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08/12/2014

Examen du culte rendu par Enoch

"Examinons donc quel est le culte qu’Enoch professa parmi les descendants de Seth . Il est le premier qui dressa parmi eux un autel de pierre blanche différente de ce que nous appelons marbre. C’est sur le centre de cet autel qu’Enoch recevait le fruit de son culte et qu’il s’offrait lui-même en sacrifice. C’est Enoch qui a enseigné le premier aux mineurs spirituels à élever des édifices divins sur leur base, c’est lui qui a prophétisé la justice du Créateur qui devait être réversible sur toute la terre en punition des crimes de la postérité de Kaïn et du reste de celle de Seth qui avait fait jonction avec celle de Kaïn, c’est lui qui régla les alliances de la postérité de Seth, en défendant que les enfants du Créateur divin se liassent avec les enfants des hommes. ( Par tout ce que j'ai dit de la prévarication d'Adam et du fruit qu'il reçut de son opération, vous devez concevoir ce que c'est que les enfants des hommes.) C'est Enoch qui a prophétisé les vrais élus du Créateur qui devaient naître de par l'Eternel, en faisant lui-même l''élection  de dix sujets pour opérer le culte divin parmi la postérité de Seth. C'est donc Enoch qui est le grand type du cérémonial et du culte divin parmi les hommes passés, ainsi qu'il l'est encore parmi les hommes d'à présent, ce que l'on concevra par l'explication de ses opération spitituelles divines. Enoch, qui n'est autre chose qu'un esprit saint sous une forme corporelle de matière apparente, tint une assemblée spirituelle divine vers la région septentrionale" 

(...) Il fit parmi eux une éléction de dix sujets, auxquels il déclara la volonté du Créateur et auxquels il prescrivit un cérémonial et une règle de vie pour pouvoir invoquer l'Eternel en sainteté. Il admit ces dix sujets à la connaissance de ces travaux listiques chaotiques ( on donnera dans son lieu l'interprétation précise de ces deux mots, qui appartiennent aux sciences spirituelles divines). Il leur fit ensuite élever un édifice qui n'avait qu'un seul appartement, ou enceinte, dans laquelle se plaçaient ces dix sujets qu'Enoch avait choisis pour l'assister dans ses saintes opérations. Il donna a chacun d'entre eux une lettre initiale des saints noms de Dieu, ce qui formait en tout dix lettres, afin qu'ils suivissent avec régularité et précision toute espèce d'opérations agréables au Créateur et avantageuses pour les mineurs réconciliés.

(...) Ces dix chefs, remis par les secours d'Enoch dans leurs premières vertus et puissances spirituelles divines, firent par leurs opérations saintes, des prodiges si grands, qu'ils ramenèrent à eux plusieurs sujets de leur famille et qu'ils instruisirent les mineurs vraiment appelés par l'esprit saint dans les sciences qu'ils possédaient par le pouvoir et le ministère d'Enoch, type de réconciliation du genre humain.

(...) Le nombre de prosélytes devint en peu de temps fort considérable, mais ces nouveaux prosélytes ne se maintinrent pas également dans leurs vertus et dans leurs puissances. Ce qui en pervertit plusieurs, ce fut la conduite atroce d'un des dix chefs admis par Enoch à la réconciliation divine, qui suscita la dissension parmi les émules et répandit un air de mépris sur les instructions qu'ils avaient reçues d'Enoch. Cet esprit de révolte augmenta si fort parmi les nouveaux appellés qu'ils se livrèrent entièrement à l'abandon du Créateur et à la jouissance de la matière sous la conduite du chef prévaricateur. Il ne resta donc plus que le nombre de neuf justes sur la terre. Ces neuf justes se replièrent sur les forces et sur les connaissances qu'ils avaient reçus du saint homme Enoch et le prièrent de s'assembler encore une fois avec eux, pour remplacer celui de leurs frères que le démon leur avait ravi. Enoch, sensible à leur prière, fit avec ces neuf justes une assemblée dans laquelle il leur communiqua entièrement son secret.

(...) A peine Enoch eut-il fini de parler et béni les neuf disciples qu'une nuée enflamée descendit du ciel et l'enleva rapidement pour porter cet esprit saint à sa destination. Ses disciples qui le perdirent de vue se lamentèrent et dirent : "Qu'allons-nous devenir, ô Eternel, sans l'assistance de notre maître Enoch ? Pourquoi le ravis-tu du sein de ses frères et de ses disciples ? Si la terre est coupable, en quoi nous, hommes corporels, devons-nous être responsables, si ce n'est du sang matériel que nous avons reçu d'elle et que nous abandonnons à ta sainte justice? Exauce, Seigneur, nos voeux, et prends pitié de tes fils et des tes serviteurs."

