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10/06/2015

La création matérielle, à la lumière de Martines de Pasqually.

 

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« Ces premiers esprits ayant conçu leur pensée criminelle, le Créateur fit force de lois sur son immutabilité en créant cet univers physique en apparence de forme matérielle, pour être le lieu fixe où ces esprits pervers auraient à agir et à exercer en privation toute leur malice. Il ne faut point comprendre dans cette création matérielle l’homme, ou le mineur, qui est aujourd’hui au centre de la surface terrestre, parce que l’homme ne devait faire usage d’aucune forme de cette matière apparente, n’ayant été émané et émancipé par le Créateur que pour dominer  sur tous les êtres émanés et émancipés avant lui. Ce mineur ne fut émané qu’après que cet univers fut formé par la toute-puissance divine pour être l’asile des premiers esprits pervers et la borne de leurs opérations mauvaises, qui ne prévaudront jamais contre les lois d’ordre que le Créateur a données à sa création universelle. Il avait les mêmes vertus et les mêmes puissances que les premiers esprits, quoiqu’il ne fut émané qu’après eux. Il devint leur supérieur et leur aîné par son état de gloire et la force du commandement qu’il reçut du Créateur. Il connaissait parfaitement la nécessité de la création universelle, il connaissait de plus l’utilité et la sainteté de sa propre émanation spirituelle, ainsi que la forme glorieuse dont il était révêtu pour agir dans toutes ses volontés sur les formes corporelles actives et passives. C’était dans cet état qu’il devait manifester toute sa puissance pour la plus grande gloire du Créateur, en face de la création universelle, générale et particulière. »

Martines de Pasqually, « Traité sur la réintégration des êtres, § 6 La création matérielle »

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Les élus coëns était un Ordre sacerdotal de prêtres consacrés à la célébration d’un « culte primitif » rattaché à la lignée des élus de l’Eternel

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« C’est pourquoi dans l’esprit de son fondateur, les élus coëns était un Ordre sacerdotal de prêtres consacrés à la célébration d’un « culte primitif » rattaché à la lignée des élus de l’Eternel. Les élus coëns devraient pour cela impérativement veiller, chaque jour, chaque heure de leur vie, à la préservation de la pureté de leur ordination, et de leur consécration, souci constant et indispensable pour que pût s’accomplir, dans un esprit de sainteté et de vérité, l’œuvre liturgique et invocatoire exigée, d’après Martinès depuis les premiers commencements, par le Dieu Saint et Très Haut, l’Eternel Adonaï Sabaoth, Le Père d’Amour et d’infinie Miséricorde avec lequel, par la Croix, nous a réconciliés Notre Divin Réparateur et Maître le Christ Jésus. »

 J-M Vivenza, à propos des Elus Coëns, « René Guénon et la Tradition Primordiale », extrait.

 

08/06/2015

Cette intention d’ériger un monument dédié à la glorification de l’humanité coupable résonne comme une ode obscure, un lointain écho à l’antique serpent

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« Un dessein absurde et dérisoire naquit dans l’esprit des hommes aveuglés par leurs passions et les mensonges de l’ennemi de Dieu, atteindre les cieux par la construction d’une tour gigantesque et vertigineuse. Se fondant sur une résurgence du paganisme le plus grossier, apparaissant, encore une fois, malheureusement, à la faveur des forces démoniaques et prométhéennes, porteuses d’une totale limitation et réprobation historique, les hommes voulurent édifier une tour qui allait représenter le symbole emblématique d’un pseudo savoir cosmologique, d’une « tradition », certes fort ancienne en certains de ses aspects, mais qui, depuis le déluge, ne pouvait plus être « primordiale », car celle-ci avait été détruite et noyée, mais « tradition » pervertie, incomplète, inférieure et satanique.

 Quelle était l’intention des constructeurs de Babel ? Ils voulaient, en effet, parvenir à Dieu, rejoindre Dieu, se hisser jusqu’à la cime des cieux, découvrir les vérités supérieures inaccessibles, se rendre maître des connaissances ultimes.

(…) Il se trouve également, si l’on y prête attention, à l’intérieur de ce néfaste chantier, de ce labeur démoniaque et dirigé contre Dieu, une expression de la plus haute inversion qui soit, celle visant à magnifier la gloire de l’home comme le sens des paroles des constructeurs de Babel le rend très bien : «  Célébrons notre nom avant de nous disperser à la surface de la terre. » ( Genèse 11,4). Cet inquiétant «  Célébrons notre nom » résonne bien sûr comme une ode obscure, un lointain écho à l’antique serpent que l’on retrouve dans cette intention d’ériger un monument dédié à la glorification de l’humanité coupable, c’est l’expression d’une volonté prométhéenne, d’un projet constructiviste, faustien où l’on décèle aisément la perceptible trace de Tubalcaïn, le forgeur de métaux. 

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(…) La religion babélienne était, en réalité, un « creuset » où menaçait de disparaître la Révélation sous la luxuriante contagion du syncrétisme confus, du panthéisme conquérant, de l’idolâtrie négatrice du Dieu de la Révélation.

(…) Certes, à Babel, la citadelle religieuse du serpent, l’orgueilleuse ville du prince de ce monde, fut réduite et détruite par l’Eternel qui ne pouvait accepter que s’érige un monument qui le défiait et insultait ses saintes lois ; la Bête n’avait plus désormais de capitale mais le mal, dès lors, se diffusa sur la surface entière du globe, il se répandit inévitablement de partout et corrompit le moindre espace de vie, les plus infimes communautés humaines. »

 Jean-Marc Vivenza «  René Guénon et la Tradition Primordiale », extraits

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