Saints, pour participer au culte divin. La conséquence de cette disparition des empêchements légalistes, de la destruction des frontières de séparation, autorise chaque âme de désir à entrer dans le Sanctuaire, à traverser le voile, qui est, concrètement, la chair spirituelle du Divin Réparateur, afin de nous unir à lui en sainteté.

 (…) En effet, le Divin Réparateur a entièrement bouleversé les ordonnances antiques de la religion judaïque devenues absolument caduques, à une période où une caste sacerdotale formait comme un écran, une séparation, un obstacle infranchissable entre l’homme et le divin. Aujourd’hui chacun peut accéder au Sanctuaire, franchir et passer au-delà le voile qui a été déchiré de haut en bas lors du Vendredi Saint.

 (…) L’Arche, est maintenant visible, non dissimulée derrière le voile du Temple, et, par pure grâce, l’âme peut s’en approcher et l’admirer, car le christianisme véritable, ainsi que le déclare Saint-Martin, nous permet de contempler Dieu « à découvert », en son intime essence au « sein de notre être »

 (…) Jésus-Christ, comme nous le montre les évangiles, n’avait aucunement sa place au milieu du « camp d’Israël », dans une région terrestre attachée à une religion charnelle, de même que nous, à sa suite, n’avons plus notre place dans les systèmes religieux mondains rivés au domaine de la terre, attitude de dégagement qui nous est signalé par cette phrase : «  sortons vers lui hors du camp ». La position des âmes de désir à présent est donc, d’une part d’être en « esprit » dans le Sanctuaire céleste, là où le Grand Sacrificateur célèbre le culte éternel, et, en leurs enveloppes matérielles, sur la terre, de se retirer, physiquement et spirituellement, « hors du camp »

 (…) Mais ce « Royaume » est, d’abord et avant tout , le Sanctuaire du ciel, là où se célèbrent les cérémonies éternelles consacrées à chanter la Gloire de Dieu, Temple invisible aux yeux de chair, éloigné des sphères corrompues de ce monde, « Royaume » dont les portes ont été ouvertes par le Divin Réparateur. 

 (…) C’est pourquoi, si Dieu est « Esprit », alors son « adoration », ce qui signifie la manière de lui rendre notre culte, doit également, et de façon impérative si nous désirons nous conformer à l’essence divine, se faire « en esprit », de sorte d’être en harmonie réelle avec la nature transcendante de l’Être éternel et infini. »

J-M Vivenza ( « Le Culte en "Esprit" de l'Eglise Intérieure », extraits)

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09/02/2015

Les membres de la hiérarchie ésotérique, cachés aux yeux des hommes, ne sont connus que de Dieu seul.

«  L’idée shî’ite de la walâyat correspond, sous un de ses aspects, à l’idée de la « communion des saints » dans le christianisme. L’affiliation à ce corps mystique ne suppose ni rituel ni cérémonial d’initiation. C’est le « candidat » qui, en fait, s’engage lui-même, comme jadis l’on engager dans la quête du Graal, ou comme le pèlerin Adam, formulant et renouvelant son engagement  à l’  « Ange », secret de la Pierre Noire qu’il portait avec lui. La réalité du pèlerinage du cœur s’accomplit dans l’invisible qui est le malakût. Ses effets fructifient dans la formation du jism mithâlî, le corps imaginal, et c’est l’ensemble de tous les « corps de lumière » qui forment l’invisible sodalité. Celle-ci a bien une forme, voire une organisation et une structure, mais tout cela dans le malakût : les membres de la hiérarchie ésotérique dont parle la théosophie shî’ite, ne sont connus que de Dieu seul. Et de même que c’est de cette Eglise invisible, Ecclesia spiritualis, qu’il a été dit que « les puissances de l’Enfer ne prévaudront pas contre elle. », de même Qâzî Sa’îd nous a rappelé la parole de l’Imâm Rezâ déclarant que « la Religion divine ne périrait pas, tant que durerait le Temple de la Ka’aba », parole visant le Temple immatériel de la foi, qui a pour garant et gardien le douxième Imâm, l’Imâm caché. Gardien de ce Temple, il est caché aux yeux des hommes, comme l’est le saint Graal, depuis la disparition de celui-ci en la cité spirituelle de « Sarras », c’est-à-dire à la limite du malakût et de notre monde. Et la raison qui de part et d’autre, nous est donné de cette occultation, est la même. Les hommes n’étaient plus dignes ni capables de voir le Graal, de même qu’ils sont devenus indignes et incapables de voir l’Imâm. De part et d’autre, nous sommes invités à méditer une même occultation pesant sur la situation actuelle de notre monde. »

Henry Corbin ( Temple et Contemplation, extrait)

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19/01/2015

Là où les sentinelles nocturnes veillent sur les murs du Temple, guettant le recul de la nuit et le progrès de l’aube

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« Conformément aux prémisses de la métaphysique de l’imaginal chez nos philosophes, l’Imago Templi est la forme que prend précisément pour se réfléchir dans l’âme au « confluent des deux mers », une réalité transcendante qui serait insaisissable sans elle.