 Martines de Pasqually ( "Traité sur la réintégration des êtres", extrait)

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05/12/2014

Les deux branches distinctes de la Tradition, par J-M Vivenza

« Mais dès l’origine, ou plus exactement dès la division brutale qui va intervenir entre les cultes célébrés par Caïn et Abel le Juste, la « Tradition » va se séparer, se diviser en deux branches distinctes absolument antagonistes et opposées en tous points, faisant qu’il n’est pas possible de conférer un caractère univoque à la notion de « Tradition », comme cela est pourtant souvent le cas chez la plupart des auteurs traditionnels, mais une essence double, constituée : 

- 1°) d’une branche abélienne pure et sainte dite « non-apocryphe », car possédant les éléments du vrai culte et de la « Sainte Doctrine » qui lui est attachée ;

- 2°) d’un rameau caïniste, positivement apocryphe, étranger et ignorant tout des éléments du vrai culte et de la « Sainte Doctrine »

Ainsi, les deux cultes, l’un de Caïn et l’autre d’Abel, vont donner naissance, dès l’aurore de l’Histoire des hommes, à deux traditions également anciennes ou « primordiales » si l’on tient à ce terme, mais absolument non équivalentes du point de vue spirituel. Les étapes qui aboutiront à la Révélation du Divin Réparateur, participèrent donc des éléments propres à la religion primitive transmis par la Tradition non-apocryphe établie depuis les origines sur « une Parole, un Culte et une Loi », trois éléments qui furent préservés au sein de la longue chaîne qui d’Adam jusqu’au Christ ( Abel, Seth, Elie, Enoch, Noé, Melchisédech, Josué, Zorobabel, etc.) a été détentrice des bases du sacerdoce confié à Adam par l’Eternel. »

(...)  De ce fait, deux branches, deux traditions se côtoient depuis l’origine et sont donc radicalement  opposées et antithétiques l’une de l’autre, la première réunissant les « enfants de Dieu », c’est-à-dire la postérité de Seth, la seconde constituée par la descendance pervertie  de Caïn, les « faux frères » selon Jean-Baptiste Willermoz, incarnant la tradition déviée des « enfants des hommes ». Martinès insiste à de nombreuses reprises pour nous mettre en garde contre le danger de confusion entre ces deux rameaux étrangers, car plusieurs exemples démontrent  qu’il est fréquent de voir se corrompre l’authentique Tradition. Ainsi, «  la postérité de Seth et de son fils Enos ne tarda pas à se corrompre par ses alliances avec la postérité de Kaïn et elle déchut par là de toutes ses connaissances spirituelles divines que Seth lui avait communiquées. Cette postérité d’Enos subsista ainsi dans l’abomination, d’où provint le patriarche Enoch. » ( Traité de Réintégration, 106.) On comprend mieux, en cela, l’importance pour l’élu de se retrancher du mal, de se préserver de la descendance criminelle de Caïn et de sa tradition pervertie, et l’utilité pour lui de s’inscrire, en revanche, dans la continuité du culte saint et pur célébré par Seth, en fuyant radicalement les œuvres démoniaques des « enfants des hommes ».»


Jean-Marc Vivenza « l’Eglise et le Sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin »

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04/12/2014

Le cœur de l’homme est la pierre de fondation de l’Eglise intérieure

« Le Temple de Dieu est formé des âmes qui sont habitées par l’Esprit de Dieu ( I Corinthiens III, 16), ce qui nous montre que l’Eglise, en ce monde, mais non «  du monde », est concrètement « l’habitation » de Dieu par l’Esprit. 

(…) L’Eglise « cachée en Dieu », est également désignée comme un « mystère caché de toute éternité »

(…) Dans le livre de l’Apocalypse, sept assemblées distinctes sont évoquées, qui ne relèvent pas d’une organisation humaine, mais d’une institution divine, formant toutes les sept, un unique chandelier pour le Très Haut. Ces sept assemblées représentent de même les sept sources actives de vie, les sept puissances sacramentelles sur lesquelles l’édifice sacerdotal est édifié en l’homme, et qui témoignent de la Sagesse de Dieu, elles sont les sept colonnes produites par la pierre de fondation d’où est établie l’Eglise intérieure.

(…) C’est donc dans le cœur de l’homme que doit exister et vivre désormais l’Assemblée de Dieu, une Assemblée qui ne se rapporte à aucune organisation humaine, ni à aucun des systèmes religieux issus des institutions formées et façonnées par les hommes depuis l’avènement du christianisme. C’est une Eglise édifiée par l’Esprit, ayant pour unique souverain le Divin Réparateur, une Eglise constituée pour adorer l’Eternel et être en communion avec Lui ; et cette secrète Assemblée de Dieu, cette Eglise intérieure demeurant dans le cœur de l’homme de désir.

