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08/06/2015

Cette intention d’ériger un monument dédié à la glorification de l’humanité coupable résonne comme une ode obscure, un lointain écho à l’antique serpent

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« Un dessein absurde et dérisoire naquit dans l’esprit des hommes aveuglés par leurs passions et les mensonges de l’ennemi de Dieu, atteindre les cieux par la construction d’une tour gigantesque et vertigineuse. Se fondant sur une résurgence du paganisme le plus grossier, apparaissant, encore une fois, malheureusement, à la faveur des forces démoniaques et prométhéennes, porteuses d’une totale limitation et réprobation historique, les hommes voulurent édifier une tour qui allait représenter le symbole emblématique d’un pseudo savoir cosmologique, d’une « tradition », certes fort ancienne en certains de ses aspects, mais qui, depuis le déluge, ne pouvait plus être « primordiale », car celle-ci avait été détruite et noyée, mais « tradition » pervertie, incomplète, inférieure et satanique.

 Quelle était l’intention des constructeurs de Babel ? Ils voulaient, en effet, parvenir à Dieu, rejoindre Dieu, se hisser jusqu’à la cime des cieux, découvrir les vérités supérieures inaccessibles, se rendre maître des connaissances ultimes.

(…) Il se trouve également, si l’on y prête attention, à l’intérieur de ce néfaste chantier, de ce labeur démoniaque et dirigé contre Dieu, une expression de la plus haute inversion qui soit, celle visant à magnifier la gloire de l’home comme le sens des paroles des constructeurs de Babel le rend très bien : «  Célébrons notre nom avant de nous disperser à la surface de la terre. » ( Genèse 11,4). Cet inquiétant «  Célébrons notre nom » résonne bien sûr comme une ode obscure, un lointain écho à l’antique serpent que l’on retrouve dans cette intention d’ériger un monument dédié à la glorification de l’humanité coupable, c’est l’expression d’une volonté prométhéenne, d’un projet constructiviste, faustien où l’on décèle aisément la perceptible trace de Tubalcaïn, le forgeur de métaux. 

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(…) La religion babélienne était, en réalité, un « creuset » où menaçait de disparaître la Révélation sous la luxuriante contagion du syncrétisme confus, du panthéisme conquérant, de l’idolâtrie négatrice du Dieu de la Révélation.

(…) Certes, à Babel, la citadelle religieuse du serpent, l’orgueilleuse ville du prince de ce monde, fut réduite et détruite par l’Eternel qui ne pouvait accepter que s’érige un monument qui le défiait et insultait ses saintes lois ; la Bête n’avait plus désormais de capitale mais le mal, dès lors, se diffusa sur la surface entière du globe, il se répandit inévitablement de partout et corrompit le moindre espace de vie, les plus infimes communautés humaines. »

 Jean-Marc Vivenza «  René Guénon et la Tradition Primordiale », extraits

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18/05/2015

Sur la division originelle entre les cultes de Caïn et Abel

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« Si cette première « Révélation », non écrite, qui fut l’objet de la communication par Dieu aux Patriarches, les pères de l’humanité, de ses enseignements et de ses lois après l’expulsion de l’Eden d’Adam et d’Eve, deviendra le fondement d’une Tradition primitive que l’on peut à bon droit nommer « primordiale », ou « Tradition Mère » selon Louis-Claude de Saint-Martin, il faut cependant tout de suite souligner que cette Tradition se divisa quasi immédiatement, et ce dès l’épisode rapporté par le livre de la Genèse, lors de la séparation qui adviendra entre le culte faux de Caïn et celui, béni de l’Eternel, célébré par Abel le juste. Le culte de Caïn, en effet, uniquement basé sur la religion naturelle, était une simple offrande de louange dépourvue de tout aspect sacrificiel, alors que le culte d’Abel, qui savait que depuis le péché originel il n’était plus possible, ni surtout permis, de reproduire la forme antérieure qu’avaient les célébrations édéniques, donna à son offrande un caractère expiatoire qui fut accepté et agrée par Dieu, constituant le fondement de la « Vraie Religion », la religion surnaturelle et sainte.

