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21/02/2015

« le monde entier est au pouvoir du Malin » ( 1 Jean V, 19)

"La « demeure de la lumière », sans contexte, pour tous les esprits éclairés qui aspirent à la plénitude de la « Pax Profonda », est notre patrie céleste, le lieu de notre séjour authentique, un séjour éloigné des mirages trompeurs, distant des illusions de ce monde de matière dégradé et voué à la mort, région infernale, sans cesse tiraillée par les oppositions les plus violentes, déchirée par d’abominables souffrances, en permanence confrontée aux furieuses tempêtes des éléments, brutalement dominée, de façon parfois plus cruelle encore, par les dérèglements psychiques, les aveuglements spirituels, le mensonge, l’envie, la fausseté, la trahison, l’erreur volontaire, la guerre, la folie, les passions irrationnelles, la maladie et la corruption, et, pour le dire en un mot, soumise, inexorablement en offrant nulle possibilité de s’en affranchir, à l’effrayante puissance du mal, sachant que « le monde entier est au pouvoir du Malin » ( 1 Jean V, 19)"

 J-M Vivenza ( « Le Culte en "Esprit" de l'Eglise Intérieure », extrait)

"Ce qui frappa profondément Willermoz dans ses réflexions, lors de sa découverte de la doctrine de Martinès de Pasqually, et l'encouragea par la suite à édifier un système conçu comme une authentique et efficace propédeutique de la "réintégration", c'est que la dégradation, qui touche radicalement chaque homme venant en ce monde depuis la Chute, fait de tous les fils d'Adam des êtres misérables, déchus de leur grandeur primitive, réduits dans une nuit qui les enserre de toutes parts, à ramper sur un sol jonché d'épines et de ronces. Ainsi, physiquement et spirituellement, les hommes sont limités par des chaînes symbolisant la souffrante rigueur de leur détermination actuelle, d'autant que loin de se contenter de leur situation, comme les pauvres animaux livrés aux seules satisfactions instinctives de la matière de par l'exercice de la jouissance immédiate et frénétique de leurs sens, les créatures humaines, par le biais de l'intelligence intuitive, sentent bien qu'elles aspirent de toute la force de leur âme à une autre dimension, qu'elles espèrent, confusément en l'avènement d'un "autre ordre des choses".

(...) " L'Homme, ainsi réduit à cet état lamentable dont il est incapable de se libérer par ses propres forces, dont il lui est impossible, et c'est bien là une marque affligeante de sa misère, de s'extraire par ses propres moyens, ne peut que s'en remettre, s'abandonner entièrement à la bonne volonté de la Divine Providence sans laquelle il n'est rien, sans laquelle il ne peut que continuer à sombrer plus encore dans les marécages boueux qui l'entraînent inexorablement vers une sinistre fin. De toute manière, dégradé physiquement, réduit tragiquement en toutes ses facultés, intellectuellement moribond, il ne lui reste qu'à admettre le caractère irrémédiable de sa situation, à vues humaines évidemment, et attendre du Ciel un secours supérieur."

(...) " l'être déchu, depuis sa Chute, est sous la domination du péché, il est livré à la puissance du malin, domestiqué par les séductions de l'ennemi. Sans l'action de la Divinité, sans l'immense effet de la compassion de l'Eternel qui nous envoya son Fils, c'est-à-dire la part la plus chère de Lui-même, son essence intime et réservée, sa vivifiante substance, sa propre Lumière, toute l'humanité croupirait, jusqu'à la consommation des temps, dans les fers de la matérialité et subirait l'infamie d'une perpétuelle, dégradante et définitive séparation. "

(...) " Willermoz nous livre d'ailleurs lui-même la raison de ce don merveilleux octroyé libéralement par Dieu à sa créature infidèle, et qui participa d'un plan divin qui fut scellé, secrètement et pour notre bonheur, au tout début de l'Histoire de l'humanité: " L'homme devenu coupable, fut aussitôt chassé de ce centre pur et sanctifié qu'il venait de souiller. Il fut précipité sur la Terre et condamné à venir ramper sur sa surface dans une forme matérielle et imparfaite dont il venait de créer le modèle, et à laquelle il a assujetti par une suite nécessaire toute sa postérité. Epouvante du résultat de son inique opération, il reconnut et confessa son crime. Son repentir lui mérita la promesse d'un libérateur dont la médiation obtiendrait son pardon; c'est ce qu'il a heureusement éprouvé par la médiation du divin Réparateur, et par son sacrifice sur la Croix." ( Traité des deux natures.)"

J-M Vivenza ( Le Martinisme, l'enseignement secret des Maîtres, extraits...)

 

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11/02/2015

Les étincelles divines émanées de l’Abîme primordiale remonteront alors vers la Cause Première

« Que, venue de la vieille Asie, du Nouveau-Monde, de l’Europe en fièvre, ou de quelque mystérieuse hypogée hyperboréale, la Lumière spirituelle illuminera un jour l’humanité folle, et que cette dernière sache enfin distinguer le vrai du faux. Alors, peut-être s’accomplira-t-il , enfin, le Grand’ Oeuvre cosmique.

Graduellement, les étincelles divines émanées de l’Abîme primordiale remonteront alors vers la Cause Première. Graduellement, la Vie s’éteindra sur le Globe. Et, un jour lointain, les Astres, tels des tisons noircis, continueront de rouler dans le froid silence des espaces interstellaires, sans lois comme sans buts, jusqu’à ce que, par cette anarchie même, tels des ossements blanchis, ce qui fut une immensité étincelante et ignée, éparpille ses cendres dans un infini de silence, de ténèbres et de désolation…

Qu’importera alors, puisque ce qui était la Vie, protéiforme autant que mystérieuse, aura depuis longtemps quitté cet immense sépulcre. ..

