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14/01/2015

l’être humain fut d’abord un surhomme qui s’est dessoudé de l’Etre

«  A un certain niveau mental, la pensée humaine appréhende les choses dans leurs substance. Aucun obstacle ne la sépare des autres pensées. La matière, saisie par elle comme mana – ce que nous appelons énergie radiante- ne voile pas les essences. Le cosmos est dès lors un cosmos de la pensée pure, de la matière pure et de la liberté, au sein duquel l’idée rejoint immédiatement l’existence, et où tout vouloir instantanément se réalise. A ce niveau, l’homme, comme l’indiquent toutes les traditions reculées, est un surhomme, un « dieux » et l’univers où il se meut mérite pleinement la qualification de dynamique ( dynamis = force, puissance).

Au niveau mental inférieur, la pensée, ne bénéficiant plus du même potentiel et de la même acuité mentale, n’a plus la force de percer l’écran des sensations ; elle est arrêtée par l’obstacle ; ce qu’elle synthétise et objective, ce sont, par suite, non plus les objets eux-mêmes dans leur essence, mais les impressions de surface qu’ils procurent à l’animalité pour faciliter son comportement. Cette objectivation abusive d’états psychologiques tout subjectifs engendre l’univers phénoménal ou univers de la maya, qui est un univers du mécanisme, où règnent  en souverain le temps et l’espace. A ce niveau, l’être humain cesse d’être un surhomme ou un « dieux ». Il devient un homme, c’est-à-dire un monstre cosmique, vivant en marge des êtres réels, dans un monde qu’il a constitué par sa déficience, et qui est pour lui une basse-fosse. Du fait que sa pensée n’a plus la force d’atteindre la substance intime des êtres et doit se rabattre sur les apparences extrinsèques, il transforme en instrument de connaissance des états mentaux inférieurs, destinés à être des moyens d’action. Consolidant en outre la sensation  d’étendue et la sensation de durée, il forme l’espace et le temps qui deviennent pour lui une geôle. Il s’emprisonne ainsi dans un cosmos superficiel, qui est à la fois son oeuvre et son châtiment. Il fausse par là le cours normal de l’évolution sur notre planète, qui devait être son royal apanage, et dont il s’est fait par sa carence, depuis la première minute du développement géologique- car il a présidé, dan,s la pensée divine, à toute la création  terrestre- l’ignare bourreau.

Ce qui fournit la clé de l’homme et de l’histoire humaine, c’est donc que l’être humain fut d’abord un surhomme, se mouvant au sein de la matière appréhendée comme radiante, et qu’en refusant le don total de soi qui l’eut intégré dans l’existence plénière , il s’est ipso-facto  dessoudé de l’Etre, ce qui a entraîné pour lui un brusque changement dans la vision des choses : la matière énergétique a floculé en ses yeux en matière dense et mécanisée, le rayonnement intrinsèque de l’univers a pris fin ; sans que la réalité objective des êtres se modifiât en rien, il ne l’a plus rejointe qu’à travers une épaisseur de sédiments, et s’est trouvé subitement jeté dans un cachot.

En glissant de l’univers dynamique vers l’univers vu comme spatio-temporel , le surhomme, ravalé au rang d’homme, perdit son statut normal, et se transforma comme nous l’avons indiqué, en monstre. »

 Pierre Gordon, « L’Origine de l’Humanité d’après les Traditions Anciennes »  

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