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12/01/2015

Pour ce qui concerne le sens des ténèbres

«  Ce dont il est question lorsque l’on parlait des ténèbres  au pluriel, (…), l’on faisait référence à cette notion dans certains écrits religieux en la distinguant nettement de la Ténèbre  signalant l’extrême transcendance ineffable de Dieu, représentait le monde même.

En effet, selon Scot Erigène, le mot monde possède un triple sens, celui d’être :

1° Le monde invisible des esprits spirituels ;

2° Le monde matériel concret des corps et des choses ;

3° L’homme lui-même en tant que capacité unificatrice des deux premiers mondes.

 Le troisième sens qui nous occupera plus particulièrement de par notre soucis de nous pencher plus particulièrement sur la « science de l’homme » , soulignons-le, participe d’une conception conforme à celle de Saint Augustin et Grégoire de Nysse, conférant ainsi un statut unique à l’humanité dans le plan de la création.

(…) Les ténèbres qui refusent la lumière représentent donc l’homme lui-même, les ténèbres les plus épaisses, les ténèbres de l’incompréhension et du rejet, les ténèbres de l’aveuglement volontaire.

Eloigner les ténèbres, c’est ce que demande le système initiatique fondé par Jean-Baptiste Willermoz au XVIII° siècle, système connu sous le nom de Régime Ecossais Rectifié,  rite maçonnique puisant aux sources même du courant connu sous le nom d’Illuminisme. Etant invité à se séparer des ténèbres pour choisir la lumière. (…) Être initié, c’est donc d’abord, concrètement, après avoir écarté et éloigné le monde obscur, recevoir la « Lumière », accepter l’invitation transformatrice.

(…) Nous percevons ainsi, à ce stade, que le drame qui va se dérouler sur le plan spirituel, symboliquement, est en fait l’affrontement direct de la lumière et des ténèbres, ceci expliquant certainement pourquoi le monde matériel est assimilé aux ténèbres dans les différentes traductions du texte évangélique, dont celle utilisée pour entourer le Delta maçonnique en  loge, et que ces ténèbres caractérisent l’homme en son état actuel. 

(...) Nul ne peut ainsi douter, au moment ou les conclusions des sciences modernes rejoignent celles des grandes figures de l'ésotérisme et les méditations des maîtres spirituels, de l'extrême fragilité de l'homme, de sa chétive constitution psychique et animique, du caractère profondément délabré et menacé de son être, éléments singulièrement problématiques qui nécessitent un traitement particulier et des soins vigilants, qui ne peuvent être dispensés que par une société protectrice, vigilante, une société initiatique prévenante et bienfaisante dont la fonction, précisément, est de travailler au salutaire réveil et à la douce réparation intérieure des créatures qui se sentent étrangères, perdues et comme égarées en ce monde. »

 Jean-Marc Vivenza ( La Clé d’Or et autres écrits maçonniques, extrait)

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06/01/2015

J-M Vivenza, à propos de la "Divine Ténèbre"

Le terme "ténèbres", au pluriel, dont l'acceptation courante de nuit, d'obscurité et de noire opacité semble évidente, possède toutefois une contrepartie, bien moins connue, mais pourtant largement utilisée par de nombreux auteurs spirituels, qui se laisse découvrir sous le nom de la Ténèbre, au singulier, nom provenant du discours théologique s'appliquant à la Divinité en son mystère inaccessible et ineffable.

Effectivement, si l'on interroge les Pères de l'Eglise, nous découvrons de nombreux développements touchant à cette notion qui fut largement analysée et décrite. (...) L'étude approfondie de la divine Ténèbre selon leurs méditations, est le symbole par excellence de la Divinité à l'origine de la véritable " Lumière du Monde" demeurant invisible pour les yeux de l'homme (Jean I, 18 : "Personne n'a jamais vu Dieu"). Sachant que tout ici-bas est inversé, constituant une réflexion totale du monde spirituel, la Lumière authentique est ainsi perçue comme ténèbres par les hommes, et la lumière des hommes est regardée comme nuit aux yeux de l'Invisible.

 La lumière invisible est donc appelée par les spirituels la divine Ténèbre, nom donné à la plus haute transcendance non-manifestée, celle que l'esprit n'est pas en mesure de concevoir et les sens capables de percevoir de par leur imperfection native. Transcendance qui est nuit pour l'esprit et nuit pour les sens, transcendance qui réside dans la plus épaisse obscurité par rapport au monde visible qui n'est, proprement, que l'ombre de l'authentique réalité, mais qui, en vérité, est pure lumière pour l'âme. De même que la véritable action est "non-agir", que le silence possède en potentialité tous les sons, la Ténèbre supérieure est fondamentalement la Lumière qui surpasse toute lumière, l'essence principielle de la Lumière suressentielle.

Enfin, comment ne pas citer celui qui est sans doute le plus sublime en ces sujets, qui n'avait pas hésité à déclarer dans une audacieuse formulation impressionnante: " C'est dans la Ténèbre [qu'] habite Celui qui est en dehors de toutes choses." (Denys l'Aréopagite, Théologie mystique)

 

J-M Vivenza ( La Clé d'Or et autres écrits maçonniques, extrait.)

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04/01/2015

Le silence transcende comme la nuit toute image

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« Le silence transcende comme la nuit toute image, il est le prélude à tout commencement et à tout aboutissement de l’œuvre, de même que l’oiseau qui prend son souffle et régénère sa vie avant le lever du soleil en est le symbole, il borne le chemin de la remontée à l’évidence, il est recueillement et attention, attente et écoute approfondie ; se donnant comme une « Présence », il est à la fois source première et terre natale par excellence de la pensée essentielle, le fond originelle d’où elle provient, nous donnant de comprendre pourquoi faut-il pour qu’il puisse éclore en son retrait, que se déchire le voile qui le dérobe habituellement à notre conscience préoccupée par le monde : « Ce n’est que dans le calme de notre matière que notre pensée se plaît ; ce n’est que dans le calme de l’élémentaire que le supérieur agit. Ce n’est que dans le calme de notre pensée que notre cœur fait de véritables progrès ; ce n’est que dans le calme du supérieur que le divin se manifeste ». ( L-C de Saint Martin, l’Homme de désir, chant 59, 1790.)

 Jean-Marc Vivenza «  La Clé d’or , et autres écrits maçonniques », extrait.