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18/07/2014

Le corps de matière ténébreuse

1385478_10202207014285762_846423868_n.jpg"Nous avons été "enfermés" lors de notre conception, en punition du crime d'Adam notre premier père selon la chair, dans des corps de matière d'une nature ténébreuse, matière flétrie, souillée, mais aussi, et surtout infectée du germe de la "dégénérescence" la destinant à la mort, vouée en sa substance à l'anéantissement et à la disparition définitive dans la nuit du "tombeau de la mort", en raison de cette transformation de son état premier glorieux immatériel- Martinès parle de "métamorphose" ( Traité, 195) - en une essence charnelle matérielle dégénérée"

"Notre nature effectivement "dégénérée" dans une jonction entre esprit et matière qui est une absolue "abomination", fait que tant que l'homme reste lié à son corps il ne peut vivre que dans un horrible chaos qui est la loi de la vie terrestre, d'autant que sa forme matérielle actuelle est semblable à celle dont aurait été revêtu le démon s'il avait été question qu'il se réconcilie avec le Créateur"

"C'est pourquoi, sans ménagement particulier, le Philosophe Inconnu nous indique que l'enveloppe matérielle dans laquelle nous sommes enfermés est la cause de la douloureuse situation que nous endurons; c'est la chair, le composé grossier que nous assumons, non sans difficultés multiples, qui est à la source de notre relation souffrante et désorientée au monde, et de notre incapacité de nous hisser vers les domaines spirituels."

"En effet, par son crime, en étant emprisonné dans les fers de la matière, en réalité l'homme est tombé entre les mains de l'Ennemi, du Prince qui règne sans partage en ce monde -ce que l'Evangile confirme avec force : " Tout ici-bas est aux mains du malin" ( I Jean V, 19). C'est pourquoi insiste Saint-Martin, l'Adversaire nous rappelle constamment qu'il est le maître de la matière et que cette "matière" est, précisément "son royaume".

Non content de subir le contrecoup d'une punition consécutive à l'horreur de son crime, Adam, explique Saint-Martin s'est en fait condamné à passer son existence charnelle sous la domination du Serpent, puisque le monde matériel est le royaume de l'ennemi, il est le lieu où il règne, par et sur la matière, qui est le composé général de cet univers déchu destiné à la corruption et à la mort."

"Se complaire dans la matière, c'est en réalité se couper de Dieu"

" Celui qui affectionne sa vie, la perdra; et celui qui hait sa vie dans ce monde-ci la conservera pour la vie éternelle" ( Jean XII, 25.)

"La matière est donc non seulement une prison, mais c'est une prison contraignante qui règne sur nous en accroissant la puissance de sa domination. En conséquence, loin de miser sur une chimérique, autant qu'improbable, spiritualisation de la matière, Saint-Martin nous fait voir que la disparition et le retour au néant du composé ténébreux, c'est à dire leur "réintégration" sont une nécessite pour que l’éternelle vérité puisse être connue

L’homme terrestre, qui refuse cette inévitable disparition, œuvre en vain pour tenter de sauver une base corrompue qui, inexorablement doit un jour retourner au néant. Se laissant entraîner à des pensées erronées de par le développement des rapports sensibles qui accroissent sa matière, l'homme édifie de ses propres mains sa prison. De ce fait l'homme, se laissant enfouir dans le cachot de la matière, oublie qu'il provient en réalité de le région immatérielle d'en haut où il doit retourner."

"Le corps, notre corps de chair et de sang, est une barrière de matière ténébreuse nous séparant de Dieu, puisque le corps primitif purement spirituel, était un présent divin immatériel et pur, alors que celui que nous avons actuellement, pour notre expiation et en rétribution du crime d'Adam, est le fruit d'une dégénérescence impure, le produit d'un phénomène "monstrueux", comme l'écrivit Willermoz, qui doit périr et s'effacer totalement. Le corps charnel de l'homme selon Saint-Martin, est effectivement corrompu, et doit donc aller, inévitablement vers la corruption, la putréfaction et la disparition, ceci afin de nous permettre d'accéder au domaine céleste de l'eternité par l'Esprit, là où se trouve le vie immortelle et impérissable, de sorte de nous unir, pour toujours, à la "demeure de la lumière""

"Si ce monde fut l'affreuse prison temporelle du mineur, le lieu obscur de son enfermement en une enveloppe ténébreuse, un lieu sinistre d'exil où il endure une rigoureuse privation spirituelle, puisque Adam, piétinant tous les principes sacrés et trahissant Dieu de manière scandaleuse, prévariqua en effectuant une opération de création de matière impure, alors la dissolution, l'anéantissement de ce monde ténébreux sera un événement heureux, une authentique "bénédiction" comme le souligna Saint-Martin dans son "Traité des bénédictions" puisqu'elle correspondra au retour des âmes à l'Unité, à leur principe originel, à la réintégration des êtres dans leurs premières propriété, vertu et puissance spirituelle divine."

Jean-Marc Vivenza ( La Doctrine de la Réintégration des Êtres)
 

26/06/2014

Elus Coëns de l'Univers et Régime Ecossais Réctifié

"La Loge est en fait l'image du cosmos et de son drame divin; les flambeaux, lorsqu'ils sont allumes, deviennent des "etoiles", etoiles qui sont le signe que le travail s'accomplit dans le monde visible et invisible"

"Ainsi s’imposait que puisse être érigé un Ordre initiatique d’essence chevaleresque, mais d’une chevalerie toute spirituelle car destinée à livrer une bataille subtile se situant dans l’invisible, capable de lutter, non pour rétablir un Ordre matériel disparu à la faveur de l’Histoire au XIIIe siècle, mais contre les reliquats de la dégradation originelle, en engageant un combat susceptible de réduire et abattre les forces malsaines qui enserrent les êtres dans les obscurs cachots du domaine des ombres depuis la Chute."

