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04/01/2015

c’est dans la retraite, le silence, le secret et l'obscurité que se trouve le lieu du dévoilement, à la « clairière de l’Être »

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« Notre agir doit s’entendre avec intelligence, mesure et ouverture. Une ouverture conçue comme un accueil à un secret, dont la mémoire, aussi dégradée soit-elle, en porte trace en son intrinsèque substance. L’aspect le plus réconfortant de cette entreprise, nous en avons la certitude intime, c’est que séjourne réellement, au sein même de nos situations obscurcies, la chance d’une reprise effective de l’authentique chemin, faisant qu’il existe l’éventualité bien réelle d’une réactivation non fictive de la Sophia, car l’appel de l’invisible est inscrit dans les fibres intimes de chaque âme sincèrement disposée vers les mystères des êtres et des choses, et de pousser la porte du Temple.

Cet espoir n’est pas un leurre ou un rêve consolant, c’est, bien au contraire, le type même de l’assurance fondée en certitude.

En effet tout l’esprit de l’aventure de la quête de la vérité des êtres, travaille en profondeur le présent de nos vies, ne le perçoivent pas ceux qui désirent des signes éclatants, alors que c’est, paradoxalement, en silence et dans l’obscurité, secrètement et dans le retrait, que perdure l’esprit des maîtres, et que c’est ainsi, précisément dans le silence et l’obscurité, qu’il faut œuvrer à le rechercher, l’expérience du silence se présentant comme un don reçu dans l’écoute de l’invisible : «  l’être vient à son destin en tant que lui-même, l’être se donne » ( Martin Heidegger, lettre sur l'humanisme, Aubier, 1978), c’est cela l’attention recueillie, car le silence est précisément sans concept, dans la nuit de toute forme.

(…) Cet esprit, conduit par le silence, est un esprit souterrain qui porte son emprise sur la vérité cachée de l’Être, c’est l’esprit qui conduit au lieu du dévoilement, à la « clairière de l’Être », où l’Être s’évanouit en se révélant. Où l’être qui est, en n’étant rien de ce qui est, bien que se confondant avec tout, déploie son essence, c’est-à-dire le fond le plus intime de sa vérité dans l’invisibilité abyssale de sa souveraine « Présence ». C’est dans la clarté obscure des sentiers profonds, qu’ils soient ceux des forêts alpines ou des jungles urbaines, que séjournent les éléments d’une reprise de la spiritualité orientée sur le mystère. »

 Jean-Marc Vivenza «  La Clé d’or , et autres écrits maçonniques »

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14/12/2014

le royaume de Dieu est au-dedans de vous

 

 

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« L’âme contient déjà en elle le ciel et l’enfer, comme il est écrit : « Le royaume de Dieu ne viendra pas accompagné de signes spectaculaires. On ne dira pas : Voyez, il est ici ou il est là. Car, voyez : le royaume de Dieu est au-dedans de vous » [Luc 17, 20-21]

 « Lorsque la volonté s’abandonne à Dieu jusqu’en son fond, elle sort d’elle-même, hors de tout fond et de tout lieu, là où Dieu seul se manifeste, où il opère et veut. Elle se devient ainsi un néant quant à sa volonté propre. Dès lors c’est Dieu qui opère et veut en elle, c’est Dieu qui habite dans sa volonté abandonnée. Entrant dans le repos divin, l’âme s’en trouve sanctifiée.

« Lorsque le corps se brise, alors l’âme est pénétrée de l’amour divin et illuminée de la lumière divine, comme le feu embrase le fer jusqu’à lui faire perdre son opacité. C’est là la main du Christ, lorsque l’amour de Dieu habite entièrement l’âme de toutes parts et c’est en elle une lumière éclatante et une nouvelle vie.

« C’est ainsi que l’âme est dans le ciel, et qu’elle est un temple de l’Esprit Saint. Elle est elle-même le ciel de Dieu, dans lequel il habite.

 (…) « Chez les saints le royaume du ciel est opérant et sensible par la foi : ils sentent l’amour de Dieu dans cette foi, par laquelle leur volonté s’abandonne à Dieu.

« Mais la vie naturelle est entourée de chair et de sang. Elle est en opposition avec la colère de Dieu, entourée des vains plaisirs de ce monde qui ne cessent de pénétrer la vie extérieure et mortelle. Ainsi, d’un côté le monde, d’un autre le diable, d’un troisième la malédiction de la colère de Dieu pénètrent la vie dans la chair et le sang et la passent à leur crible.

