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28/02/2015

La lucidité à l’égard de cette chair de corruption, participe ainsi de l’effroi et du saisissement, par où commence à apparaître et à surgir l’homme nouveau qui se réveille de ses illusions

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« Ce que l’on désigne comme étant le « vieil homme », c’est-à-dire la nature mauvaise reçue à notre naissance qui fit confesser au roi David : «  J’ai été enfanté dans l’iniquité, et dans le péché ma mère m’a conçue » (psaume LI, 5), est une racine charnelle, entièrement corrompue en son germe, une essence flétrie définitivement, expliquant pourquoi chercher à le modifier est une entreprise vaine et inutile.

(…) La lucidité à l’égard de cette chair de corruption, participe ainsi de l’effroi et du saisissement, par où, d’ailleurs, commence à apparaître et à surgir l’homme nouveau qui se réveille de ses illusions. Saint Martin décrit parfaitement la douloureuse situation de l’âme confessante, se voyant tout à coup telle qu’elle est.

(…) La nature de chair, en l’homme, appartient au composé matériel, elle est, comme lui, constituée de substances impures, mixtes, désorganisées et dégradées, de résidus souillés – tant physiques que psychiques – d’éléments puissamment empoisonnés, insolubles dans les régions de l’Esprit, et c’est pourquoi, entre l’Esprit et la chair, nulle union ne peut être réalisée ni même imaginée un seul instant ; les deux domaines, qui s’opposent radicalement en leurs origines, sont absolument antagonistes et étrangers l’un à l’autre, ce que souligne avec force le Divin Réparateur : «  Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. » (Jean III, 6).

Si les deux natures sont à ce point différentes et dissemblables en raison de leurs provenances – l’une, émanée de Dieu est d’essence lumineuse (lumière qui est « le premier vêtement de l’âme »), l’autre ténébreuse, provient de la chair déchue -, cela signifie que la première est divine et pure et que la seconde est terrestre et infectée, avec pour conséquence de conduire les deux essences qui composent l’homme en ce monde à deux destinations différentes :

. 1°) L’éternité immatérielle et le devenir surnaturel pour l’Esprit ;

. 2°) La dissolution pour la nature charnelle qui, après sa décomposition, sera à tout jamais anéantie et s’évanouira entièrement comme n’ayant jamais existé.

Cette double loi, portant l’Esprit vers sa demeure  d’immortalité et la matière à son anéantissement, est rappelée ainsi par Saint-Martin qui utilise l’image du feu consumant la corruption en montant vers le ciel.

(…) lorsque nous avons  vraiment compris, et intégré intiment en nos fibres, le fait « qu’autour de nous les réalités engendrées sont corrompues avant d’être mortes », alors se change radicalement notre rapport au monde, nous faisant passer d’un mode existentiel superficiel et artificiel fondé sur la recherche  des biens passagers et l’accumulation des richesses et des pouvoirs , à un état de souverain abandon uniquement situé dans « l’Être », cette brutale transformation ayant pour effet de désobstruer les portes du cœur, d’ouvrir notre temple intérieur à la possible action divine opérant, par pure grâce, et qui interviendra, si Dieu le juge utile et nécessaire, au moment voulu, non lorsque nous l’aurons décidé, mais lorsque le Divin Réparateur le considérera souhaitable.

(…) Le sacrifice de la volonté, qui constitue un élément revenant très souvent sous la plume de Saint-Martin, est la seule attitude face à une situation dont nous savons qu’elle ne conduit qu’à une issue fatale pour toutes choses vivantes, consistant aussi, sur le plan sacerdotal, le vrai « holocauste », le sacrifice réel sur l’autel du cœur dont l’offrande nous libère des chaînes de la prévarication »

 J-M Vivenza («  Le Culte en « Esprit » de l’Eglise Intérieure », extraits)

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22/02/2015

Alors qu’il avait été placé au centre de la création universelle, crée supérieur aux anges en dignité et en pouvoir, Adam se laisse séduire par l’adversaire de Dieu et dégénère de sa forme glorieuse en étant précipité dans un corps de matière ténébreuse

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« Adam fut établi, on a certes de la peine à l’imaginer aujourd’hui, en un splendide et magnifique état de gloire et non en un vil corps de matière. 

