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10/03/2015

Camille Savoire: "la science du Rose-Croix doit toujours être mise au service du Bien, de la Justice et de la Vérité"

"La Croix symbolisera ... à la fois l'instrumentation scientifique et l'esprit de sacrifice. Elle n'est, en effet, qu'une modification de la Swastika hindoue, dérivée elle-même de l'instrument primitif qui servit à l'homme pour obtenir le feu, source de de toute vie, et suivant la devise des Rose-Croix, facteur de la régénération de toute la nature. Devenue, depuis l'avènement du christianisme, l'emblème du sacrifice. (...) La Rose, symbole de pureté, lui rappellera qu'il n'est aucune science véritable si elle n'est doublée d'une conscience pure et que la science du Rose-Croix doit toujours être mise au service du Bien, de la Justice et de la Vérité (...) Enfin, franchissant le seuil de l'Atelier suprême, l'Initié saura que sa mission, s'ajoutant à celles auxquelles il a promis de concourir au cours des initiations précédentes, sera désormais d'assurer la survivance, la diffusion de l'Ordre et de ses principes dans le temps et dans l'espace, d'allumer le flambeau maçonnique là où il n'a pas encore brillé, d'agrandir son rayonnement là où il est ardent !"

Camille Savoire (" Regards sur les Temples de la Franc-Maçonnerie" chap.X, extrait)

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22/02/2015

Alors qu’il avait été placé au centre de la création universelle, crée supérieur aux anges en dignité et en pouvoir, Adam se laisse séduire par l’adversaire de Dieu et dégénère de sa forme glorieuse en étant précipité dans un corps de matière ténébreuse

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« Adam fut établi, on a certes de la peine à l’imaginer aujourd’hui, en un splendide et magnifique état de gloire et non en un vil corps de matière. 

(…) Auxiliaire privilégié de l’Eternel, Adam vivait dans une intimité profonde avec le Créateur, il lui avait été confié un pouvoir considérable car Dieu plaçait en son mineur de nombreux espoirs : « Adam, dans son premier état de gloire, était le véritable émule du Créateur. Comme pur esprit, il lisait à découvert les pensées et les opérations divines. » ( Traité, 8.) Bien au-dessus des autres classes d’esprits, le mineur quaternaire surgissait à l’être dans son innocente pureté, en effet il n’avait pas été témoin de la prévarication primitive et était donc, à la différence des esprits émanés antérieurement, exempt de toute souillure ; il n’y avait en lui aucune trace, aucune ombre, aucune mémoire de la prévarication originelle.

Nous devons ainsi prendre conscience qu’Adam, par ce que nous révèle Martinès, fut tout d’abord, dans sa première propriété, pourvu d’un corps de gloire et non pas façonné avec de la glaise ou de l’argile, ce qui n’adviendra, pour son malheur, qu’après la Chute. L’Eternel, qui ne peut être l’auteur du mal et de la mort, de la corruption des corps et de la dégradation, conféra à Adam, après l’avoir produit conformément à son image et selon sa ressemblance, un « verbe de création » le détachant de son « immensité divine pour être homme-Dieu sur la terre […] Adam avait donc en lui un verbe puissant, puisqu’il devait naître de sa parole de commandement, selon sa bonne intention et sa bonne volonté spirituelle divine, des formes glorieuses impassives et semblables à celle qui parut dans l’imagination du Créateur ». (Traité, 47.)

Nous voyons qu’Adam jouissait d’un immense privilège, et Martinès nous apprend à distinguer très nettement la primitive origine d’Adam, qui n’est point d’ordre temporel, de son entrée dans l’Histoire lors de sa Chute et de sa tragique « incorporisation » dans une forme de matière qui, elle seule, en réalité, est l’objet de la paléontologie ou de la préhistoire biologique de l’humanité. L’Adam originel n’est pas l’ancêtre de l’homme actuel.

(…) Alors Adam décida, dans une sorte de vertigineuse folie, de se livrer à une quatrième opération qu’il exécuta afin de procéder à une action de création perverse et criminelle.

(…) L’irréparable venait de se produire ; conjuguant le crime et la trahison, l’abjection et l’absence totale de scrupule, piétinant les saint commandements de la Divinité, méprisant les sages conseils du Seigneur qui le chérissait, Adam, s’élevant rageusement contre les lois de l’Eternel, venait de procéder à un acte insensé et hautement coupable de création, il venait d’accomplir ce péché des origines, ce tristement célèbre « péché originel », répétant à son tour « ce que les premiers esprits pervers avaient conçu d’opérer, pour devenir créateurs au préjudice des lois que l’Eternel leur avait prescrites pour servir de bornes dans leurs opérations spirituelles divines ».

(…) On mesure  peut-être mieux, à cet instant, ce que signifiait pour Martinès la situation de l’homme qui fut placé dans un environnement qui n’était pas, originellement, le sien, ce que représentait la dureté de son exil, de son enfermement dans un corps qu’il assumera, difficilement, au sein d’un milieu qui lui était étranger.

(…) Adam, selon Martinès, par sa chute, entraîna à sa suite le monde crée dans une horrible dépravation ; les traces du mal y sont universellement visibles, et la souffrance, la mort, l’adversité, les ronces, les épines et bien d’autres choses encore, témoignent tragiquement de cette sinistre réalité.

