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10/12/2014

L’âme doit se débarrasser et se dépouiller des sens pour entrer dans la nuit de l'esprit

"La porte étroite est cette nuit des sens ; l’âme se débarrasse et se dépouille des sens pour entrer dans cette nuit en s’appuyant sur la Foi, qui est complètement étrangère aux sens, afin de marcher ensuite par la voie étroite, ou l’autre nuit, celle de l’esprit."

"Tout est souffrance dans cette nuit obscure, dans cette rude purification des sens où elle (l’âme) se guérit d’une foule d’imperfections, et s’exerce à la pratique de toutes les vertus pour se rendre digne de l’amour divin…"

"Plus, en effet, les sens sont purifiés, plus aussi ils ont de facilité pour goûter à leur manière les joies de l'esprit."

" C'est dans la pauvreté, l'abandon, le dénûment de toutes les pensées de mon âme, c'est-à-dire dans les ténèbres de mon intelligence, dans les angoisses de ma volonté, dans les afflictions et les chagrins de ma mémoire, que je suis sortie; je me suis abandonné aveuglément à la foi pure, qui est une nuit obscure pour toutes mes puissances naturelles"

" Plus les choses divines sont en soi claires et manifestes, plus elles sont naturellement obscures et cachées à l'âme. Il en est ici comme de la lumière naturelle: plus elle est claire, plus elle éblouit et obscurcie la pupille du hibou; plus on veut fixer le soleil en face, et plus on éblouit la puissance visuelle et on la prive de lumière; cette lumière dépasse la faiblesse de l'oeil.

De même quand cette divine lumière de contemplation investit l'âme qui n'est pas encore complétement éclairée, elle produit en elle des ténèbres spirituelles, parce que non seulement elle la dépasse, mais parce qu'elle la prive de son intelligence naturelle et en obscurcit l'acte. Voilà pourquoi saint Denys et d'autres théologiens mystiques appellent cette contemplation infuse un rayon de ténèbres."

"Pour se purifier et de dégager des scories et des affections qu'elle porte en elle même, l'âme doit en quelquesorte s'annihiler et se détruire, tant elle s'est assimilée à ses passions et ses imperfections. Ainsi, cette fournaise sert-elle à purifier l'âme comme l'or dans le creuset. (...) C'est un état où Dieu humilie profondément l'âme pour l'exalter beaucoup ensuite"

Saint Jean de la Croix

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23/06/2014

traité des deux natures, extraits...

 

"Tout homme, instruit de l’excellence originelle de l’homme primitif, de sa haute et sublime destination dans l’univers crée, des grandes vertus, puissances et autorité dont il fur revêtu pour la remplir, ne peut se dissimuler, en voyant l’homme actuel déchu de toute sa gloire, tombé dans l’avilissement, malheureux et devenu l’esclave de l’implacable ennemi dont il avait été établi le dominateur, qu’il est soumis à un état de sévère punition justement méritée ; que c’est l’orgueil, dont il reçoit encore journellement et à tout instant de nouvelles atteintes, qui l’a perdu, ; que c’est un abus énorme de sa puissance, de sa volonté et de toutes ses facultés intellectuelles qui l’a séparé de Dieu ; que lié par son choix au Mal, il s’est rendu incapable de se rapprocher par lui-même du Bien, et qu’il resterait éternellement séparé de son Dieu, si l’Amour infini du créateur pour sa créature chérie n’eut détruit cette barrière d’éternelle séparation par son incarnation, dans un corps d’homme, dont il a voulu se revêtir pour pouvoir souffrir et mourir dans ce corps, et expier ainsi pour le coupable tout ce qu’il devait à la Justice. »

Cette Croix, en divisant figurativement par ses quatre branches en quatre parties l’espace crée, nous rappelle assez clairement les quatre régions célestes qui furent le premier domaine de l’homme dans son état de pureté et d’innocence, comme son centre sur lequel le Divin Réparateur expire nous rappelle ce centre des régions, ce paradis terrestre qui fut le siège de sa gloire et de sa domination, qu’il souilla par son crime, et dont il fut honteusement expulsé pour toujours. Cependant, la glorieuse destination de ce lieu de délices ne fut pas totalement détruite : la Justice divine se contenta d’y établir une garde sûre « armée d’épée de feu » pour en défendre l’entrée ; mais l’homme-Dieu ayant pleinement satisfait par sa soumission et par sa mort à la Justice divine, c’est de ce centre de douleur et d’ignominie qu’il ressuscite glorieusement, et triomphant dans son humanité, il réhabilite l’homme et toute sa postérité dans le droit primitif de pouvoir habiter encore le centre de ces régions célestes. Il le purifie et le sanctifie de nouveau pour le disposer à devenir le lieu de repos et de paix où les âmes justes, après avoir été purifiées et réconciliées, iront attendre à l’ombre de la grande lumière dont la pleine jouissance leur est assurée, la fin des temps, l’instant fortuné où les barrières de l’espace étant rompues, elles iront toutes ensemble à la suite du Divin Réparateur recevoir le prix innefable de la rédemption qui sera leur éternelle, absolue et inaltérable béatitude."

 

Jean-Baptiste Willermoz ( L’Homme-Dieu, Traité des deux natures)

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