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30/11/2014

L'Esprit de Dieu est un flambeau qui pénètre le plus profond des coeurs

« Vous voyez que l’homme étant ainsi passé de l’état vertueux et actif, où il combattait contre lui-même et contre les tentations, en cet état divin où il n’a plus aucune résistance dans son propre fonds, il devient unique ; c’est-à-dire qu’étant auparavant composé de deux natures, dont l’une était charnelle et animale et l’autre spirituelle, alors tout se réunit à l’esprit ; et la chair même, purifiée, entre dans les inclinations de l’esprit divinisé. L’homme, n’ayant plus rien à vaincre en lui, se repose dans un amour simple, unique et tranquille du Bien-aimé. (…) L’esprit uni à Dieu commande sans peine à la chair ; et ce qui était d’abord un état naturel à l’homme innocent, dans le paradis terrestre, n’est qu’une grâce journalière dans l’homme réparé. »

 « De même saint Clément affirme que « L'Esprit de Dieu est un flambeau qui pénètre le plus profond des coeurs. Plus un homme accomplissant la justice devient gnostique, plus l'Esprit illuminant lui est communiqué » : c’est-à-dire que plus un homme est dans le pur amour et dans la mort à lui-même, au milieu d’une simple et obscure foi, plus Dieu se communique à lui. »

 «  Voilà l’homme de saint Jean à qui l’onction enseigne tout et qui n’a besoin que personne l’instruise dans aucune chose ; voilà ces hommes que saint Denys nomme [déiformes] ; voilà ces âmes sublimes que Dieu a tellement élevées, dit saint Augustin, qu’étant enseignées de Dieu, elles ne peuvent plus l’être par aucun des hommes. »

 « Quand saint Clément dit donc que le gnostique a passé au-delà de toute purification, et qu’il n’y en reste plus aucune à faire en lui, il signifie clairement par là que le gnostique est dans la pureté de la Création et qu’étant sans tache, il peux aller au Ciel sans passer par le purgatoire. Il est évident qu’il n’y a plus de purgatoire pour celui dans lequel il ne reste plus ni souillure à effacer, ni purification à faire. C’est pourquoi tant de saints ont crus que certaines âmes, rigoureusement éprouvés par les peines extérieures, souffrent un purgatoire d’amour en cette vie, en sorte qu’elles n’en souffrent point d’autre après la mort. Sainte Catherine de Gênes et sainte Thérèse ont fait une vive expérience de ce feu intérieur qui consume les âmes, comme celui du purgatoire après cette vie. (…) Il faut que ce feu vengeur travaille seul, et par lui-même, à dissoudre l’âme et à la renouveler, par une espèce de force universelle. Ce n’est qu’en la détruisant qu’il la purifie, et qu’elle passe par le creuset pour y consommer jusqu’au moindre reste de l’amour-propre. Il faut qu’elle coule comme le métal fondu et qu’elle perdre toute consistance en elle-même pour recevoir, dans les divers moules, toutes les formes qu’il plaira à Dieu. C’est par cette destruction de tout ce qui résiste et qui a encore quelque consistance propre, que l’âme, renouvelé dans le pur amour, ne tient plus à soi et se rapporte uniquement à Dieu, selon la fin de sa Création. Il faut que cette purification foncière, qui ne s’opère que par la souffrance paisible, se fasse en ce monde, ou en l’autre. Les âmes lâches et imparfaites meurent sans avoir laissé faire à Dieu cette opération douloureuse. Un petit nombre d’âmes généreuses se livrent, dès cette vie, aux tourments inexplicables du pur amour. »

 « Le gnostique contemple sans cesse, en tout temps et en tout lieu, sans images, ni diversité de pensées, et par conséquent sans actes ni discours. Il est toujours dans la même disposition à l’égard des mêmes choses, excluant même tous les objets incorporels qui ne sont pas Dieu, et Dieu, en tant qu’incompréhensible. Il est consommé dans l’union inamissible et inaltérable ; ayant passé au-delà de toute œuvres aussi bien que de toute purification, il n’a plus qu’à se reposer avec Dieu, qu’il voit face à face par la contemplation. Il n’a plus besoin de vertu, car il n’a plus aucun mal à combattre, qu’il est dans l’apathie et l’imperturbabilité, que sa contemplation est devenue une substance vive et permanente, et qu’il a, ou pour mieux dire, qu’il est l’être même de la bonté. Il ne lui reste plus aucun désir à former, ni pour les biens temporels, ni pour son salut, dont l’espérance ne le touche plus, tant son amour est désintéressé ; ni pour son âme car il n’agit point pour être sauvé. Il est suffisant à lui-même. Enfin, il ne désire rien, même pour sa persévérance ; car lorsqu’on est entré dans le divin de l’amour, l’amour parfait n’est plus un désir, mais une union ou unité fixe et tranquille. »

 

 François de Fénelon ( « La Tradition secrète des mystiques ou le Gnostique de saint Clément d’Alexandrie », extraits.)

