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04/01/2015

L’initiation authentique recherche l’ultime

10444004_10152320479349821_8672446987512929566_n.jpg« L’entrée dans le secret ne connaît pas d’autre recette dont la magie séduisante prétendrait produire une connaissance ineffable. L’initiation authentique recherche l’ultime, c’est sa vocation et son objectif le plus propre. Elle est ordonnée à une fin qui l’oriente , originairement, vers l’essence primitive des êtres. Qu'elle ait pu, suite aux aléas du temps, se trouver vidée de son objectif caractéristique au profit de certitudes méconnaissant les vérités ultimes de l'enseignement, voire les refusant en les regardant parfois même comme des erreurs, cela a de quoi surprendre et attrister, mais au fond peu importe: 

Le chemin de l’esprit reste ouvert à toutes les âmes pures cherchant d’un cœur sincère, sachant que « l’Être plein de majesté qui créa l’univers par un acte de sa volonté, le conserve par un effet de son action continue, qui remplit notre cœur, mais que notre esprit borné ne peut concevoir, ni définir. » ( in Rituel du grade d’Apprenti du Régime Ecossais Réctifié, rédigé en Convent Général de l’Ordre en l’an 1782, version complétée par J-B Willermoz et communiquée par lui en 1802.)

 Jean-Marc Vivenza «  La Clé d’or , et autres écrits maçonniques », extrait.

Le silence transcende comme la nuit toute image

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« Le silence transcende comme la nuit toute image, il est le prélude à tout commencement et à tout aboutissement de l’œuvre, de même que l’oiseau qui prend son souffle et régénère sa vie avant le lever du soleil en est le symbole, il borne le chemin de la remontée à l’évidence, il est recueillement et attention, attente et écoute approfondie ; se donnant comme une « Présence », il est à la fois source première et terre natale par excellence de la pensée essentielle, le fond originelle d’où elle provient, nous donnant de comprendre pourquoi faut-il pour qu’il puisse éclore en son retrait, que se déchire le voile qui le dérobe habituellement à notre conscience préoccupée par le monde : « Ce n’est que dans le calme de notre matière que notre pensée se plaît ; ce n’est que dans le calme de l’élémentaire que le supérieur agit. Ce n’est que dans le calme de notre pensée que notre cœur fait de véritables progrès ; ce n’est que dans le calme du supérieur que le divin se manifeste ». ( L-C de Saint Martin, l’Homme de désir, chant 59, 1790.)

 Jean-Marc Vivenza «  La Clé d’or , et autres écrits maçonniques », extrait.

c’est dans la retraite, le silence, le secret et l'obscurité que se trouve le lieu du dévoilement, à la « clairière de l’Être »

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« Notre agir doit s’entendre avec intelligence, mesure et ouverture. Une ouverture conçue comme un accueil à un secret, dont la mémoire, aussi dégradée soit-elle, en porte trace en son intrinsèque substance. L’aspect le plus réconfortant de cette entreprise, nous en avons la certitude intime, c’est que séjourne réellement, au sein même de nos situations obscurcies, la chance d’une reprise effective de l’authentique chemin, faisant qu’il existe l’éventualité bien réelle d’une réactivation non fictive de la Sophia, car l’appel de l’invisible est inscrit dans les fibres intimes de chaque âme sincèrement disposée vers les mystères des êtres et des choses, et de pousser la porte du Temple.

Cet espoir n’est pas un leurre ou un rêve consolant, c’est, bien au contraire, le type même de l’assurance fondée en certitude.

En effet tout l’esprit de l’aventure de la quête de la vérité des êtres, travaille en profondeur le présent de nos vies, ne le perçoivent pas ceux qui désirent des signes éclatants, alors que c’est, paradoxalement, en silence et dans l’obscurité, secrètement et dans le retrait, que perdure l’esprit des maîtres, et que c’est ainsi, précisément dans le silence et l’obscurité, qu’il faut œuvrer à le rechercher, l’expérience du silence se présentant comme un don reçu dans l’écoute de l’invisible : «  l’être vient à son destin en tant que lui-même, l’être se donne » ( Martin Heidegger, lettre sur l'humanisme, Aubier, 1978), c’est cela l’attention recueillie, car le silence est précisément sans concept, dans la nuit de toute forme.

(…) Cet esprit, conduit par le silence, est un esprit souterrain qui porte son emprise sur la vérité cachée de l’Être, c’est l’esprit qui conduit au lieu du dévoilement, à la « clairière de l’Être », où l’Être s’évanouit en se révélant. Où l’être qui est, en n’étant rien de ce qui est, bien que se confondant avec tout, déploie son essence, c’est-à-dire le fond le plus intime de sa vérité dans l’invisibilité abyssale de sa souveraine « Présence ». C’est dans la clarté obscure des sentiers profonds, qu’ils soient ceux des forêts alpines ou des jungles urbaines, que séjournent les éléments d’une reprise de la spiritualité orientée sur le mystère. »

 Jean-Marc Vivenza «  La Clé d’or , et autres écrits maçonniques »

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