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14/01/2015

Misère de l'homme au monde

« La douleur, l’ignorance, la crainte, voilà ce que nous rencontrons à tous les pas dans notre ténébreuse enceinte, voilà quels sont tous les points du cercle étroit dans lequel une force que nous ne pouvons vaincre nous tient renfermés. Tous les éléments sont déchaînés contre nous : à peine ont-ils produit notre forme corporelle qu’ils travaillent tous à la dissoudre en rappelant continuellement à eux les principes de vie qu’ils nous ont donnés. Nous n’existons que pour nous défendre contre leurs assauts et nous sommes comme des infirmes abandonnés et réduits à penser complètement nos blessures. Il n’y a pour nos corps que deux états : le dépérissement ou la mort ; s’ils ne s’altèrent, ils sont dans le néant. […] nous errons au milieu d’un sombre désert, dont l’entrée et l’issue semblent également fuir devant nous. […] l’homme est, par rapport aux impressions de la vie supérieure, comme le ver qui ne peut soutenir l’air de notre atmosphère. »

 Louis Claude de Saint Martin, Ecce Homo, extrait

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ce rayon de lumière qui est inné dans l’homme, par lequel seul il peut parvenir jusqu’à son Temple

«  Ces trois états de Cherchant, de Persévérant et de Souffrant sont tellement liés dans l’homme de désir qu’on a cru devoir vous les rappeler ensemble en vous les retraçant par chacun de vos voyages. Les trois voyages dans l’obscurité vous ont figuré la carrière pénible que l’homme doit parcourir, les travaux immenses qu’il a à faire sur son esprit et sur son cœur, et l’état de privation où il se trouve lorsqu’il est abandonné à ses propres lumières. L’épée sur le cœur désigne le danger des illusions auxquelles il est exposé pendant sa course passagère, illusions qu’il ne peut repousser qu’en veillant et en épurant sans cesse ses désirs. Les ténèbres qui vous environnaient vous désignent aussi celles qui couvraient toute chose dans le principe de leur formation. Enfin le guide inconnu qui vous a été donné pour faire cette route vous figure ce rayon de lumière qui est inné dans l’homme, par lequel seul il sent l’amour de la vérité et peut parvenir jusqu’à son Temple. »

 Jean-Baptiste Willermoz, Instruction morale du grade d’Apprenti franc-maçon avec l’explication du cérémonial de Réception, in Rituel du Grade d’Apprenti du Régime Ecossais Réctifié, op.cit.

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12/01/2015

Pour ce qui concerne le sens des ténèbres

«  Ce dont il est question lorsque l’on parlait des ténèbres  au pluriel, (…), l’on faisait référence à cette notion dans certains écrits religieux en la distinguant nettement de la Ténèbre  signalant l’extrême transcendance ineffable de Dieu, représentait le monde même.

En effet, selon Scot Erigène, le mot monde possède un triple sens, celui d’être :

1° Le monde invisible des esprits spirituels ;

2° Le monde matériel concret des corps et des choses ;

3° L’homme lui-même en tant que capacité unificatrice des deux premiers mondes.

 Le troisième sens qui nous occupera plus particulièrement de par notre soucis de nous pencher plus particulièrement sur la « science de l’homme » , soulignons-le, participe d’une conception conforme à celle de Saint Augustin et Grégoire de Nysse, conférant ainsi un statut unique à l’humanité dans le plan de la création.

(…) Les ténèbres qui refusent la lumière représentent donc l’homme lui-même, les ténèbres les plus épaisses, les ténèbres de l’incompréhension et du rejet, les ténèbres de l’aveuglement volontaire.

Eloigner les ténèbres, c’est ce que demande le système initiatique fondé par Jean-Baptiste Willermoz au XVIII° siècle, système connu sous le nom de Régime Ecossais Rectifié,  rite maçonnique puisant aux sources même du courant connu sous le nom d’Illuminisme. Etant invité à se séparer des ténèbres pour choisir la lumière. (…) Être initié, c’est donc d’abord, concrètement, après avoir écarté et éloigné le monde obscur, recevoir la « Lumière », accepter l’invitation transformatrice.

(…) Nous percevons ainsi, à ce stade, que le drame qui va se dérouler sur le plan spirituel, symboliquement, est en fait l’affrontement direct de la lumière et des ténèbres, ceci expliquant certainement pourquoi le monde matériel est assimilé aux ténèbres dans les différentes traductions du texte évangélique, dont celle utilisée pour entourer le Delta maçonnique en  loge, et que ces ténèbres caractérisent l’homme en son état actuel. 

(...) Nul ne peut ainsi douter, au moment ou les conclusions des sciences modernes rejoignent celles des grandes figures de l'ésotérisme et les méditations des maîtres spirituels, de l'extrême fragilité de l'homme, de sa chétive constitution psychique et animique, du caractère profondément délabré et menacé de son être, éléments singulièrement problématiques qui nécessitent un traitement particulier et des soins vigilants, qui ne peuvent être dispensés que par une société protectrice, vigilante, une société initiatique prévenante et bienfaisante dont la fonction, précisément, est de travailler au salutaire réveil et à la douce réparation intérieure des créatures qui se sentent étrangères, perdues et comme égarées en ce monde. »

 Jean-Marc Vivenza ( La Clé d’Or et autres écrits maçonniques, extrait)

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