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10/11/2014

Le Temple du Coeur

"Car le culte qui concerne l'homme aujourd'hui, ce en quoi consiste toute sa religion relevant de "l'Esprit et de la Vérité", doit s'effectuer sur un Autel qui n'est autre que son "Coeur", un coeur renouvelé par la grâce, garni de lampes et sur lequel monte, silencieusement, et en permanence, un pur encens vers le Ciel. Tel est le vrai Temple, qui n'a rien de commun avec les "temples figuratifs" édifiés par la main de l'homme, où Dieu doit être adoré."
"Toutefois, avant que d'entrer mystérieusement dans l'âme pour y établir sa demeure et y édifier son Temple, afin d'y célébrer les divines liturgies de l'unique et éternelle Alliance, le Réparateur doit d'abord venir ressusciter l'homme, il doit extraire ce cadavre inerte et déjà décomposé de son tombeau, car, malheureusement, et il en va sans aucune exceptions de tous les fils corrompus, pervertis et désorientés, de la race d'Adam, la créature est morte en toutes ses facultés et opérations, qu'elles soient matérielles ou spirituelles, ceci en raison des suites absolument tragiques, ténébreuses et mortifères de la prévarication."

"Ainsi, lorsque les premières lueurs d'un retour à la vie de l'âme apparaissent, se laissent entrevoir, au loin, les saintes vallées de la terre promise, là où sont élevés les autels de la Terre sainte, dans ce lieu qui proclame la gloire de la Divinité, et où lui sont adressées de vibrantes prières qui se font entendre dans toutes les régions qui composent l'univers; univers spirituel qui n'est autre que l'âme de l'homme au sein de laquelle se fait entendre et résonne, en sa vérité infinie, la Parole divine". 

Jean-Marc Vivenza (" l’Eglise et le Sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin ")

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La célébration de la nouvelle Alliance

"En fait, depuis le sacrifice de Notre Seigneur sur la croix, les promesses de la vie éternelle sont offertes pour tout homme né de nouveau, c'est-à-dire non selon la chair et le sang, mais en esprit et en vérité. Et, de ce point de vue, la seule autorité, l'unique règle, c'est la loi du Ciel, la Parole révélée du Réparateur, c'est elle seule qui commande et dirige, en substance, les travaux de l'Ordre.

(...) Profondément pénétré par les vérités qu'il aura découvertes pendant ses multiples "voyages", déjà quelque peu dégrossi et surtout nettoyé des principaux vices qui entachaient sa personnalité profane, le frère, s'il persévère et poursuit sérieusement son chemin en conservant son entière confiance envers ceux qui lui serviront de guide alors qu'il était encore dans les ténèbres du monde, commencera à apercevoir, au loin, les lumières qu'il espérait recevoir, et redoublera de fermeté et de volonté pour s'en approcher au plus près. Se sentant, progressivement devenir un étranger dans le siècle auquel il était auparavant si attaché, il verra naître en lui, tout d'abord faiblement puis s'imposant au fil des ans, un étrange sentiment de distance et d'indifférence à l'égard des biens temporels, son âme désireuse et ayant hâte de communier et participer aux réalités surnaturelles.

Quittant, tout au moins symboliquement, le "Camp" qui le retenait captif dans la vallée des ombres, il dirigera ses pas vers le mont du Salut, là où Dieu se montra à Moïse, et il comprendra que la lenteur de l'ascension est liée aux règles qui furent imposés à Adam pour obtenir sa réconciliation après sa brutale éviction de l'Eden. La loi spirituelle du ternaire, des trois temps ou trois niveaux qui commandent à toute chose ici-bas, s'appliquera alors à lui et formera, en son sein comme sous ses pieds, une sainte architecture qu'il pénétrera avec respect et tremblement.

Pour gravir la Sainte Montagne, pour s'approcher de Dieu, l'homme est de la sorte invité à délaisser les choses terrestres, à abandonner les reliquats et les vestiges d'une existance dégradée, mais il doit le faire en respectant les règles imposées par l'Eternel, c'est-à-dire que son trajet, en direction de la Lumière, est contraint d'observer une marche mesurée, une marche rythmée par le principe ternaire, celui là même qui présida à l'édification de la triple enceinte du Temple et qui s'applique pareillement, à l'ascension de tout être souhaitant rencontrer le Seigneur en son coeur."

Jean-Marc Vivenza ( "Le Martinisme, L'Enseignement secret des Maîtres")

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