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14/12/2014

le royaume de Dieu est au-dedans de vous

 

 

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« L’âme contient déjà en elle le ciel et l’enfer, comme il est écrit : « Le royaume de Dieu ne viendra pas accompagné de signes spectaculaires. On ne dira pas : Voyez, il est ici ou il est là. Car, voyez : le royaume de Dieu est au-dedans de vous » [Luc 17, 20-21]

 « Lorsque la volonté s’abandonne à Dieu jusqu’en son fond, elle sort d’elle-même, hors de tout fond et de tout lieu, là où Dieu seul se manifeste, où il opère et veut. Elle se devient ainsi un néant quant à sa volonté propre. Dès lors c’est Dieu qui opère et veut en elle, c’est Dieu qui habite dans sa volonté abandonnée. Entrant dans le repos divin, l’âme s’en trouve sanctifiée.

« Lorsque le corps se brise, alors l’âme est pénétrée de l’amour divin et illuminée de la lumière divine, comme le feu embrase le fer jusqu’à lui faire perdre son opacité. C’est là la main du Christ, lorsque l’amour de Dieu habite entièrement l’âme de toutes parts et c’est en elle une lumière éclatante et une nouvelle vie.

« C’est ainsi que l’âme est dans le ciel, et qu’elle est un temple de l’Esprit Saint. Elle est elle-même le ciel de Dieu, dans lequel il habite.

 (…) « Chez les saints le royaume du ciel est opérant et sensible par la foi : ils sentent l’amour de Dieu dans cette foi, par laquelle leur volonté s’abandonne à Dieu.

« Mais la vie naturelle est entourée de chair et de sang. Elle est en opposition avec la colère de Dieu, entourée des vains plaisirs de ce monde qui ne cessent de pénétrer la vie extérieure et mortelle. Ainsi, d’un côté le monde, d’un autre le diable, d’un troisième la malédiction de la colère de Dieu pénètrent la vie dans la chair et le sang et la passent à leur crible.

« C’est pourquoi l’âme est souvent dans l’angoisse lorsque l’enfer la presse ainsi et veut se manifester en elle. Mais elle se plonge dans l’espérance de la grâce divine et demeure comme une belle rose au milieu des épines jusqu’à ce que le royaume de ce monde tombe d’elle dans la mort du corps. Alors seulement, lorsque plus rien ne lui fera obstacle, l’âme sera pleinement manifestée dans l’amour de Dieu.

« Durant cette vie, il faut que l’âme chemine dans ce monde avec le Christ, afin qu’il la délivre de l’enfer qui est en elle. Il faut qu’il la pénètre de son amour, qu’il demeure dans l’enfer auprès d’elle et change son enfer en ciel.

 (…)Le disciple demanda :

 « Puisque, durant cette vie, le ciel et l’enfer sont en lutte au-dedans de nous et que Dieu nous est si proche, où donc habitent les anges et les démons ? »

 Le maître répondit :

« Là où tu n’habites pas selon ton existence et ta volonté propres, c’est là qu’habitent les anges, chez toi et partout.

« Et là où tu habites, selon ton existence et ta volonté propre, c’est là qu’habitent les démons, chez toi et partout. »

 (…) « Selon sa vie temporelle, l’homme n’appartient qu’au monde visible. C’est pourquoi, durant le temps de sa vie extérieure, il ne voit pas le monde spirituel : par sa substance, le monde extérieur est une couverture pour le monde spirituel, de la même manière que l’âme est cachée par le corps.

« Mais lorsque l’homme extérieur meurt, le monde spirituel devient manifeste pour l’âme : que ce soit dans la lumière éternelle, auprès des saints anges, ou dans les ténèbres éternelles auprès des démons. »

 (…) «  Dans la jouissance de nos désirs propres se trouvent les ténèbres. Dans la conformité avec la volonté de Dieu se trouve la lumière.

« Là où la volonté du moi de l’âme veut avec Dieu, l’amour de Dieu est à l’œuvre. Mais, dans la jouissance propre du vouloir de l’âme, la volonté de Dieu opère avec peine. Là sont les ténèbres, afin que la lumière soit connue. »

 Jakob Böhme ( «  De la vie au-delà des sens », extraits.)

Le feu de l’amour embrasant de Dieu

Le disciple demanda :

 «  Qu’est-ce que l’amour ? Que sont sa force et sa vertu , sa hauteur et sa grandeur ? »

Le maître répondit :

 « Sa vertu c’est le néant.

 «  Sa force est répandue en toutes choses

 « Sa hauteur est aussi haute que Dieu.

 « Sa grandeur est plus grande que Dieu même.

 « Celui qui le trouve, il trouve le néant et il trouve toutes choses.