"D'ailleurs, il importe de le noter, ce programme de la "Reintegration", sous la forme d'un ensemble theorique et pratique, structure et impressionnant de par sa subtile connaissance des choses cachees, va devenir le fondement essentiel de la pensee Willermozienne, et naturellement, conduire l'initie lyonnais a constituer, a terme, le Regime Ecossais Rectifie pour qu'il devienne, concretement, un efficace instrument de preservation, le "conservatoire" vivant de l'enseignement detenu par les Reaux-Croix, et, de ce fait, l'actif depositaire de la doctrine martinesienne ainsi que de "l'influence spirituelle" Coen authentique et veritable qu'il reste, et restera le seul sur le plan historique, quoique bien malgre lui la plupart du temps, a detenir validement et legitimement de par le caractere ininterrompu de la chaine le reliant a l'Ordre des Chevaliers Macons Elus Coens de l'Univers." 

J-M Vivenza 

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A propos de la Chose...

" Or, disons-le fortement, si les rites, instructions et cathéchismes de l’Ordre des Elus Coëns, contiennent effectivement des éléments empruntés à un certain courant à l’intérieur duquel Cornelius Agrippa occupe une place non négligeable, cependant en aucun cas le but, nous disons bien le « but » des opérations enseignées par Martinès, c’est-à-dire l’objectif visé et entrevu par les Réau-Croix, ne relève pas de la magie, fusse-t-elle « angélique » ou « divine ». Les opérations, au sommet de l’Ordre, il importe d’y insister tant la question est centrale, sont subordonées à la manifestation de la « Chose » qui n’est autre que la Sainte Présence de Jésus-Christ. 
Convoquant dans certaines circonstances, les anges afin qu’ils l’aident à accomplir son travail, l’élu s’adonnait donc surtout, et tout d’abord à d’intenses purifications, implorant le secours du Compagnon fidèle qui lui fut attribué par l’Eternel de manière à ce qu’il intercede pour lui auprès du Très-Haut et qu’ensuite, seulement, béni et sanctifié, il soit en mesure de s’avancer, en tremblant, devant la « Sainte Présence » du Verbe."

( Citons de nouveau, tant elle est importante, cette explication que donna Robert Amadou concernant la nature de la « Chose », qui éclaire grandement et magnifiquement la nature de ce qui fut un objet constant de contresens, d'incompréhensions diverses, un concept obscur et nébuleux, suscitant d'énormes confusions : « La Chose est, pour Martinez de Pasqually et ses disciples, l'unum necessarium d'où tout découle et à quoi tout s'oriente. À quoi et à qui. La Chose est l'ordre des Élus Coëns, c'est le Temple et tout symbole associé, par métonymie. La Chose est, en effet, pour récapituler, la présence de Dieu, son omniprésence, quand on suit les règles, sous des espèces hiérarchisées. La Chose est la Gloire, ou la Chékhinah, la Sagesse, la Sophia, de son nom technique, l'esprit bon compagnon, le logos loquace et le Saint-Esprit vivificateur qui procède du Père et que le Fils envoi » Robert Amadou, Introduction aux angéliques, CIREM, 2001). À l'occasion d'une émission radiophonique, « Les Vivants et les Dieux », Robert Amadou reviendra encore sur cette question « sensible entre toute, et développera, plus encore, son analyse, mettant en lumière le lien intime liant la « Chose » avec la Sophia : « Qu'est-ce que la Chose ? On pourrait croire qu'il s'agit du Christ et certains historiens ont pensé que le but dernier de l'Ordre des élus Coën était d'évoquer le Réparateur, comme ils disaient, c'est à dire Jésus-Christ lui-même, en personne. Je crois que c'est là tomber dans une confusion à laquelle peut inciter en effet l'articulation un peu bancale de l'appartenance de l'appartenance à l'église catholique romaine et de l'appartenance à l'Ordre des élus Coën. La Chose n'est pas la personne de Jésus-Christ, la Chose n'est pas un ange d'une classe si élevée soit-elle, et de toute façon, l'homme ne peut pas convoquer les anges des classes les plus élevées. La Chose n'est pas Jésus-Christ, c'est la présence de Jésus-Christ. Vieille notion, présence réelle, que l'on retrouve dans la tradition hébraïque, la Chékhinah, et qui dans la tradition helléno-juive, ou helléno-chrétienne, prend le nom de Sophia ou Sophie, la Sagesse. J'identifie la Chose – la Chose qui est la Cause – avec cette présence de Dieu, présence de Dieu en Jésus-Christ, qui devient sensible parce qu'avec Jésus-Christ va particulièrement la Sagesse ; la Sagesse de Dieu étant à la fois le Verbe lui-même, mais aussi comme la parèdre du Christ, le Verbe incarné, non pas sa moitié ni une quatrième personne, mais comme son double, mieux son enveloppe, tantôt seule, suffisante au besoin ou précurseur, tantôt concomitante. Cette Chose se manifeste par des signes spécifiques. Il n'est pas toujours facile de savoir... Il n'est pas toujours facile de savoir la présence ni non plus la nature. 
(R. Amadou, « Les vivants et les dieux, symboles et religions », émission de Michel Cazenave, France-Culture, le 4 mars 2000, in Bulletin Martinès de Pasqually, n°10, p 9,) » )

J-M Vivenza « Les élus cöens et le Régime Ecossais Rectifié. »

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