« C’est pourquoi l’âme est souvent dans l’angoisse lorsque l’enfer la presse ainsi et veut se manifester en elle. Mais elle se plonge dans l’espérance de la grâce divine et demeure comme une belle rose au milieu des épines jusqu’à ce que le royaume de ce monde tombe d’elle dans la mort du corps. Alors seulement, lorsque plus rien ne lui fera obstacle, l’âme sera pleinement manifestée dans l’amour de Dieu.

« Durant cette vie, il faut que l’âme chemine dans ce monde avec le Christ, afin qu’il la délivre de l’enfer qui est en elle. Il faut qu’il la pénètre de son amour, qu’il demeure dans l’enfer auprès d’elle et change son enfer en ciel.

 (…)Le disciple demanda :

 « Puisque, durant cette vie, le ciel et l’enfer sont en lutte au-dedans de nous et que Dieu nous est si proche, où donc habitent les anges et les démons ? »

 Le maître répondit :

« Là où tu n’habites pas selon ton existence et ta volonté propres, c’est là qu’habitent les anges, chez toi et partout.

« Et là où tu habites, selon ton existence et ta volonté propre, c’est là qu’habitent les démons, chez toi et partout. »

 (…) « Selon sa vie temporelle, l’homme n’appartient qu’au monde visible. C’est pourquoi, durant le temps de sa vie extérieure, il ne voit pas le monde spirituel : par sa substance, le monde extérieur est une couverture pour le monde spirituel, de la même manière que l’âme est cachée par le corps.

« Mais lorsque l’homme extérieur meurt, le monde spirituel devient manifeste pour l’âme : que ce soit dans la lumière éternelle, auprès des saints anges, ou dans les ténèbres éternelles auprès des démons. »

 (…) «  Dans la jouissance de nos désirs propres se trouvent les ténèbres. Dans la conformité avec la volonté de Dieu se trouve la lumière.

« Là où la volonté du moi de l’âme veut avec Dieu, l’amour de Dieu est à l’œuvre. Mais, dans la jouissance propre du vouloir de l’âme, la volonté de Dieu opère avec peine. Là sont les ténèbres, afin que la lumière soit connue. »

 Jakob Böhme ( «  De la vie au-delà des sens », extraits.)

08/12/2014

L’Adoration en Esprit et en Vérité

« Il n’y a pas de chemin plus solennel, d’autre voie, d’autre initiation supérieure à celle que de célébrer sur notre « Autel », dans l’invisibilité et le silence du cœur, les louanges de l’Eternel, nous éclairant seulement avec cette lampe sacrée comportant sept splendides lumières, et de tourner lentement vers Dieu, une prière de reconnaissance, pour sa plus grande gloire.

(…) Saint-Martin explique ainsi avec une grande clarté, pourquoi notre Autel est invisible aux yeux matériels, car il est un « Centre profond », l’ultime chambre secrète de l’âme, où nul principe grossier ne pénètre, car se tient en ce lieu mystérieux, la sainte « Lumière intérieure », et c’est en cet endroit seulement que Dieu est adoré selon le véritable christianisme.

Est alors édifié peu à peu, lorsque les premières pierres fondatrices ont été posées par la main divine, non pas seulement un temple mais une ville sainte, la « cité sainte » elle-même, là où se trouve le « Sanctuaire invisible » dans lequel se déroule le culte d’adoration en esprit et dont les temples extérieurs nous donnent un reflet lointain.

(…) L’homme en attente de la régénération laissera donc agir en son centre l’œuvre de l’Esprit, et acceptera que seule la main du Seigneur puisse se faire l’édificatrice du Sanctuaire.

 Après quoi, lorsque le cœur est édifié en un Sanctuaire invisible, goûtant la douceur de la « Sainte Présence », lorsqu’il baigne dans la paisible atmosphère céleste, lorsqu’il est pacifié, l’œuvre sainte peut s’opérer de sorte que nous soyons admis comme « sacrificateur de l’Eternel », ce qui correspondra au dévoilement de l’Arche Sainte, après que nous ayons traversé plusieurs déserts et écarté les mains qui, en nous, outrageaient la sainteté de l’ouvrage divin. »

J-M Vivenza ( L'Eglise et le Sacerdoce selon L-C de Saint-Martin)

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