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11/02/2015

Les étincelles divines émanées de l’Abîme primordiale remonteront alors vers la Cause Première

« Que, venue de la vieille Asie, du Nouveau-Monde, de l’Europe en fièvre, ou de quelque mystérieuse hypogée hyperboréale, la Lumière spirituelle illuminera un jour l’humanité folle, et que cette dernière sache enfin distinguer le vrai du faux. Alors, peut-être s’accomplira-t-il , enfin, le Grand’ Oeuvre cosmique.

Graduellement, les étincelles divines émanées de l’Abîme primordiale remonteront alors vers la Cause Première. Graduellement, la Vie s’éteindra sur le Globe. Et, un jour lointain, les Astres, tels des tisons noircis, continueront de rouler dans le froid silence des espaces interstellaires, sans lois comme sans buts, jusqu’à ce que, par cette anarchie même, tels des ossements blanchis, ce qui fut une immensité étincelante et ignée, éparpille ses cendres dans un infini de silence, de ténèbres et de désolation…

Qu’importera alors, puisque ce qui était la Vie, protéiforme autant que mystérieuse, aura depuis longtemps quitté cet immense sépulcre. ..

La création matérielle ne peut ajouter à la Gloire de la Cause Première. L’Infini de la Nature Divine s’y oppose. Alors, à quoi bon fuir plus longtemps la conquête de la Paix totale, du mystérieux royaume où rien ne peut plus émouvoir l’Esprit ?… »

 Robert Ambelain ("Adam dieu rouge", extrait.)

 « Alors seulement, de cette définitive libération individuelle, sortira enfin la grande libération collective, qui permettra seule la reconstitution de l’Archétype, puis sa réintégration dans le Divin qui l’émana jadis. Abandonné à lui-même par son animateur, le monde de Matière se dissoudra, n’étant plus vivifié, harmonisé, conduit par l’Archétype. Sous l’impulsion, naturellement anarchique, des Entités déchues, cette désagrégation des parties du Tout ira s’accélérant. L’Univers finira alors ; ce sera la « fin du Monde » annoncée par les traditions universelles.

« Comme un livre qu’on roule, le Ciel et la Terre passeront… ! »

L’essence Divine réoccupera, alors graduellement ces « régions » de son essence d’où elle s’était primitivement rétractée. Les illusions momentanées, baptisées du nom de créatures, d’êtres, de mondes, disparaîtront car Dieu est tout, et Tout est en Dieu, bien que Tout ne soit pas Dieu ! l’Absolu n’a rien tiré d’un néant illusoire, qui ne saurait exister en dehors de Lui, sans être Lui-même.

Rien d’autre que cette rétraction de la divine essence, n’a permis la Création des Mondes ; angéliques, matériels, etc… 

Comme c’est aussi cette rétractation de cette même essence, qui a  permis l’Emanation des Etres spirituels.

Et ainsi s’effectuera la symbolique « Victoire » du Bien sur le Mal, de la Lumière sur les Ténèbres, par un simple retour des choses dans le Divin, par une réassimilation des êtres, purifiés et régénérés,.

Tel est l’ésotérique déroulement du Grand Œuvre Universel. »

 Robert Ambelain (Le Martinisme, Histoire et Doctrine, extrait)

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09/02/2015

La destruction du Temple dans l'homme fut l’évenement même de notre naissance à ce monde qui est le monde de l’exil

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« Au cœur de chaque temple de la Lumière entendu en ce sens, il est un sanctuaire que Sohravardî désigne encore par un terme emprunté au soufisme : ce sanctuaire est le khângâ. Ce terme désigne couramment une loge de soufis.

Dans les récits visionnaires de Sohravardî, c’est en ce khângâh que se retire le spirituel : c’est là que s’opère la rencontre avec l’Ange. Cela revient à dire que ce khângâ, sanctuaire du temple qui est le microcosme, est situé au « confluent des deux mers ». C’est là que le visionnaire est visité par ces fulgurations de lumière, dans lesquelles culmine l’expérience de la « théosophie orientale » de Sohravardî. Lorsque ces lumières prolongent leur présence, deviennent une présence à demeure, c’est l’état que Sohravardî désigne comme Sakîna. Or ce mot n’est rien d’autre que l’équivalant arabe de l’hébreu Shekhina : la Shekhina, la mystérieuse Présence divine dans le Saint des Saints du Temple de Salomon. Le terme arabe équivalant à la Shekhina sert donc chez Sohravadî à désigner cette Présence dans le Temple de la Lumière, dans le khângâ qui est le sanctuaire du microcosme humain.

Or ces temples humains de la Lumière sont présentement en exil, dans la crypte du Temple céleste. (…) Les sages de l’Antiquité priaient dans un temple intact. La prière du sage sohravardien s’élève du fond de la crypte du temple, parce qu’il a  été exilé du Temple.

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 (…) Il faut retrouver le sens de la crypte. Lorsque l’Imago Templi est détruite, on ne sait même plus que l’on est au fond d’une crypte. Le monde est « désorienté », il n’a plus d’ « Orient ».

(…) Cela, parce que l’entrée en ce monde est essentiellement perçue comme une entrée dans le monde de l’exil, comme une « descente » depuis l’ Orient qui est le Temple, jusqu’à l’Occident qui est le monde comme crypte du Temple. L’imago Templi est là alors pour que le visionnaire, se retirant dans son khângâh, sanctuaire de son microcosme, se ressouvienne de son origine. A la différence du sage antique, il ressent son entrée en ce monde comme ayant été une brisure. C’est l’exil loin du Temple.

(…) la destruction du Temple, c’est l’entrée dans le monde de l’exil. En bref, pour le maître de l’Ishrâq comme pour le maître kabbaliste, la destruction du Temple est l’évenement même de notre naissance à ce monde qui est le monde de l’exil, mais dont la traversée est nécessaire pour atteindre le nouveau Temple. La destruction du Temple, c’est la fin de la « vie d’avant », du « monde d’avant ».

L’histoire de l’humanité, c’est l’histoire qui commence avec l’exil, lequel commence avec la destruction du Temple.

(…) Tant que durera la Création, il y aura l’exil. »

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(…) « Le Temple est à construire d’abord dans le cœur. Cette connexion, en mettant en valeur la vocation des chevaliers bâtisseurs, légitime du même coup le rapport du templarisme moderne  à l’égard de la chevalerie templière originelle. »

 Henry Corbin ( Temple et Contemplation, extrait)  

23/01/2015

La lumière qui brille dans cette chambre du cœur, le lieu du « Parfait silence »

« A l’intérieur du cœur, lorsque celui-ci se libère peu à peu des ténèbres, alors apparaît une lumière secrète, la lumière que le monde ne voit pas, car, comme le dit saint Jean : «  celui qui est en vous, est plus grand que celui qui est dans le monde » (Jean IV, 4).

La lumière qui brille dans cette chambre du cœur, le « Saint Palais », le lieu du « Parfait silence », confère à ce « centre » spirituel une importance extrême, faisant de ce tabernacle intérieur, qui se trouve à l’Orient de l’homme, là où se situe son cœur, là où la lumière a son séjour, la véritable et authentique Terre Sainte secrète, le Sanctuaire Intérieur qui est le creuset de notre réintégration à venir, lorsque nous aurons abandonnés les choses terrestres, au sein de notre véritable nature, état premier et originel auquel nous retournerons lorsque, naissant à la « grande lumière », se déchirera le voile de la matière comme fut déchiré de haut jusqu’en bas celui du Temple de Jérusalem. »

 

Jean-Marc Vivenza ( La Clé d’Or et autres écrits maçonniques)

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