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08/11/2014

C’est là en vérité le culte évangélique

« Veuille donc, Ô homme, examiner quelles sont tes fondations, et qui les a posées ; de crainte qu’à la fin il ne s’avère que tu as égaré ton âme pour l’éternité. Je dois avouer que je suis jaloux du salut de mes semblables, ayant trouvé miséricorde auprès de mon Père céleste. Je voudrais qu’aucun ne se trompe au point de se perdre, tout spécialement en matière de religion, où les hommes sont les plus susceptibles d’admettre les choses sans examen, et de perdre infiniment par leur propre fatuité et leur propre négligence. La justice solide et intérieure de Jésus est tout autre chose que les dévotions imaginées par l’homme misérable et superstitieux, et être agréable au regard de Dieu, surpasse ces exercices religieux corporels qui résultent de l’invention des hommes. L’âme qui est éveillée et conservée par son pouvoir et son esprit saints, vit en Lui selon la manière qu’il a lui-même institué, et L’adore selon son propre Esprit, c’est-à-dire, selon l’entendement, la vie et les prescriptions du Christ, ; c’est là en vérité le culte évangélique. »

William Penn « Sans Croix point de Couronne », chapitre V, extrait.

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01/11/2014

l' Eglise de dimension secrète et céleste

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Le christianisme est établi sur la rencontre intime entre Dieu et l’âme, il est l’expérience concrète subtile et silencieuse de la Présence divine dans l’intime de la créature, tandis que la religion, dépendante d’une extériorité si conforme aux lois de ce monde condamné au temps et à l’espace, ne repose que sur l’office cérémoniel de l’eucharistie, forme apparente du saint-sacrifice, alors que le Divin Réparateur se donne à chacun de ses élus, bien plus substantiellement dans l’interne, en un acte sacré d’immolation non ostensible de son corps et de son sang, faisant que les saintes espèces qu’il a promises à ses disciples en leur demandant d’en conserver la mémoire, soient conférés de façon toute spirituelle

 (Jean-Marc Vivenza, "L’Eglise et le Sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin" p. 151)

 Il n’y a donc aucun rejet de ce que représente l’Eglise en son être fondamental dans la pensée de Saint-Martin, mais accès, ouverture et dévotion, envers une Eglise de dimension secrète et de nature céleste, la sainte épouse du Christ, celle qui est unie en tant que corps mystique, à la personne même du Divin Réparateur, mais de façon intime.

(Jean-Marc Vivenza, "L’Eglise et le Sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin"  p. 181)  

 

 

 

La Voie Royale de la Religion Véritable

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Pourtant existe bien, selon Saint-Martin, une possibilité d’éviter les désordres occasionnés par une religion dégradée et dévoyée, il y a véritablement, pour ceux qui décident de tourner leur regard v ers l’intérieur d’eux-mêmes, une capacité offerte à chacun de voir s’éclairer en nous, les mystères touchant à notre origine, de comprendre en quoi consiste le culte vrai que l’homme a à célébrer et comment il doit l’accomplir. Telle est la route de l’esprit, la voie royale de la religion véritable et, chose surprenante, loin de considérer que la multiplicité des formes religieuses démontre l’incohérence de Dieu, elle apparaîtra alors comme la preuve éclatante de l’universalité de la Sagesse divine capable d’illuminer et transformer le cœur de chaque homme venant en ce monde, là où il se trouve, et faire éclore en lui la « brillante lumière » manifestant la « Sainte Présence » qui doit être conservée et vivre dans la secrète chambre de l’âme :

« Quelle est donc la route que l’esprit de l’homme doit prendre pour sortir de cet état désordonné et dévoué à l’incertitude ? C’est celle qu’il découvrirait presque sans effort, s’il tournait ses regards sur lui-même. Une considération attentive de notre être, nous instruisant sur la sublimité de notre origine : et sur notre dégradation : elle nous ferait reconnaître autour de nous et dans nous-même, l’existence des vertus suprêmes de notre Principe ; elle nous convaincrait qu’il a été nécessaire que ces vertus supérieures se présentassent à l’homme visiblement sur la terre, pour le rappeler aux sublimes fonctions qu’il avait à remplir dans son origine ; elle nous démonterait la nécessité d’un culte, afin que la présence de ces vertus ne fût point sans efficacité pour nous. Nous suivrions les traces de ces vérités dans toutes les institutions religieuses ; et loin que la variété de ces inscriptions dût nous faire douter de la base sur laquelle elles reposent, nous rectifierons par la connaissance de cette base, tout ce qu’elles peuvent avoir de défectueux ; c’est-à-dire que nous rallierions dans notre pensée ces vérités éparses mais impérissables, qui percent au travers de toutes les doctrines et de toutes les sectes de l’Univers. Nous élevant ainsi de vérités en vérités , avec le secours d’une réflexion simple , juste et naturelle, nous remonterions jusqu’à la hauteur d’un type unique et universel, d’où nous dominerions avec lui sur tous les agents particuliers et physiques qui lui furent subordonnés, parce qu’étant le flambeau vivant de toutes les pensées et de toutes les actions des êtres réguliers, il peut répandre à la fois la même lumière dans toutes les facultés de tous les hommes. Et c’est là cette brillante lumière que l’homme peut faire éclater en lui-même , parce qu’il est le mot de toutes le énigmes, la clef de toutes les religions et l’explication de tous les mystères. Mais, oh homme ! lorsque tu seras arrivé à cet heureux terme, si tu es sage, tu garderas ta science dans ton cœur. » ( Tableau Naturel, XX.)

 

 

( Jean-Marc Vivenza, L’Eglise et le Sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin, p.174-175)