(…) Auxiliaire privilégié de l’Eternel, Adam vivait dans une intimité profonde avec le Créateur, il lui avait été confié un pouvoir considérable car Dieu plaçait en son mineur de nombreux espoirs : « Adam, dans son premier état de gloire, était le véritable émule du Créateur. Comme pur esprit, il lisait à découvert les pensées et les opérations divines. » ( Traité, 8.) Bien au-dessus des autres classes d’esprits, le mineur quaternaire surgissait à l’être dans son innocente pureté, en effet il n’avait pas été témoin de la prévarication primitive et était donc, à la différence des esprits émanés antérieurement, exempt de toute souillure ; il n’y avait en lui aucune trace, aucune ombre, aucune mémoire de la prévarication originelle.

Nous devons ainsi prendre conscience qu’Adam, par ce que nous révèle Martinès, fut tout d’abord, dans sa première propriété, pourvu d’un corps de gloire et non pas façonné avec de la glaise ou de l’argile, ce qui n’adviendra, pour son malheur, qu’après la Chute. L’Eternel, qui ne peut être l’auteur du mal et de la mort, de la corruption des corps et de la dégradation, conféra à Adam, après l’avoir produit conformément à son image et selon sa ressemblance, un « verbe de création » le détachant de son « immensité divine pour être homme-Dieu sur la terre […] Adam avait donc en lui un verbe puissant, puisqu’il devait naître de sa parole de commandement, selon sa bonne intention et sa bonne volonté spirituelle divine, des formes glorieuses impassives et semblables à celle qui parut dans l’imagination du Créateur ». (Traité, 47.)

Nous voyons qu’Adam jouissait d’un immense privilège, et Martinès nous apprend à distinguer très nettement la primitive origine d’Adam, qui n’est point d’ordre temporel, de son entrée dans l’Histoire lors de sa Chute et de sa tragique « incorporisation » dans une forme de matière qui, elle seule, en réalité, est l’objet de la paléontologie ou de la préhistoire biologique de l’humanité. L’Adam originel n’est pas l’ancêtre de l’homme actuel.

(…) Alors Adam décida, dans une sorte de vertigineuse folie, de se livrer à une quatrième opération qu’il exécuta afin de procéder à une action de création perverse et criminelle.

(…) L’irréparable venait de se produire ; conjuguant le crime et la trahison, l’abjection et l’absence totale de scrupule, piétinant les saint commandements de la Divinité, méprisant les sages conseils du Seigneur qui le chérissait, Adam, s’élevant rageusement contre les lois de l’Eternel, venait de procéder à un acte insensé et hautement coupable de création, il venait d’accomplir ce péché des origines, ce tristement célèbre « péché originel », répétant à son tour « ce que les premiers esprits pervers avaient conçu d’opérer, pour devenir créateurs au préjudice des lois que l’Eternel leur avait prescrites pour servir de bornes dans leurs opérations spirituelles divines ».

(…) On mesure  peut-être mieux, à cet instant, ce que signifiait pour Martinès la situation de l’homme qui fut placé dans un environnement qui n’était pas, originellement, le sien, ce que représentait la dureté de son exil, de son enfermement dans un corps qu’il assumera, difficilement, au sein d’un milieu qui lui était étranger.

(…) Adam, selon Martinès, par sa chute, entraîna à sa suite le monde crée dans une horrible dépravation ; les traces du mal y sont universellement visibles, et la souffrance, la mort, l’adversité, les ronces, les épines et bien d’autres choses encore, témoignent tragiquement de cette sinistre réalité.

 « Adam, par sa création de forme passive matérielle, a dégradé sa propre forme impassive, de laquelle devaient émaner des formes glorieuses comme la sienne, pour servir de demeure aux mineurs spirituels que le Créateur y auraient envoyés. » (Traité, 23.) »

 J-M Vivenza (Le Martinisme, l’enseignement secret des Maîtres, extraits)

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« Alors qu’il avait été placé au centre de la création universelle, crée supérieur aux anges en dignité et en pouvoir, Adam se laisse séduire par l’adversaire de Dieu et dégénère de sa forme glorieuse en étant précipité dans un corps de matière ténébreuse. Cette chute terrifiante, cette « dégénérescence » cette sortie de son espèce correspondant à la perte de son « genre » en étant dépossédé des caractéristiques glorieuses de son origine s’effectua par un emprisonnement dans les fers scandaleux de cette même matière dont il devait, pourtant, extraire les esprits révoltés afin qu’ils opèrent leur réconciliation.

