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19/09/2015

Appelons cette force supérieure pour qu’elle vienne se joindre à celle de cet ami fidèle, et à la nôtre, afin que cette triple puissance tombe comme une foudre sur l’adversaire.

« N’oublies pas qu’il y a deux portes dans le cœur de l’homme ; l’une inférieure, et par laquelle il peut donner à l’ennemi l’accès à la lumière élémentaire, dont il ne peut jouir que par cette voie ; l’autre, supérieure, et par laquelle il peut donner à l’esprit renfermé avec lui l’accès à la lumière divine qui ne peut ici-bas lui être communiquée par ce canal. Si au lieu d’ouvrir la porte supérieure pour la consolation de l’ami qui est renfermé avec toi dans ta prison, tu ouvres la porte inférieure, et que tu donnes accès en toi à ton adversaire, tu deviens un champ de bataille où ton ami fidèle, déjà en privation par sa charité pour toi, est encore exposé tantôt à un combat cruel, tantôt à des attaques déchirantes, quand il voit que tu déclares aussi contre lui, et toujours à une situation lamentable par l’horrible voisinage que tu lui as procuré, et par la malheureuse nécessité où il est par ta négligence, ou par tes crimes, de demeurer auprès de son ennemi, et du tien, de se trouver renfermé dans la même enceinte, de le voir journellement te corrompre par son infection, et d’être obligé de respirer ces influences pestilentielles. » ( L-C de Saint-Martin, Le Nouvel Homme § 33.)

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 De la sorte, loin d’admettre qu’il puisse en être ainsi, c’est-à-dire que la sentence de condamnation soit définitive et immuable, Saint-Martin nous invite instamment à appeler la force supérieure salvatrice, la triple puissance libératrice capable de nous extraire de notre prison, de briser les liens, et de rendre, enfin, à notre ange l’air « céleste et divin » qui était son séjour originel :

 « Détournons les yeux de ce tableau, ou du moins ne le contemplons qu’autant qu’il nous est utile et nécessaire pour appeler en nous une plus grande force que celle qui nous reste, après les torts considérables que nous aurions déjà eus envers notre fidèle ami ; appelons cette force supérieure pour qu’elle vienne se joindre à celle de cet ami fidèle, et à la nôtre, afin que cette triple puissance tombe comme une foudre sur le déprédateur, et le funeste ennemi que nous avons laissé entrer en nous, afin qu’elle le fasse rentrer dans ses abîmes, et qu’elle referme ensuite sur lui d’une manière sûre cette porte inférieure que nous n’aurions jamais dû lui ouvrir. Voilà en effet quelle est l’œuvre du nouvel homme pendant son séjour dans le désert, c’est d’obtenir d’en haut une clef puissante pour lier l’ennemi dans ses cavernes ténébreuses, c’est de séparer le pur de l’impur, comme il avait été recommandé aux Hebreux, c’est de rendre la respiration de l’air céleste et divin à cet ami fidèle, à qui le premier homme fait continuellement respirer un air infect depuis le crime ; enfin c’est d’arracher des mains de l’ennemi les portions des trésors divins, et les étincelles de la vérité même que nous lui avons laissé quelquefois dérober, en ouvrant si impudemment notre porte supérieure, sans avoir pris la précaution de chasser l’ennemi  dans ses abîmes, et de fermer soigneusement sur lui la porte inférieure. » ( L-C de Saint-Martin, Le Nouvel Homme § 33.)

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 Jean-Marc Vivenza (Louis-Claude de Saint-martin et les Anges, Arma Artis.)