La création matérielle ne peut ajouter à la Gloire de la Cause Première. L’Infini de la Nature Divine s’y oppose. Alors, à quoi bon fuir plus longtemps la conquête de la Paix totale, du mystérieux royaume où rien ne peut plus émouvoir l’Esprit ?… »

 Robert Ambelain ("Adam dieu rouge", extrait.)

 « Alors seulement, de cette définitive libération individuelle, sortira enfin la grande libération collective, qui permettra seule la reconstitution de l’Archétype, puis sa réintégration dans le Divin qui l’émana jadis. Abandonné à lui-même par son animateur, le monde de Matière se dissoudra, n’étant plus vivifié, harmonisé, conduit par l’Archétype. Sous l’impulsion, naturellement anarchique, des Entités déchues, cette désagrégation des parties du Tout ira s’accélérant. L’Univers finira alors ; ce sera la « fin du Monde » annoncée par les traditions universelles.

« Comme un livre qu’on roule, le Ciel et la Terre passeront… ! »

L’essence Divine réoccupera, alors graduellement ces « régions » de son essence d’où elle s’était primitivement rétractée. Les illusions momentanées, baptisées du nom de créatures, d’êtres, de mondes, disparaîtront car Dieu est tout, et Tout est en Dieu, bien que Tout ne soit pas Dieu ! l’Absolu n’a rien tiré d’un néant illusoire, qui ne saurait exister en dehors de Lui, sans être Lui-même.

Rien d’autre que cette rétraction de la divine essence, n’a permis la Création des Mondes ; angéliques, matériels, etc… 

Comme c’est aussi cette rétractation de cette même essence, qui a  permis l’Emanation des Etres spirituels.

Et ainsi s’effectuera la symbolique « Victoire » du Bien sur le Mal, de la Lumière sur les Ténèbres, par un simple retour des choses dans le Divin, par une réassimilation des êtres, purifiés et régénérés,.

Tel est l’ésotérique déroulement du Grand Œuvre Universel. »

 Robert Ambelain (Le Martinisme, Histoire et Doctrine, extrait)

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09/02/2015

La destruction du Temple dans l'homme fut l’évenement même de notre naissance à ce monde qui est le monde de l’exil

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« Au cœur de chaque temple de la Lumière entendu en ce sens, il est un sanctuaire que Sohravardî désigne encore par un terme emprunté au soufisme : ce sanctuaire est le khângâ. Ce terme désigne couramment une loge de soufis.

Dans les récits visionnaires de Sohravardî, c’est en ce khângâh que se retire le spirituel : c’est là que s’opère la rencontre avec l’Ange. Cela revient à dire que ce khângâ, sanctuaire du temple qui est le microcosme, est situé au « confluent des deux mers ». C’est là que le visionnaire est visité par ces fulgurations de lumière, dans lesquelles culmine l’expérience de la « théosophie orientale » de Sohravardî. Lorsque ces lumières prolongent leur présence, deviennent une présence à demeure, c’est l’état que Sohravardî désigne comme Sakîna. Or ce mot n’est rien d’autre que l’équivalant arabe de l’hébreu Shekhina : la Shekhina, la mystérieuse Présence divine dans le Saint des Saints du Temple de Salomon. Le terme arabe équivalant à la Shekhina sert donc chez Sohravadî à désigner cette Présence dans le Temple de la Lumière, dans le khângâ qui est le sanctuaire du microcosme humain.

Or ces temples humains de la Lumière sont présentement en exil, dans la crypte du Temple céleste. (…) Les sages de l’Antiquité priaient dans un temple intact. La prière du sage sohravardien s’élève du fond de la crypte du temple, parce qu’il a  été exilé du Temple.

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 (…) Il faut retrouver le sens de la crypte. Lorsque l’Imago Templi est détruite, on ne sait même plus que l’on est au fond d’une crypte. Le monde est « désorienté », il n’a plus d’ « Orient ».

(…) Cela, parce que l’entrée en ce monde est essentiellement perçue comme une entrée dans le monde de l’exil, comme une « descente » depuis l’ Orient qui est le Temple, jusqu’à l’Occident qui est le monde comme crypte du Temple. L’imago Templi est là alors pour que le visionnaire, se retirant dans son khângâh, sanctuaire de son microcosme, se ressouvienne de son origine. A la différence du sage antique, il ressent son entrée en ce monde comme ayant été une brisure. C’est l’exil loin du Temple.

(…) la destruction du Temple, c’est l’entrée dans le monde de l’exil. En bref, pour le maître de l’Ishrâq comme pour le maître kabbaliste, la destruction du Temple est l’évenement même de notre naissance à ce monde qui est le monde de l’exil, mais dont la traversée est nécessaire pour atteindre le nouveau Temple. La destruction du Temple, c’est la fin de la « vie d’avant », du « monde d’avant ».

L’histoire de l’humanité, c’est l’histoire qui commence avec l’exil, lequel commence avec la destruction du Temple.

(…) Tant que durera la Création, il y aura l’exil. »

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(…) « Le Temple est à construire d’abord dans le cœur. Cette connexion, en mettant en valeur la vocation des chevaliers bâtisseurs, légitime du même coup le rapport du templarisme moderne  à l’égard de la chevalerie templière originelle. »

 Henry Corbin ( Temple et Contemplation, extrait)