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10/03/2015

Camille Savoire: "la science du Rose-Croix doit toujours être mise au service du Bien, de la Justice et de la Vérité"

"La Croix symbolisera ... à la fois l'instrumentation scientifique et l'esprit de sacrifice. Elle n'est, en effet, qu'une modification de la Swastika hindoue, dérivée elle-même de l'instrument primitif qui servit à l'homme pour obtenir le feu, source de de toute vie, et suivant la devise des Rose-Croix, facteur de la régénération de toute la nature. Devenue, depuis l'avènement du christianisme, l'emblème du sacrifice. (...) La Rose, symbole de pureté, lui rappellera qu'il n'est aucune science véritable si elle n'est doublée d'une conscience pure et que la science du Rose-Croix doit toujours être mise au service du Bien, de la Justice et de la Vérité (...) Enfin, franchissant le seuil de l'Atelier suprême, l'Initié saura que sa mission, s'ajoutant à celles auxquelles il a promis de concourir au cours des initiations précédentes, sera désormais d'assurer la survivance, la diffusion de l'Ordre et de ses principes dans le temps et dans l'espace, d'allumer le flambeau maçonnique là où il n'a pas encore brillé, d'agrandir son rayonnement là où il est ardent !"

Camille Savoire (" Regards sur les Temples de la Franc-Maçonnerie" chap.X, extrait)

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05/03/2015

Âlaya-Vijnâna, "conscience germe", "conscience de tréfonds", enfouie et invisible aux sens dans l'école Bouddhiste du Yogâcâra.

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"Asanga refusera d'accorder toute forme de crédibilité à la notion même de "matérialité" (rûpa), car pour lui la prétendue matérialité est totalement dépourvue d'existence, ainsi que l'atome ( anu, parmânu), qui ne représente, en lui-même, qu'une notion contradictoire et inexacte, un concept infondé dénué de valeur théorique. Asanga s'expliquera parfaitement sur ce point, nous dévoilant la clé secrète qui nous permet de comprendre comment se structurent, s'articulent les idées fausses, comment se construisent, en nous, les conceptions irréelles : "Nous disons que la matière est formée d'atomes ou que les êtres intelligents sont des personnes, c'est nous qui les posons par le fait que nous en avons l'idée. Grâce à notre perception prend naissance un monde extérieur qui n'a aucune réalité" ( Mahâyânasûtrâlankâra). C'est donc si l'on suit attentivement Asanga dans sa réflexion, par l'effet induit de notre connaissance, par l'exercice de notre conscience débouchant sur une sorte de projection idéalisée de notre propre esprit, qu'apparaît, à nos yeux, un monde purement illusoire auquel nous conférons une réalité qu'il ne possède absolument pas, qu'il n'a jamais eue et qu'il n'aura jamais, si ce n'est, bien évidemment, dans notre rêve, dans notre étroit et réducteur sentiment personnel que l'on peut considérer comme, purement et simplement, vide d'essence.

(...) C'est donc bien la connaissance, l'acte de la conscience, qui est à l'origine de l'erreur, c'est la conscience ( vijnâna), pénétrée et travaillée par les semences karmiques ( vâsanâ), qui se trompe lourdement et se méprend sur l'interprétation qu'il convient de donner aux impressions immédiates qui traversent en permanence les facultés de perception. C'est la connaissance par l'effet du dédoublement se produisant continuellement entre le sujet et l'objet, qui se trouve donc à la source de l'illusion, c'est elle qui est responsable des impressions fallacieuses et des absurdes certitudes qui nous emprisonnent tragiquement à l'intérieur d'un univers dépourvu de vérité.

(...) En ce sens, la seule vérité qualifiant l'existence et la non-existence, située à la source originelle de l'être et du non-être, est la pure pensée indifférenciée, la pensée germe, la conscience inconsciente contenant tout, bien que vide de tout, qu'Asanga nommera âlaya-vijnâna, et que l'on peut traduire par "conscience réceptacle" , "conscience de tréfonds", "conscience héréditaire" ou encore "conscience germe". C'est cette conscience des tréfonds qui est l'origine impersonnelle renfermant la totalité des expériences parcellaires et fragmentaires.

(...) Intensifiant le premier acte conscient, la conscience de la conscience est bien un surprenant degré d'intériorisation  plaçant l'esprit devant un quasi-"Infini", un "Tréfonds" qu'Asanga identifie au germe universel et qu'il théorise comme étant l'âlaya-vijnâna, la "conscience réceptacle". Il nous est ainsi donné de comprendre que l'originalité du cogito d'Asanga vient de ce que sous la pensée qui apparaît à la conscience, il découvre non seulement l'être pensant en tant qu'existant, mais, surtout, la conscience universelle, l'âlaya-vijnâna, "la conscience de tréfonds", enfouie et invisible aux sens, qui permet et autorise toute pensée, qui éclaire la conscience par elle-même, qui fonctionne et opère comme un creuset, un réceptacle dans lequel va puiser et de dépenser l'ensemble des pensées.