 Le disciple demanda :

 « Ô mon cher maître, dis-moi comment je dois le comprendre ? »

 Le maître répondit :

 «  J’ai dit que sa vertu, c’est le néant. Tu le comprendras lorsque tu sortiras de toute créature et deviendra un néant de toute nature et de toute créature. Alors, tu seras dans l’Un éternel qui est Dieu même. Alors tu éprouveras la plus haute vertu de l’amour.

 «  J’ai dit aussi : Sa force est répandue en toutes choses. Lorsque le grand amour sera allumé en toi, tu l’éprouveras dans ton âme et dans ton corps. Alors, il  brûlera comme aucun feu. Tu le verras également dans toutes les œuvres de Dieu : comment l’amour s’est répandu en toutes choses, comment il est leur fond le plus intérieur et le plus extérieur. Intérieur pour ce qui est de la force, et extérieur pour ce qui est de la forme.

 (…) « Et j’ai dit ensuite : Celui qui le trouve, il trouve le néant et il trouve toutes choses, et cela aussi est vrai. Car il découvre un abîme qui est au-delà de la nature et au-delà des sens, où il n’y a aucun lieu où il puisse habiter, et il ne voit rien qui lui soit semblable. On ne peut le comparer à rien, car il n’est rien d’aussi profond. Il est à toutes choses comme un néant, car on ne peut le saisir. Parce qu’il n’est rien, il est libre de toutes choses. Il est le bien unique, dont on ne peut dire ce qu’il est.

«  J’ai dit enfin : Celui qui le trouve, il trouve toutes choses, et cela est vrai. Il a été le commencement de toutes choses et il les domine toutes. 

 « Si tu le trouves, tu accèdes à ce fond d’où toutes choses sont venues et en quoi elles demeurent. Tu es en lui un roi qui règne sur toutes les œuvres de Dieu. »

 « Là où le chemin est le plus rude, vas-y.

« Ce que le monde rejette, prends-le.

« Ce que monde fait, ne le fais pas.

« Marche en toutes choses à l’opposé du monde, ainsi tu prendras le plus court chemin vers l’amour de Dieu. »

 « Aucune bouche ne pourra jamais nommer ce qu’est le feu de l’amour embrasant de Dieu, plus blanc que le soleil et plus doux qu’aucun miel, plus puissant qu’aucune nourriture et aucun breuvage et plus aimable que toute joie de ce monde.

« Celui qui l’obtient est plus riche qu’aucun roi de la terre, plus noble qu’aucun empereur, plus fort qu’aucune puissance. »

 Jakob Böhme ( «  De la vie au-delà des sens », extraits )

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10/12/2014

L’âme doit se débarrasser et se dépouiller des sens pour entrer dans la nuit de l'esprit

"La porte étroite est cette nuit des sens ; l’âme se débarrasse et se dépouille des sens pour entrer dans cette nuit en s’appuyant sur la Foi, qui est complètement étrangère aux sens, afin de marcher ensuite par la voie étroite, ou l’autre nuit, celle de l’esprit."

"Tout est souffrance dans cette nuit obscure, dans cette rude purification des sens où elle (l’âme) se guérit d’une foule d’imperfections, et s’exerce à la pratique de toutes les vertus pour se rendre digne de l’amour divin…"

"Plus, en effet, les sens sont purifiés, plus aussi ils ont de facilité pour goûter à leur manière les joies de l'esprit."

" C'est dans la pauvreté, l'abandon, le dénûment de toutes les pensées de mon âme, c'est-à-dire dans les ténèbres de mon intelligence, dans les angoisses de ma volonté, dans les afflictions et les chagrins de ma mémoire, que je suis sortie; je me suis abandonné aveuglément à la foi pure, qui est une nuit obscure pour toutes mes puissances naturelles"

" Plus les choses divines sont en soi claires et manifestes, plus elles sont naturellement obscures et cachées à l'âme. Il en est ici comme de la lumière naturelle: plus elle est claire, plus elle éblouit et obscurcie la pupille du hibou; plus on veut fixer le soleil en face, et plus on éblouit la puissance visuelle et on la prive de lumière; cette lumière dépasse la faiblesse de l'oeil.

De même quand cette divine lumière de contemplation investit l'âme qui n'est pas encore complétement éclairée, elle produit en elle des ténèbres spirituelles, parce que non seulement elle la dépasse, mais parce qu'elle la prive de son intelligence naturelle et en obscurcit l'acte. Voilà pourquoi saint Denys et d'autres théologiens mystiques appellent cette contemplation infuse un rayon de ténèbres."

"Pour se purifier et de dégager des scories et des affections qu'elle porte en elle même, l'âme doit en quelquesorte s'annihiler et se détruire, tant elle s'est assimilée à ses passions et ses imperfections. Ainsi, cette fournaise sert-elle à purifier l'âme comme l'or dans le creuset. (...) C'est un état où Dieu humilie profondément l'âme pour l'exalter beaucoup ensuite"

Saint Jean de la Croix

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