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23/06/2014

Melkitsedeq

« Lors du sacrifice, il mit une ceinture où étaient brodés différents caractères, et une coiffure blanche semblable à celle que portèrent plus tard les prêtres. Sa longue chevelure était d’un blond clair et brillant comme de la soie ; il avait une barbe blanche, courte et pointue ; son visage était resplendissant. Il inspirait le plus profond respect, et tous en sa présence devenaient graves et silencieux. Il me fut révélé que c’était un ange sacerdotal et un messager de Dieu. Il était envoyé pour fonder de saintes institutions : il conduisait, distribuait les races, et bâtissait des villes. Je l’ai vu en divers lieux bien avant le temps d’Abraham ; plus tard je ne l’ai pas revu. »
Anne Catherine Emmerich

"La bénédiction du pain et du vin préfigurant le sacrifice eucharistique de la Cène est aussi nettement évoquée, mais elle se déroule sans consécration et dans l’ordre angélique.

Il s’agit là par conséquent, d’une typologie de la consécration par voie sacerdotale et qui rélève de ce qu’Henry Corbin appelait la « hiérohistoire ». Un fait archétypal, prototype et par là « consigné » dans une zone des « états de l’Etre » où le déroulement et l’effacement du temps ne jouent pas. Cette « bénédiction figurative », pour reprendre les termes de la visionnaire, se situe dans ce monde de l’ « Imaginal », la terre de « Hurqalia » dans les descriptions de l’ésotérisme shî’ite raportées par H.Corbin. D’où le vêtement d’un blanc éblouissant de Melkitsedeq. Or c’est justement dans cette zone précélestielle que se conservent, avec la Tradition Primordiale, les « mystères du Pôle » et c’est le lieu de la Montagne des Prophètes entrevue par A.C. Emmerich. On comprends l’interêt que Guénon portait à cette description, mais on relira aussi ce que Corbin a écrit sur cette notion du Pôle et de la montagne sacrée dans les peintures du royaume de l’Ange. "

Jean Tourniac « Melkitsedeq ou la Tradition Primordiale »

 

« Melchisédeq fut le premier Prêtre-Roi ; tous les vrais prêtres de Dieu et de la nature descendent de lui, et Jésus-Christ lui-même se joignit à lui, comme prêtre « selon l’ordre de Melchisédeq »...

...Ainsi, un prêtre selon l’ordre de Melchisédeq est celui qui sait séparer la substance qui contient tout et vivifie tout, de la matière impure ; et qui la sait employer comme un vrai moyen de réconciliation et de réunion pour l’humanité tombée, afin de lui communiquer la vraie dignité royale ou la puissance sur la nature, et la dignité sacerdotale ou le pouvoir de s’unir par la Grâce, aux mondes supérieurs. » 

Karl Von Eckartshausen

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Chute...

 "L'homme dans son etat de gloire avait ete etabli par le Createur pour en etre le centre. Comme agent de la Divinite, il en manifestait l'action et la puissance dans le temporel. Il avait la puissance de commandement sur les agents principaux charges des details du gouvernement temporel. Du centre de cette creation, il dominait parfaitement comme homme-Dieu de la Terre. Par sa chute il parcourut l'espace pour venir ramper sur cette surface; il devint leur inferieur, quoique conservant toujours inne en lui la superiorite originelle qu'il avait sur eux."

Lecons de Lyon n 103, mercredi 22 octobre 1776. 

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traité des deux natures, extraits...

 

"Tout homme, instruit de l’excellence originelle de l’homme primitif, de sa haute et sublime destination dans l’univers crée, des grandes vertus, puissances et autorité dont il fur revêtu pour la remplir, ne peut se dissimuler, en voyant l’homme actuel déchu de toute sa gloire, tombé dans l’avilissement, malheureux et devenu l’esclave de l’implacable ennemi dont il avait été établi le dominateur, qu’il est soumis à un état de sévère punition justement méritée ; que c’est l’orgueil, dont il reçoit encore journellement et à tout instant de nouvelles atteintes, qui l’a perdu, ; que c’est un abus énorme de sa puissance, de sa volonté et de toutes ses facultés intellectuelles qui l’a séparé de Dieu ; que lié par son choix au Mal, il s’est rendu incapable de se rapprocher par lui-même du Bien, et qu’il resterait éternellement séparé de son Dieu, si l’Amour infini du créateur pour sa créature chérie n’eut détruit cette barrière d’éternelle séparation par son incarnation, dans un corps d’homme, dont il a voulu se revêtir pour pouvoir souffrir et mourir dans ce corps, et expier ainsi pour le coupable tout ce qu’il devait à la Justice. »

Cette Croix, en divisant figurativement par ses quatre branches en quatre parties l’espace crée, nous rappelle assez clairement les quatre régions célestes qui furent le premier domaine de l’homme dans son état de pureté et d’innocence, comme son centre sur lequel le Divin Réparateur expire nous rappelle ce centre des régions, ce paradis terrestre qui fut le siège de sa gloire et de sa domination, qu’il souilla par son crime, et dont il fut honteusement expulsé pour toujours. Cependant, la glorieuse destination de ce lieu de délices ne fut pas totalement détruite : la Justice divine se contenta d’y établir une garde sûre « armée d’épée de feu » pour en défendre l’entrée ; mais l’homme-Dieu ayant pleinement satisfait par sa soumission et par sa mort à la Justice divine, c’est de ce centre de douleur et d’ignominie qu’il ressuscite glorieusement, et triomphant dans son humanité, il réhabilite l’homme et toute sa postérité dans le droit primitif de pouvoir habiter encore le centre de ces régions célestes. Il le purifie et le sanctifie de nouveau pour le disposer à devenir le lieu de repos et de paix où les âmes justes, après avoir été purifiées et réconciliées, iront attendre à l’ombre de la grande lumière dont la pleine jouissance leur est assurée, la fin des temps, l’instant fortuné où les barrières de l’espace étant rompues, elles iront toutes ensemble à la suite du Divin Réparateur recevoir le prix innefable de la rédemption qui sera leur éternelle, absolue et inaltérable béatitude."

 

Jean-Baptiste Willermoz ( L’Homme-Dieu, Traité des deux natures)

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