Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/11/2014

Le Royaume divin n’est pas de ce monde

« Dieu, en sa vérité intrinsèque, n’est pas, formellement parlant, un « Roi céleste », cela c’est du mythe pur, de l’imagerie enfantine simpliste. Dieu est présent, par présence infinie, en tout point de l’espace et du temps, tout en étant, et en cela réside le paradoxe incompréhensible, totalement autre, il est le « Tout Autre », puisque, par son immatérialité, il ne réside en aucun point de ce temps et de cet espace matériels, il ne siège donc pas sur un « trône de gloire » dans les nuages, il est, en son intime substance, un mystère indicible comme le rappelle avec justesse saint Thomas d’Aquin ( + 1274) : «  L’essence divine, par son immensité, surpasse toutes les formes que notre intelligence peut atteindre ; et on ne peut donc pas l’appréhender en sachant ce qu’elle est. » Et c’est pourquoi, le plus haut savoir auquel on puisse accéder en mode religieux, est un savoir « négatif », car si Dieu est illimité, s’il est sans forme et sans corps, en tant qu’il est un pur « Esprit », alors la connaissance que nous pouvons avoir de Lui en notre état de créature, ne peut passer, pour nos intelligences limités, que par une véritable « nuit de l’esprit ».

«  Mais ce « Royaume » est, d’abord et avant tout, le Sanctuaire du ciel, là où se célèbrent les cérémonies éternelles consacrées à chanter la Gloire de Dieu, Temple invisible aux yeux de chair, éloigné des sphères corrompues de ce monde, « Royaume» dont les portes ont été ouvertes par le Divin Réparateur. »

 Jean-Marc Vivenza (« Le culte en « Esprit » de l’Eglise Intérieure », extrait.)

10001377_10151947701421556_2056267917_n.jpg

La gnose est une contemplation permanente

« Saint Clément, qui nous a dit qu’il y a plusieurs degrés dans la gnose et que le gnostique tend à une gnose ultérieure, assure que le gnostique s’applique, autant qu’il le peut, à posséder le puissance de la contemplation permanente. Voila le gnostique qui n’est encore que dans ses commencements ou dans son progrès ; il tend à la permanence et n’y est pas encore arrivé. Il est devenu le maître de ce qui combat contre l’esprit ; et demeurant perpétuellement dans la contemplation, voilà l’état où il arrive : il est sorti de l’état de combat contre les sens, il a dompté tout ce qui s’oppose à l’esprit. C’est ce que le bienheureux Jean de la Croix appelle être sorti de l’abnégation sensitive.

«  Celui qui s’est ainsi exercé, continue saint Clément, peut arriver à la sublimité de la gnose et de l’homme parfait. » Ce n’est donc pas un terme auquel l’on tend toujours, et auquel on n’arrive qu’après la mort ; au contraire on y arrive dès cette vie. Tous les temps, dit-il, et tous les lieux lui conviennent, ayant une fois choisi de mener une vie exempte de chutes et s’étant exercé par cette stabilité égale de l’esprit.

Mais cette contemplation perpétuelle et immuable est-elle une considération perpétuelle de divers  objets qui se présentent successivement ? Non. «  C’est un état de ressemblance avec Dieu, autant qu’il est possible, en ce que le gnostique conserve son esprit dans une même disposition à l’égard des mêmes choses. » Il n’admet ni les images ni la diversité des pensées.

Voilà donc une contemplation qui exclut toutes variétés d’actes, de dispositions et d’objets, hors ce qui est incompréhensible en Dieu, excluant tout ce qui est intelligible, même dans les choses incorporelles. C’est sans doute la contemplation négative, le rayon ténébreux et l’inconnu de Dieu dont parle saint Denys. C’est sans doute cette nuit de la foi dont parle le Bienheureux Jean de la Croix, où l’âme outrepassant tout ce qui peut être compris, elle atteint jusqu’à Dieu même, au dessus de tout savoir.

(...) Il dit enfin que l'âme du gnostique, « s'étant avancée dans ce qui lui est naturel, demeure dans le repos de Dieu ». Il faut observer qu'il représente, au milieu de la vraie Eglise, une portion plus pure que le reste, qu'il nomme « l'Eglise spirituelle », c'est-à-dire mue et agie par le Saint-Esprit. Cet état d'inspiration et de repos de Dieu est un état, non seulement permanent, mais devenu naturel au gnostique. »

 François de Fénelon ( « La Tradition secrète des mystiques, ou le Gnostique de saint Clément d’Alexandrie, chapitre 6 : La gnose est une contemplation permanente », extrait.)

François_de_Salignac_de_la_Mothe-Fénelon.PNG

 

01/11/2014

l' Eglise de dimension secrète et céleste

1797544_530541433725793_1530140413_n.jpg

Le christianisme est établi sur la rencontre intime entre Dieu et l’âme, il est l’expérience concrète subtile et silencieuse de la Présence divine dans l’intime de la créature, tandis que la religion, dépendante d’une extériorité si conforme aux lois de ce monde condamné au temps et à l’espace, ne repose que sur l’office cérémoniel de l’eucharistie, forme apparente du saint-sacrifice, alors que le Divin Réparateur se donne à chacun de ses élus, bien plus substantiellement dans l’interne, en un acte sacré d’immolation non ostensible de son corps et de son sang, faisant que les saintes espèces qu’il a promises à ses disciples en leur demandant d’en conserver la mémoire, soient conférés de façon toute spirituelle

 (Jean-Marc Vivenza, "L’Eglise et le Sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin" p. 151)

 Il n’y a donc aucun rejet de ce que représente l’Eglise en son être fondamental dans la pensée de Saint-Martin, mais accès, ouverture et dévotion, envers une Eglise de dimension secrète et de nature céleste, la sainte épouse du Christ, celle qui est unie en tant que corps mystique, à la personne même du Divin Réparateur, mais de façon intime.

(Jean-Marc Vivenza, "L’Eglise et le Sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin"  p. 181)