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26/06/2014

Elus Coëns de l'Univers et Régime Ecossais Réctifié

"La Loge est en fait l'image du cosmos et de son drame divin; les flambeaux, lorsqu'ils sont allumes, deviennent des "etoiles", etoiles qui sont le signe que le travail s'accomplit dans le monde visible et invisible"

"Ainsi s’imposait que puisse être érigé un Ordre initiatique d’essence chevaleresque, mais d’une chevalerie toute spirituelle car destinée à livrer une bataille subtile se situant dans l’invisible, capable de lutter, non pour rétablir un Ordre matériel disparu à la faveur de l’Histoire au XIIIe siècle, mais contre les reliquats de la dégradation originelle, en engageant un combat susceptible de réduire et abattre les forces malsaines qui enserrent les êtres dans les obscurs cachots du domaine des ombres depuis la Chute."

"D'ailleurs, il importe de le noter, ce programme de la "Reintegration", sous la forme d'un ensemble theorique et pratique, structure et impressionnant de par sa subtile connaissance des choses cachees, va devenir le fondement essentiel de la pensee Willermozienne, et naturellement, conduire l'initie lyonnais a constituer, a terme, le Regime Ecossais Rectifie pour qu'il devienne, concretement, un efficace instrument de preservation, le "conservatoire" vivant de l'enseignement detenu par les Reaux-Croix, et, de ce fait, l'actif depositaire de la doctrine martinesienne ainsi que de "l'influence spirituelle" Coen authentique et veritable qu'il reste, et restera le seul sur le plan historique, quoique bien malgre lui la plupart du temps, a detenir validement et legitimement de par le caractere ininterrompu de la chaine le reliant a l'Ordre des Chevaliers Macons Elus Coens de l'Univers." 

J-M Vivenza 

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23/06/2014

Henry Corbin à propos du Régime Ecossais Réctifié

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« On doit se borner à faire mémoire ici de l’action de Jean-Baptiste Willermoz, à Lyon au XVIII ème siècle, qui aboutit à constituer un « Ordre Intérieur » détaché de la « Stricte Observance Templière » de l’Allemagne. L’intuition de Willermoz était profonde. Elle s’accorde avec ce que présuppose la filiation de l’Ordre du Temple a parte ante. Comme nous l’avons relevé, cette filiation, tout en faisant la force de l’Ordre du Temple, ne le situe que comme un moment dans une tradition templariste permanente. Aussi bien sera-ce le motif du grand poème dramatique de Zacharias Werner (infra VIII). Il n’y avait donc pas à restaurer matériellement, comme beaucoup le voulaient, l’Ordre historique du Temple, mais il y a avait à prendre sa succession spirituelle en prenant soi-même place dans la tradition qu’il avait assumée lui-même pendant deux siècles. Cette conviction aboutit à la formation de la chevalerie templière spirituelle, celle des « chevaliers de la Cité Sainte », de « Rite écossais rectifié » . J-B. Willermoz professait une profonde spiritualité, centrée sur l’Imago Templi. Ses « instructions » sont à méditer longuement en ce sens ; elles sont le textbook de la spiritualité du Temple ; elles conduisent à une intériorisation qu’il serait fructueux de comparer avec celle de Philon et de quelques maîtres évoqués ici précédemment.

L’idéal de cette chevalerie templière spirituelle fut admirablement formulé déjà par le Chapitre de Clermont « Eques et frater hierosolymitanus scientiis divinis elatis maximam operam dare debet, ut in dies magis magisque luce mirifica et illuminatorium divinarum scintillis incendatur et inflammetur . » Ainsi devait-il en être « jusqu’au jour où l’Ordre du Temple reprendrait possession de Jérusalem et pourrait ainsi retrouver dans une des cavernes de la Montagne Sainte le dépôt de la science ésotérique intégrale. »

Henry Corbin « Temple et Contemplation »

traité des deux natures, extraits...

 

"Tout homme, instruit de l’excellence originelle de l’homme primitif, de sa haute et sublime destination dans l’univers crée, des grandes vertus, puissances et autorité dont il fur revêtu pour la remplir, ne peut se dissimuler, en voyant l’homme actuel déchu de toute sa gloire, tombé dans l’avilissement, malheureux et devenu l’esclave de l’implacable ennemi dont il avait été établi le dominateur, qu’il est soumis à un état de sévère punition justement méritée ; que c’est l’orgueil, dont il reçoit encore journellement et à tout instant de nouvelles atteintes, qui l’a perdu, ; que c’est un abus énorme de sa puissance, de sa volonté et de toutes ses facultés intellectuelles qui l’a séparé de Dieu ; que lié par son choix au Mal, il s’est rendu incapable de se rapprocher par lui-même du Bien, et qu’il resterait éternellement séparé de son Dieu, si l’Amour infini du créateur pour sa créature chérie n’eut détruit cette barrière d’éternelle séparation par son incarnation, dans un corps d’homme, dont il a voulu se revêtir pour pouvoir souffrir et mourir dans ce corps, et expier ainsi pour le coupable tout ce qu’il devait à la Justice. »

Cette Croix, en divisant figurativement par ses quatre branches en quatre parties l’espace crée, nous rappelle assez clairement les quatre régions célestes qui furent le premier domaine de l’homme dans son état de pureté et d’innocence, comme son centre sur lequel le Divin Réparateur expire nous rappelle ce centre des régions, ce paradis terrestre qui fut le siège de sa gloire et de sa domination, qu’il souilla par son crime, et dont il fut honteusement expulsé pour toujours. Cependant, la glorieuse destination de ce lieu de délices ne fut pas totalement détruite : la Justice divine se contenta d’y établir une garde sûre « armée d’épée de feu » pour en défendre l’entrée ; mais l’homme-Dieu ayant pleinement satisfait par sa soumission et par sa mort à la Justice divine, c’est de ce centre de douleur et d’ignominie qu’il ressuscite glorieusement, et triomphant dans son humanité, il réhabilite l’homme et toute sa postérité dans le droit primitif de pouvoir habiter encore le centre de ces régions célestes. Il le purifie et le sanctifie de nouveau pour le disposer à devenir le lieu de repos et de paix où les âmes justes, après avoir été purifiées et réconciliées, iront attendre à l’ombre de la grande lumière dont la pleine jouissance leur est assurée, la fin des temps, l’instant fortuné où les barrières de l’espace étant rompues, elles iront toutes ensemble à la suite du Divin Réparateur recevoir le prix innefable de la rédemption qui sera leur éternelle, absolue et inaltérable béatitude."

 

Jean-Baptiste Willermoz ( L’Homme-Dieu, Traité des deux natures)

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