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08/11/2014

La gnose est une contemplation permanente

« Saint Clément, qui nous a dit qu’il y a plusieurs degrés dans la gnose et que le gnostique tend à une gnose ultérieure, assure que le gnostique s’applique, autant qu’il le peut, à posséder le puissance de la contemplation permanente. Voila le gnostique qui n’est encore que dans ses commencements ou dans son progrès ; il tend à la permanence et n’y est pas encore arrivé. Il est devenu le maître de ce qui combat contre l’esprit ; et demeurant perpétuellement dans la contemplation, voilà l’état où il arrive : il est sorti de l’état de combat contre les sens, il a dompté tout ce qui s’oppose à l’esprit. C’est ce que le bienheureux Jean de la Croix appelle être sorti de l’abnégation sensitive.

«  Celui qui s’est ainsi exercé, continue saint Clément, peut arriver à la sublimité de la gnose et de l’homme parfait. » Ce n’est donc pas un terme auquel l’on tend toujours, et auquel on n’arrive qu’après la mort ; au contraire on y arrive dès cette vie. Tous les temps, dit-il, et tous les lieux lui conviennent, ayant une fois choisi de mener une vie exempte de chutes et s’étant exercé par cette stabilité égale de l’esprit.

Mais cette contemplation perpétuelle et immuable est-elle une considération perpétuelle de divers  objets qui se présentent successivement ? Non. «  C’est un état de ressemblance avec Dieu, autant qu’il est possible, en ce que le gnostique conserve son esprit dans une même disposition à l’égard des mêmes choses. » Il n’admet ni les images ni la diversité des pensées.

Voilà donc une contemplation qui exclut toutes variétés d’actes, de dispositions et d’objets, hors ce qui est incompréhensible en Dieu, excluant tout ce qui est intelligible, même dans les choses incorporelles. C’est sans doute la contemplation négative, le rayon ténébreux et l’inconnu de Dieu dont parle saint Denys. C’est sans doute cette nuit de la foi dont parle le Bienheureux Jean de la Croix, où l’âme outrepassant tout ce qui peut être compris, elle atteint jusqu’à Dieu même, au dessus de tout savoir.

(...) Il dit enfin que l'âme du gnostique, « s'étant avancée dans ce qui lui est naturel, demeure dans le repos de Dieu ». Il faut observer qu'il représente, au milieu de la vraie Eglise, une portion plus pure que le reste, qu'il nomme « l'Eglise spirituelle », c'est-à-dire mue et agie par le Saint-Esprit. Cet état d'inspiration et de repos de Dieu est un état, non seulement permanent, mais devenu naturel au gnostique. »

 François de Fénelon ( « La Tradition secrète des mystiques, ou le Gnostique de saint Clément d’Alexandrie, chapitre 6 : La gnose est une contemplation permanente », extrait.)

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