Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/12/2014

le royaume de Dieu est au-dedans de vous

 

 

1504078_267173493433296_103452736_n.jpg

« L’âme contient déjà en elle le ciel et l’enfer, comme il est écrit : « Le royaume de Dieu ne viendra pas accompagné de signes spectaculaires. On ne dira pas : Voyez, il est ici ou il est là. Car, voyez : le royaume de Dieu est au-dedans de vous » [Luc 17, 20-21]

 « Lorsque la volonté s’abandonne à Dieu jusqu’en son fond, elle sort d’elle-même, hors de tout fond et de tout lieu, là où Dieu seul se manifeste, où il opère et veut. Elle se devient ainsi un néant quant à sa volonté propre. Dès lors c’est Dieu qui opère et veut en elle, c’est Dieu qui habite dans sa volonté abandonnée. Entrant dans le repos divin, l’âme s’en trouve sanctifiée.

« Lorsque le corps se brise, alors l’âme est pénétrée de l’amour divin et illuminée de la lumière divine, comme le feu embrase le fer jusqu’à lui faire perdre son opacité. C’est là la main du Christ, lorsque l’amour de Dieu habite entièrement l’âme de toutes parts et c’est en elle une lumière éclatante et une nouvelle vie.

« C’est ainsi que l’âme est dans le ciel, et qu’elle est un temple de l’Esprit Saint. Elle est elle-même le ciel de Dieu, dans lequel il habite.

 (…) « Chez les saints le royaume du ciel est opérant et sensible par la foi : ils sentent l’amour de Dieu dans cette foi, par laquelle leur volonté s’abandonne à Dieu.

« Mais la vie naturelle est entourée de chair et de sang. Elle est en opposition avec la colère de Dieu, entourée des vains plaisirs de ce monde qui ne cessent de pénétrer la vie extérieure et mortelle. Ainsi, d’un côté le monde, d’un autre le diable, d’un troisième la malédiction de la colère de Dieu pénètrent la vie dans la chair et le sang et la passent à leur crible.

« C’est pourquoi l’âme est souvent dans l’angoisse lorsque l’enfer la presse ainsi et veut se manifester en elle. Mais elle se plonge dans l’espérance de la grâce divine et demeure comme une belle rose au milieu des épines jusqu’à ce que le royaume de ce monde tombe d’elle dans la mort du corps. Alors seulement, lorsque plus rien ne lui fera obstacle, l’âme sera pleinement manifestée dans l’amour de Dieu.

« Durant cette vie, il faut que l’âme chemine dans ce monde avec le Christ, afin qu’il la délivre de l’enfer qui est en elle. Il faut qu’il la pénètre de son amour, qu’il demeure dans l’enfer auprès d’elle et change son enfer en ciel.

 (…)Le disciple demanda :

 « Puisque, durant cette vie, le ciel et l’enfer sont en lutte au-dedans de nous et que Dieu nous est si proche, où donc habitent les anges et les démons ? »

 Le maître répondit :

« Là où tu n’habites pas selon ton existence et ta volonté propres, c’est là qu’habitent les anges, chez toi et partout.

« Et là où tu habites, selon ton existence et ta volonté propre, c’est là qu’habitent les démons, chez toi et partout. »

 (…) « Selon sa vie temporelle, l’homme n’appartient qu’au monde visible. C’est pourquoi, durant le temps de sa vie extérieure, il ne voit pas le monde spirituel : par sa substance, le monde extérieur est une couverture pour le monde spirituel, de la même manière que l’âme est cachée par le corps.

« Mais lorsque l’homme extérieur meurt, le monde spirituel devient manifeste pour l’âme : que ce soit dans la lumière éternelle, auprès des saints anges, ou dans les ténèbres éternelles auprès des démons. »

 (…) «  Dans la jouissance de nos désirs propres se trouvent les ténèbres. Dans la conformité avec la volonté de Dieu se trouve la lumière.

« Là où la volonté du moi de l’âme veut avec Dieu, l’amour de Dieu est à l’œuvre. Mais, dans la jouissance propre du vouloir de l’âme, la volonté de Dieu opère avec peine. Là sont les ténèbres, afin que la lumière soit connue. »

 Jakob Böhme ( «  De la vie au-delà des sens », extraits.)

08/12/2014

L’Adoration en Esprit et en Vérité

« Il n’y a pas de chemin plus solennel, d’autre voie, d’autre initiation supérieure à celle que de célébrer sur notre « Autel », dans l’invisibilité et le silence du cœur, les louanges de l’Eternel, nous éclairant seulement avec cette lampe sacrée comportant sept splendides lumières, et de tourner lentement vers Dieu, une prière de reconnaissance, pour sa plus grande gloire.

(…) Saint-Martin explique ainsi avec une grande clarté, pourquoi notre Autel est invisible aux yeux matériels, car il est un « Centre profond », l’ultime chambre secrète de l’âme, où nul principe grossier ne pénètre, car se tient en ce lieu mystérieux, la sainte « Lumière intérieure », et c’est en cet endroit seulement que Dieu est adoré selon le véritable christianisme.

Est alors édifié peu à peu, lorsque les premières pierres fondatrices ont été posées par la main divine, non pas seulement un temple mais une ville sainte, la « cité sainte » elle-même, là où se trouve le « Sanctuaire invisible » dans lequel se déroule le culte d’adoration en esprit et dont les temples extérieurs nous donnent un reflet lointain.