 « Adam, par sa création de forme passive matérielle, a dégradé sa propre forme impassive, de laquelle devaient émaner des formes glorieuses comme la sienne, pour servir de demeure aux mineurs spirituels que le Créateur y auraient envoyés. » (Traité, 23.) »

 J-M Vivenza (Le Martinisme, l’enseignement secret des Maîtres, extraits)

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« Alors qu’il avait été placé au centre de la création universelle, crée supérieur aux anges en dignité et en pouvoir, Adam se laisse séduire par l’adversaire de Dieu et dégénère de sa forme glorieuse en étant précipité dans un corps de matière ténébreuse. Cette chute terrifiante, cette « dégénérescence » cette sortie de son espèce correspondant à la perte de son « genre » en étant dépossédé des caractéristiques glorieuses de son origine s’effectua par un emprisonnement dans les fers scandaleux de cette même matière dont il devait, pourtant, extraire les esprits révoltés afin qu’ils opèrent leur réconciliation.

La chute d’Adam se traduisit par son incorporisation dans une forme de matière terrestre que Dieu réprouva et rejeta, car résultant d’une œuvre impure qui le plongera dans les ténèbres.

(…) La Création du monde matériel, avant l’émanation d’Adam, lieu de « privation » et de « misère impure », a été crée pour servir de prison aux esprits pervers.

Lorsque Adam à son tour prévarique, il opère un second changement qui amplifie, mais succède en réalité à la première prévarication et le précipite à son tour dans le lieu de « privation » et de « misère impure », crée pour servir de prison aux esprits pervers, où il va à son tour, lui qui avait été non crée, mais émané, être transmué, métamorphosé en une forme de matière ténébreuse.

(…) Quant à la place occupée par Adam originellement, elle a été souillée puis purifiée par l’Eternel, et c’est dans ce lieu de nouveau saint, ce cercle qui n’aurait point été émané s’il n’y avait eu une première prévarication – de même qu’il n’y aurait pas eu de création matérielle- que la postérité humaine doit être réintégrée. »

 J-M Vivenza (La doctrine de la réintégration des êtres, extraits)

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09/02/2015

La destruction du Temple dans l'homme fut l’évenement même de notre naissance à ce monde qui est le monde de l’exil

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« Au cœur de chaque temple de la Lumière entendu en ce sens, il est un sanctuaire que Sohravardî désigne encore par un terme emprunté au soufisme : ce sanctuaire est le khângâ. Ce terme désigne couramment une loge de soufis.

Dans les récits visionnaires de Sohravardî, c’est en ce khângâh que se retire le spirituel : c’est là que s’opère la rencontre avec l’Ange. Cela revient à dire que ce khângâ, sanctuaire du temple qui est le microcosme, est situé au « confluent des deux mers ». C’est là que le visionnaire est visité par ces fulgurations de lumière, dans lesquelles culmine l’expérience de la « théosophie orientale » de Sohravardî. Lorsque ces lumières prolongent leur présence, deviennent une présence à demeure, c’est l’état que Sohravardî désigne comme Sakîna. Or ce mot n’est rien d’autre que l’équivalant arabe de l’hébreu Shekhina : la Shekhina, la mystérieuse Présence divine dans le Saint des Saints du Temple de Salomon. Le terme arabe équivalant à la Shekhina sert donc chez Sohravadî à désigner cette Présence dans le Temple de la Lumière, dans le khângâ qui est le sanctuaire du microcosme humain.

Or ces temples humains de la Lumière sont présentement en exil, dans la crypte du Temple céleste. (…) Les sages de l’Antiquité priaient dans un temple intact. La prière du sage sohravardien s’élève du fond de la crypte du temple, parce qu’il a  été exilé du Temple.

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 (…) Il faut retrouver le sens de la crypte. Lorsque l’Imago Templi est détruite, on ne sait même plus que l’on est au fond d’une crypte. Le monde est « désorienté », il n’a plus d’ « Orient ».

(…) Cela, parce que l’entrée en ce monde est essentiellement perçue comme une entrée dans le monde de l’exil, comme une « descente » depuis l’ Orient qui est le Temple, jusqu’à l’Occident qui est le monde comme crypte du Temple. L’imago Templi est là alors pour que le visionnaire, se retirant dans son khângâh, sanctuaire de son microcosme, se ressouvienne de son origine. A la différence du sage antique, il ressent son entrée en ce monde comme ayant été une brisure. C’est l’exil loin du Temple.

(…) la destruction du Temple, c’est l’entrée dans le monde de l’exil. En bref, pour le maître de l’Ishrâq comme pour le maître kabbaliste, la destruction du Temple est l’évenement même de notre naissance à ce monde qui est le monde de l’exil, mais dont la traversée est nécessaire pour atteindre le nouveau Temple. La destruction du Temple, c’est la fin de la « vie d’avant », du « monde d’avant ».

L’histoire de l’humanité, c’est l’histoire qui commence avec l’exil, lequel commence avec la destruction du Temple.

(…) Tant que durera la Création, il y aura l’exil. »

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(…) « Le Temple est à construire d’abord dans le cœur. Cette connexion, en mettant en valeur la vocation des chevaliers bâtisseurs, légitime du même coup le rapport du templarisme moderne  à l’égard de la chevalerie templière originelle. »

 Henry Corbin ( Temple et Contemplation, extrait)