Dépassant l'étroite limitation du moi, la conscience est alors pénétrée, traversée en tant que réalité englobante, elle peut alors s'approcher de la "très pure conscience originellement lumineuse [...] affranchie du fini et de l'infini." ( Lankâvatârasûtra). "

Jean-Marc Vivenza " Tout est conscience, une voie d'éveil bouddhiste", chap. "principes théoriques du Yogâcara", extrait.

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28/02/2015

La lucidité à l’égard de cette chair de corruption, participe ainsi de l’effroi et du saisissement, par où commence à apparaître et à surgir l’homme nouveau qui se réveille de ses illusions

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« Ce que l’on désigne comme étant le « vieil homme », c’est-à-dire la nature mauvaise reçue à notre naissance qui fit confesser au roi David : «  J’ai été enfanté dans l’iniquité, et dans le péché ma mère m’a conçue » (psaume LI, 5), est une racine charnelle, entièrement corrompue en son germe, une essence flétrie définitivement, expliquant pourquoi chercher à le modifier est une entreprise vaine et inutile.

(…) La lucidité à l’égard de cette chair de corruption, participe ainsi de l’effroi et du saisissement, par où, d’ailleurs, commence à apparaître et à surgir l’homme nouveau qui se réveille de ses illusions. Saint Martin décrit parfaitement la douloureuse situation de l’âme confessante, se voyant tout à coup telle qu’elle est.

(…) La nature de chair, en l’homme, appartient au composé matériel, elle est, comme lui, constituée de substances impures, mixtes, désorganisées et dégradées, de résidus souillés – tant physiques que psychiques – d’éléments puissamment empoisonnés, insolubles dans les régions de l’Esprit, et c’est pourquoi, entre l’Esprit et la chair, nulle union ne peut être réalisée ni même imaginée un seul instant ; les deux domaines, qui s’opposent radicalement en leurs origines, sont absolument antagonistes et étrangers l’un à l’autre, ce que souligne avec force le Divin Réparateur : «  Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. » (Jean III, 6).

Si les deux natures sont à ce point différentes et dissemblables en raison de leurs provenances – l’une, émanée de Dieu est d’essence lumineuse (lumière qui est « le premier vêtement de l’âme »), l’autre ténébreuse, provient de la chair déchue -, cela signifie que la première est divine et pure et que la seconde est terrestre et infectée, avec pour conséquence de conduire les deux essences qui composent l’homme en ce monde à deux destinations différentes :

. 1°) L’éternité immatérielle et le devenir surnaturel pour l’Esprit ;

. 2°) La dissolution pour la nature charnelle qui, après sa décomposition, sera à tout jamais anéantie et s’évanouira entièrement comme n’ayant jamais existé.

Cette double loi, portant l’Esprit vers sa demeure  d’immortalité et la matière à son anéantissement, est rappelée ainsi par Saint-Martin qui utilise l’image du feu consumant la corruption en montant vers le ciel.

(…) lorsque nous avons  vraiment compris, et intégré intiment en nos fibres, le fait « qu’autour de nous les réalités engendrées sont corrompues avant d’être mortes », alors se change radicalement notre rapport au monde, nous faisant passer d’un mode existentiel superficiel et artificiel fondé sur la recherche  des biens passagers et l’accumulation des richesses et des pouvoirs , à un état de souverain abandon uniquement situé dans « l’Être », cette brutale transformation ayant pour effet de désobstruer les portes du cœur, d’ouvrir notre temple intérieur à la possible action divine opérant, par pure grâce, et qui interviendra, si Dieu le juge utile et nécessaire, au moment voulu, non lorsque nous l’aurons décidé, mais lorsque le Divin Réparateur le considérera souhaitable.

(…) Le sacrifice de la volonté, qui constitue un élément revenant très souvent sous la plume de Saint-Martin, est la seule attitude face à une situation dont nous savons qu’elle ne conduit qu’à une issue fatale pour toutes choses vivantes, consistant aussi, sur le plan sacerdotal, le vrai « holocauste », le sacrifice réel sur l’autel du cœur dont l’offrande nous libère des chaînes de la prévarication »

 J-M Vivenza («  Le Culte en « Esprit » de l’Eglise Intérieure », extraits)

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