(…) L’homme en attente de la régénération laissera donc agir en son centre l’œuvre de l’Esprit, et acceptera que seule la main du Seigneur puisse se faire l’édificatrice du Sanctuaire.

 Après quoi, lorsque le cœur est édifié en un Sanctuaire invisible, goûtant la douceur de la « Sainte Présence », lorsqu’il baigne dans la paisible atmosphère céleste, lorsqu’il est pacifié, l’œuvre sainte peut s’opérer de sorte que nous soyons admis comme « sacrificateur de l’Eternel », ce qui correspondra au dévoilement de l’Arche Sainte, après que nous ayons traversé plusieurs déserts et écarté les mains qui, en nous, outrageaient la sainteté de l’ouvrage divin. »

J-M Vivenza ( L'Eglise et le Sacerdoce selon L-C de Saint-Martin)

temple.jpg

L’ordination sacerdotale directement dispensée par le Ciel

"L’Arche, il est vrai, rend quasiment palpable la présence de Dieu, elle donne à l’Eternel une place ici-bas qui lui est réservée, elle est un signe sacré de sa sainte Gloire, le symbole de la vie et de la lumière. Mais en premier lieu, elle est l’organe par excellence des grâces, la source de toute sainteté, le réceptacle des bénédictions et, par-dessus tout, l’instrument présidant à « l’ordination » suprême effectuée selon la libre volonté du Très Haut ; elle est l’origine du véritable sacerdoce de celui qui possède les vertus purificatrices de la voie lévitique, celui à qui a été confié le précieux ministère de la Parole, celui qui a bénéficié de la réception surnaturelle des onctions suprêmes.

L’origine du « véritable sacerdoce », qu’est-ce à dire ?  Tout simplement que cette mise en présence avec l’Arche Sainte, lorsqu’elle survient, confère une dimension sacerdotale d’une essence absolument nouvelle et surprenante à celui qui est l’objet, par pure grâce invisible, des bénédictions célestes. Saint-Martin nous explique d’ailleurs, très clairement, comment se déroule la silencieuse cérémonie d’ordination qui voit le nouvel homme, selon un rituel non écrit, dirigé et desservi uniquement par les Anges du Ciel, devenir un prêtre selon les lois de l’invisible Eglise, de « l’Eglise intérieure » qui n’a point d’attaches terrestres : «  Cette même Arche Sainte engagera le grand prêtre de l’ordre de Mélchisédech à te revêtir lui-même de tes habits sacerdotaux qu’il aura bénis auparavant, il te donnera de sa propre main les ordinations sanctifiantes par le moyen desquelles tu pourras, en son nom, verser les consolations dans les âmes. » ( Le Nouvel Homme) 

(…) Le nouvel homme, après être passé par les douleurs de la naissance, après avoir été « régénéré » et béni par Dieu, recevra en son cœur, dans le plus intime secret de son âme, une « sublime onction de nature sacerdotale » qui en fera un prêtre de l’Eternel afin d’administrer les sanctifications du Seigneur. Or, la réception de cette onction, conférant la charge éminente d’administrer les sanctifications destinées au Divin Réparateur, porte un nom particulier, elle est désignée par un mot précis que l’on n’évoque et prononce qu’en tremblant : « ordination ». Et en effet, il s’agit bien à cette étape fondamentale du cheminement de la voie selon l’interne, d’être « ordonné » c’est-à-dire oint et consacré, sans aucune méditation humaine, en tant que prêtre du Saint Nom, de devenir un ministre de l’éternelle Alliance, un être sanctifié, attaché au service sacré de l’autel des parfums, un administrateur de sanctifications du Seigneur.

De fait, nous sommes ici dans le cadre d’une communication absolument originale, d’une nature différente de toutes celles qui sont connues en mode humain, d’une consécration qui ne relève pas de procédés familiers. En réalité, si l’être a modifié son rapport au monde, s’il s’est éloigné des fausses lumières de la trompeuse apparence, il est alors devenu un étranger pour lui-même et pour les autres, il n’est plus dépendant des méthodes temporelles, mais il est, au contraire, sous l’influence d’une opération entièrement divine capable de le changer dans toutes ses facultés.

 Lorsque cette lente régénération s’accomplit, lorsque sont profondément changées, insensiblement, peu à peu, mais profondément, les fibres anciennes qui ligotaient la créature malade et blessée, lorsque s’est levé, en elle, le premier rayon de soleil, lorsque, enfin, est apparue l’initiale aurore de l’éternel astre de la vérité : «  C’est alors que l’homme se trouve être, en esprit et en vérité, le prêtre du Seigneur ; c’est alors qu’il a reçu la vivifiante ordination, et qu’il peut transmettre cette ordination sur tous ceux qui se consacrent au service de Dieu, c’est-à-dire lier et délier, purifier, absoudre, plonger l’ennemi dans les ténèbres et faire revivre la lumière dans les âmes ; car le mot ordination vient du mot ordinaire ordonner, qui veut dire remettre chaque chose à son rang et à sa place ; et telle est la propriété du Verbe éternel qui produit continuellement tout selon le poids, le nombre et la mesure. » ( Le Nouvel Homme)"

J-M Vivenza ( L'Eglise et le Sacerdoce selon L-C de Saint-Martin)

AbrahamMelchizedekTissot.jpg