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26/06/2014

A propos de la Chose...

" Or, disons-le fortement, si les rites, instructions et cathéchismes de l’Ordre des Elus Coëns, contiennent effectivement des éléments empruntés à un certain courant à l’intérieur duquel Cornelius Agrippa occupe une place non négligeable, cependant en aucun cas le but, nous disons bien le « but » des opérations enseignées par Martinès, c’est-à-dire l’objectif visé et entrevu par les Réau-Croix, ne relève pas de la magie, fusse-t-elle « angélique » ou « divine ». Les opérations, au sommet de l’Ordre, il importe d’y insister tant la question est centrale, sont subordonées à la manifestation de la « Chose » qui n’est autre que la Sainte Présence de Jésus-Christ. 
Convoquant dans certaines circonstances, les anges afin qu’ils l’aident à accomplir son travail, l’élu s’adonnait donc surtout, et tout d’abord à d’intenses purifications, implorant le secours du Compagnon fidèle qui lui fut attribué par l’Eternel de manière à ce qu’il intercede pour lui auprès du Très-Haut et qu’ensuite, seulement, béni et sanctifié, il soit en mesure de s’avancer, en tremblant, devant la « Sainte Présence » du Verbe."

( Citons de nouveau, tant elle est importante, cette explication que donna Robert Amadou concernant la nature de la « Chose », qui éclaire grandement et magnifiquement la nature de ce qui fut un objet constant de contresens, d'incompréhensions diverses, un concept obscur et nébuleux, suscitant d'énormes confusions : « La Chose est, pour Martinez de Pasqually et ses disciples, l'unum necessarium d'où tout découle et à quoi tout s'oriente. À quoi et à qui. La Chose est l'ordre des Élus Coëns, c'est le Temple et tout symbole associé, par métonymie. La Chose est, en effet, pour récapituler, la présence de Dieu, son omniprésence, quand on suit les règles, sous des espèces hiérarchisées. La Chose est la Gloire, ou la Chékhinah, la Sagesse, la Sophia, de son nom technique, l'esprit bon compagnon, le logos loquace et le Saint-Esprit vivificateur qui procède du Père et que le Fils envoi » Robert Amadou, Introduction aux angéliques, CIREM, 2001). À l'occasion d'une émission radiophonique, « Les Vivants et les Dieux », Robert Amadou reviendra encore sur cette question « sensible entre toute, et développera, plus encore, son analyse, mettant en lumière le lien intime liant la « Chose » avec la Sophia : « Qu'est-ce que la Chose ? On pourrait croire qu'il s'agit du Christ et certains historiens ont pensé que le but dernier de l'Ordre des élus Coën était d'évoquer le Réparateur, comme ils disaient, c'est à dire Jésus-Christ lui-même, en personne. Je crois que c'est là tomber dans une confusion à laquelle peut inciter en effet l'articulation un peu bancale de l'appartenance de l'appartenance à l'église catholique romaine et de l'appartenance à l'Ordre des élus Coën. La Chose n'est pas la personne de Jésus-Christ, la Chose n'est pas un ange d'une classe si élevée soit-elle, et de toute façon, l'homme ne peut pas convoquer les anges des classes les plus élevées. La Chose n'est pas Jésus-Christ, c'est la présence de Jésus-Christ. Vieille notion, présence réelle, que l'on retrouve dans la tradition hébraïque, la Chékhinah, et qui dans la tradition helléno-juive, ou helléno-chrétienne, prend le nom de Sophia ou Sophie, la Sagesse. J'identifie la Chose – la Chose qui est la Cause – avec cette présence de Dieu, présence de Dieu en Jésus-Christ, qui devient sensible parce qu'avec Jésus-Christ va particulièrement la Sagesse ; la Sagesse de Dieu étant à la fois le Verbe lui-même, mais aussi comme la parèdre du Christ, le Verbe incarné, non pas sa moitié ni une quatrième personne, mais comme son double, mieux son enveloppe, tantôt seule, suffisante au besoin ou précurseur, tantôt concomitante. Cette Chose se manifeste par des signes spécifiques. Il n'est pas toujours facile de savoir... Il n'est pas toujours facile de savoir la présence ni non plus la nature. 
(R. Amadou, « Les vivants et les dieux, symboles et religions », émission de Michel Cazenave, France-Culture, le 4 mars 2000, in Bulletin Martinès de Pasqually, n°10, p 9,) » )

J-M Vivenza « Les élus cöens et le Régime Ecossais Rectifié. »

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23/06/2014

Henry Corbin à propos du Régime Ecossais Réctifié

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« On doit se borner à faire mémoire ici de l’action de Jean-Baptiste Willermoz, à Lyon au XVIII ème siècle, qui aboutit à constituer un « Ordre Intérieur » détaché de la « Stricte Observance Templière » de l’Allemagne. L’intuition de Willermoz était profonde. Elle s’accorde avec ce que présuppose la filiation de l’Ordre du Temple a parte ante. Comme nous l’avons relevé, cette filiation, tout en faisant la force de l’Ordre du Temple, ne le situe que comme un moment dans une tradition templariste permanente. Aussi bien sera-ce le motif du grand poème dramatique de Zacharias Werner (infra VIII). Il n’y avait donc pas à restaurer matériellement, comme beaucoup le voulaient, l’Ordre historique du Temple, mais il y a avait à prendre sa succession spirituelle en prenant soi-même place dans la tradition qu’il avait assumée lui-même pendant deux siècles. Cette conviction aboutit à la formation de la chevalerie templière spirituelle, celle des « chevaliers de la Cité Sainte », de « Rite écossais rectifié » . J-B. Willermoz professait une profonde spiritualité, centrée sur l’Imago Templi. Ses « instructions » sont à méditer longuement en ce sens ; elles sont le textbook de la spiritualité du Temple ; elles conduisent à une intériorisation qu’il serait fructueux de comparer avec celle de Philon et de quelques maîtres évoqués ici précédemment.

L’idéal de cette chevalerie templière spirituelle fut admirablement formulé déjà par le Chapitre de Clermont « Eques et frater hierosolymitanus scientiis divinis elatis maximam operam dare debet, ut in dies magis magisque luce mirifica et illuminatorium divinarum scintillis incendatur et inflammetur . » Ainsi devait-il en être « jusqu’au jour où l’Ordre du Temple reprendrait possession de Jérusalem et pourrait ainsi retrouver dans une des cavernes de la Montagne Sainte le dépôt de la science ésotérique intégrale. »

Henry Corbin « Temple et Contemplation »

Serviteurs Inconnus

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 Pour le Martiniste, le masque est une chose destinée à masquer la personnalité et à augmenter au maximum la distance entre l'initié et le monde profane, c'est donc une aide pour créer la personnalité idéale, c'est aussi l'un des trois outils dont l'Initié se sert pour entrer dans la voie tracée par les Supérieurs Inconnus et bénéficier de leurs influences. L'Initié doit-il alors se cacher ? Uniquement au monde profane, à ses Frères il se présente sans contrainte, tel qu'il est.

Qu'enseigne alors le masque à l'Initié ? II enseigne que la connaissance est impersonnelle et n'est connue que par ses manifestations. Elle ne peut être personnifiée comme individualité.