(…) C’est que précisément au « confluent des deux mers » on se trouve hors du devenir et de la causalité historique, hors des normes de la chronologie, des filiations propres pour la justification desquelles on exige des archives et des documents notariés. Cela, parce que, au « confluent des deux mers », nous sommes dans le huitième climat, un « climat » dont les événements et les récits ont pour lieu le Malakût, le monde de l’âme et de la conscience visionnaire.

(…) Dans notre cycle du Graal, l’épopée qui est consacrée en propre à la geste de Galahad, se termine par une scène mystique  dans le palais spirituel de Sarraz : une main apparaît dans le Ciel et saisit le saint Graal qui sera désormais invisible à ce monde, dans le temps de ce monde.

(...) Cependant l’Imago Templi surexiste. Lorsque l’homme a modelé son être intérieur de telle sorte qu’elle se manifeste à lui, c’est qu’il se trouve eo ipso au « confluent des deux mers », et c’est la même, nulle part ailleurs, que, peuvent lui être rendues personnellement les clés du Temple. Ainsi ont-elles été rendues à Sohravardî qui voulut, en Iran islamisé, rappeler d’exil la théosophie de la Lumière professée par les sages de l’ancienne Perse. Chez l’un de ses disciples, Davânî, la perception visionnaire fera même de la Perside ( le Fârs) un  « royaume de Salomon », et de Persepolis un haut lieu d’illumination spirituelle de tradition salomonienne. Et c’est pourquoi la quête du chercheur en gnose irano-islamique devait elle-même le reconduire à la hiérophanie primordiale du « Temple à venir ». C’est l’Imago Templi telle qu’elle s’offre à la perception visionnaire du prophète Ezéchiel, et sur laquelle la communauté des Esseniens de Qumrâm devait modeler toute la théologie du Temple et du nouveau Temple. De là, bien qu’il y ait des traces historiques toujours cachées sous le voile de ce que l’on appelle les « légendes », ce n’est point pourtant par ces traces incertaines que nous rejoindrons ces chevaliers du Temple que nous évoquions ici au début. Mais nous constaterons que l’Imago Templi, devançant toute perception empirique, recèle en elle-même une telle force qu’elle impose l’évidence, a parte ante et a parte post, de la filiation de la chevalerie du Temple. D’un côté et de l’autre, il faut considérer que c’est L’Imago Templi qui prend ainsi conscience d’elle-même, et l’on comprendra que les liens d’ascendance et de descendance revendiqués ne sont pas ceux qui laissent des traces dans les documents d’archives. A parte ante, l’Imago Templi, telle qu’elle prend conscience d’elle-même par la chevalerie Templière, revendique une origine remontant à la communauté judéo-chrétienne primitive de Jérusalem, et par elle à la communauté des Esseniens. A parte poste, elle détermine la résurgence de l’idée templière au XVIII ème siècle : c’est la grande œuvre de Willermoz. Ce sera aussi l’épopée dramatique conçue par Zacharias Werner. Ce sera, dominant le tout, la révélation de la Nova Hierosolyma chez Swedenborg. Autant de hiérophanies de l’Imago Templi qui tiennent en échec les explications aussi bien que les dénégations de la critique historique positive, parce que l’Imago devance et règle tout jugement historique. Ce n’est donc pas la critique historique qui est en mesure de nous expliquer cette persistance de l’Imago Templi. Pour qu’elle le puisse, il faudrait qu’elle se rende elle-même au « confluent des deux mers », là même où les sentinelles nocturnes veillent sur les murs du Temple, guettant le recul de la nuit et le progrès de l’aube. Aussi est-ce à la condition de satisfaire aux exigences d’une hermeneutique toute différente de la critique historique, que nous seront en mesure de valoriser les hiérophanies de l’Imago Templi, lesquelles forment la tradition du Temple.

Et par là même nous pourrons peut-être entrevoir comment la norme secrète, qui en impose les récurrences et la persistance, est précisément celle-là qui peut faire face aux normes profanes de nos jours, parce qu’elle est le Témoin qui récuse la désacralisation du monde. »

 Henry Corbin («  Temple et Contemplation », chapitre « l’Imago Templi », extraits.)

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