(…) De la sorte, nul Pontife ou Patriarche, nul Grand Prêtre nommé par une association religieuse mondaine, nul Souverain humain pour cette Eglise intérieure, son seul Maître est au Ciel, c’est lui qui a posé en l’âme la pierre fondatrice essentielle sur laquelle sont bâties toutes les différentes parties invisibles du Temple de Dieu, Temple où est honoré le Saint Nom de l’Eternel.

(…) L’âme régénérée, ressuscitée par le Nom Sacré, au sein de laquelle l’Eglise invisible a été édifiée, va établir sa demeure permanente dans l’Est Divin, c’est-à-dire le cœur du Temple, lieu réservé du séjour de la Sainte Présence. Il convient donc uniquement, afin que puisse vivre et rayonner l’Eglise intérieure en notre interne, de désobstruer les voies de l’Esprit pour laisser la place entière à son action, de permettre à la puissance du Verbe d’accomplir son œuvre et répandre sa bienfaisante lumière.

Ainsi s’impose comme règle unique et centrale pour cette Eglise située dans le cœur de l’homme, cette expression si étroitement liée à la voie proposée par le Philosophe Inconnu : «  Faites place à l’Esprit » !

Faire place à l’Esprit pour lui donner d’illuminer les profondeurs de l’homme, d’éclairer son édifice, de répandre les saintes bénédictions dans le Temple intérieur pour, qu’en s’appuyant sur les sept colonnes reliées avec le Ciel, il soit en mesure de faire circuler en nous toute la sève spirituelle transcendante, et nourrir l’ensemble de nos autels particuliers sur lesquelles brillent les lois de la Divinité : «  Faites place à l’Esprit ».

 

(…) la parole sacrée proférée, la parole sublime révélatrice de notre vraie nature, de notre état divin, étant prononcé dans le Temple par Celui qui vint « d’en haut » dire à notre place la parole déterminante, alors le Réparateur va nous donner « rang parmi ses prêtres », il va solennellement nous déclarer de la « race sacerdotale ». Mais que nous restera-t-il à faire ensuite, après avoir bénéficié, dans la nuit de l’esprit, mais alors que le Temple ait été édifié et consacré, et ceci malgré notre immense misère et terrible indignité, de ces réceptions nous instituant « prêtre » et de la race « sacerdotale » (…) Cette indication consiste tout simplement, au sein de notre Temple particulier, à nous envelopper de la tunique des prêtres du Temple de Jérusalem. (…) Et cette connaissance représente précisément la science spirituelle véritable de l’Eglise intérieure, afin que se déroule sur l’autel situé dans le Sanctuaire du cœur, la divine liturgie en « esprit » et en « vérité », sachant, selon l’indication  évangélique, que : « l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car le Père recherche des hommes qui l’adorent ainsi. » ( Jean, IV, 23.).

Jean-Marc Vivenza " L'Eglise et le Sacerdoce selon Louis-Claude de Saint-Martin"

« Que ton cœur se dilate ! Tu cherches Dieu ;il te cherche encore d’avantage, et il t’a toujours cherché le premier. Tu le pries ! Sois confiant dans le succès de ta prière. Quand même tu serais assez faible pour mal prier, n’y aurait-il pas l’amour qui prierait pour toi ? Ils se feront connaître à toi, tous ses bienfaits de l’amour. L’homme ingrat les oublie : l’homme déçu les dédaigne ; il passe à côté, et les laisse derrière lui. Tu as reçu un rayon de ce Feu ; il va s’étendre, et il te rapportera de nouveaux traits de cet amour, et une nouvelle chaleur quatre et dix fois plus active. Homme, relève-toi. Il t’appelle ; il te donne rang parmi ses prêtres ; il te déclare de la race sacerdotale. Revêts l’éphod et la tiare. Parois devant l’assemblée, comme étant rempli de la majesté du Seigneur. Ils apprendront tous que tu es le ministre de sa sainteté, et que la volonté du Seigneur est que sa sainteté reprenne la plénitude de son domaine.(…) L’univers entier réclame devant toi sa créance ; ne tarde pas plus longtemps à lui faire sa restitution. Noie toutes les prévarications dans le déluge de tes larmes ; ce n’est que sur cette mer que peut aujourd’hui voguer l’Arche Sainte. Ce n’est que par là que se conservera la famille du juste, et que la loi de la vérité viendra ranimer toute la terre. »

 (L-C de Saint-Martin,  L’Homme de désir)

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