La chute d’Adam se traduisit par son incorporisation dans une forme de matière terrestre que Dieu réprouva et rejeta, car résultant d’une œuvre impure qui le plongera dans les ténèbres.

(…) La Création du monde matériel, avant l’émanation d’Adam, lieu de « privation » et de « misère impure », a été crée pour servir de prison aux esprits pervers.

Lorsque Adam à son tour prévarique, il opère un second changement qui amplifie, mais succède en réalité à la première prévarication et le précipite à son tour dans le lieu de « privation » et de « misère impure », crée pour servir de prison aux esprits pervers, où il va à son tour, lui qui avait été non crée, mais émané, être transmué, métamorphosé en une forme de matière ténébreuse.

(…) Quant à la place occupée par Adam originellement, elle a été souillée puis purifiée par l’Eternel, et c’est dans ce lieu de nouveau saint, ce cercle qui n’aurait point été émané s’il n’y avait eu une première prévarication – de même qu’il n’y aurait pas eu de création matérielle- que la postérité humaine doit être réintégrée. »

 J-M Vivenza (La doctrine de la réintégration des êtres, extraits)

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21/02/2015

Aujourd’hui chacun peut accéder au Sanctuaire, franchir et passer au-delà le voile qui a été déchiré de haut en bas

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« Et le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas » ( Marc XV, 38).

«  Depuis la venue du Divin Réparateur et son sacrifice sur le bois de la Croix, plus aucune barrière limitative, plus aucun voile n’interdit l’accès au Sanctuaire.

Désormais, chaque âme de désir, accueillant dans son cœur les vérités de l’Evangile, est en mesure – et même en droit- d’entrer librement dans le Saint des Saints, pour participer au culte divin. La conséquence de cette disparition des empêchements légalistes, de la destruction des frontières de séparation, autorise chaque âme de désir à entrer dans le Sanctuaire, à traverser le voile, qui est, concrètement, la chair spirituelle du Divin Réparateur, afin de nous unir à lui en sainteté.

 (…) En effet, le Divin Réparateur a entièrement bouleversé les ordonnances antiques de la religion judaïque devenues absolument caduques, à une période où une caste sacerdotale formait comme un écran, une séparation, un obstacle infranchissable entre l’homme et le divin. Aujourd’hui chacun peut accéder au Sanctuaire, franchir et passer au-delà le voile qui a été déchiré de haut en bas lors du Vendredi Saint.

 (…) L’Arche, est maintenant visible, non dissimulée derrière le voile du Temple, et, par pure grâce, l’âme peut s’en approcher et l’admirer, car le christianisme véritable, ainsi que le déclare Saint-Martin, nous permet de contempler Dieu « à découvert », en son intime essence au « sein de notre être »

 (…) Jésus-Christ, comme nous le montre les évangiles, n’avait aucunement sa place au milieu du « camp d’Israël », dans une région terrestre attachée à une religion charnelle, de même que nous, à sa suite, n’avons plus notre place dans les systèmes religieux mondains rivés au domaine de la terre, attitude de dégagement qui nous est signalé par cette phrase : «  sortons vers lui hors du camp ». La position des âmes de désir à présent est donc, d’une part d’être en « esprit » dans le Sanctuaire céleste, là où le Grand Sacrificateur célèbre le culte éternel, et, en leurs enveloppes matérielles, sur la terre, de se retirer, physiquement et spirituellement, « hors du camp »

 (…) Mais ce « Royaume » est, d’abord et avant tout , le Sanctuaire du ciel, là où se célèbrent les cérémonies éternelles consacrées à chanter la Gloire de Dieu, Temple invisible aux yeux de chair, éloigné des sphères corrompues de ce monde, « Royaume » dont les portes ont été ouvertes par le Divin Réparateur. 

 (…) C’est pourquoi, si Dieu est « Esprit », alors son « adoration », ce qui signifie la manière de lui rendre notre culte, doit également, et de façon impérative si nous désirons nous conformer à l’essence divine, se faire « en esprit », de sorte d’être en harmonie réelle avec la nature transcendante de l’Être éternel et infini. »

J-M Vivenza ( « Le Culte en "Esprit" de l'Eglise Intérieure », extraits)

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