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(…) Or, il est évident, et extrêmement clair, qu’il y a une grave erreur à confondre en une seule « Tradition » deux courants que tout oppose, deux cultes radicalement différents, contraires et antithétiques, l’un, celui de Caïn, travaillant à la glorification des puissances de la terre et de la nature (et donc des démons qui, pour être des esprits, n’en sont pas moins des  « forces naturelles »), visant au triomphe et à la domination de l’homme auto-créateur, religion prométhéenne s’exprimant par la volonté d’accéder par soi-même à Dieu, ( les fruits de la terre, à cet égard, symbolisant les antiques mythes païens), l’autre, à l’inverse, celui d’Abel, fidèle à l’Eternel et à ses saints commandements, conscient de l’irréparable faute qui entachait désormais toute la descendance d’Adam, et qui exigeait que soit célébré par les élus de Dieu une souveraine « opération » de réparation, afin d’obtenir, malgrè les ineffables traces du péché originel dont l’homme est porteur, d’être réconcilié et purifié par le Ciel.

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(…) A cet égard, l’Histoire du monde, depuis cette annonce, est devenue celle de la lutte acharnée et du combat irréductible entre deux semences antagonistes, deux postérités ennemies, deux « corps mystiques » radicalement différents et antagonistes ; lutte alternant les victoires et les défaites, les trahisons, les avancées et les reculs, les compromissions et les réactions. Les hommes assistent et participent, de ce fait, depuis la Chute, à un développement croissant et continuel de la religion naturelle réprouvée qui souhaite conquérir le Ciel par ses propres moyens, héritière, en raison de son insoumission et de son caractère criminel, de la postérité du serpent, contraignant les Elus de l’Eternel qui constituent le « Haut et Saint Ordre », à une préservation attentive et soutenue des éléments du vrai culte, de la vrai Religion, de la Tradition effective. C’est pourquoi, à cause de cette situation difficile, Dieu, dans sa bonté, n’abandonna pas l’homme, il ne se détourna pas de sa descendance car il lui envoya de nombreux élus appelés à témoigner de l’attention et de la Présence du « Très Haut » sensible à la création du vrai culte préfiguré par le sacrifice d’oblation offert à Abel, devenant le type même de toute œuvre de réconciliation ainsi que nous en instruit Martinès. »

 Jean-Marc Vivenza (« René Guénon et la Tradition primordiale », extrait.)

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14/05/2015

"du plus profond de notre abîme de misère, nous sommes soumis au péché et foncièrement dégradés jusqu'à la consommation des siècles"

 "Nous pourrons seulement aider, et rien de plus, à ce qu'advienne cette guérison par la descente de la grâce, en appelant de nos vœux, du plus profond de notre abîme de misère, la miséricorde du Seigneur, car en nous, en notre essence charnelle, impure et souillée de par la désobéissance d'Adam qui se lia avec l'ennemi de Dieu en aliénant sa volonté aux séductions du Malin, ne subsiste rien de bon ni de saint; selon la chair nous sommes, et toutes les générations avec nous, c'est-à-dire la totalité des fils d'Adam jusqu'à la consommation des siècles, soumis au péché et foncièrement dégradés, dominés et terrassés par les forces de la prévarication, vaincus par les séductions de l'ennemi, réduits en esclavage sous le joug de la chair pécheresse. La créature est donc, depuis le crime de son premier père, d'elle-même incapable d'un seul mouvement pur et sincère, tout en elle est placé sous la domination du mensonge, de l'hypocrisie, de la fausseté et de la trahison, tout est, dans les êtres issus de la génération adamique, flétri, vicié et enténébré par l'effet d'une corruption radicale."

J-M Vivenza (Le Culte en "Esprit" de l'Eglise intérieure, extrait.)

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