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23/06/2014

traité des deux natures, extraits...

 

"Tout homme, instruit de l’excellence originelle de l’homme primitif, de sa haute et sublime destination dans l’univers crée, des grandes vertus, puissances et autorité dont il fur revêtu pour la remplir, ne peut se dissimuler, en voyant l’homme actuel déchu de toute sa gloire, tombé dans l’avilissement, malheureux et devenu l’esclave de l’implacable ennemi dont il avait été établi le dominateur, qu’il est soumis à un état de sévère punition justement méritée ; que c’est l’orgueil, dont il reçoit encore journellement et à tout instant de nouvelles atteintes, qui l’a perdu, ; que c’est un abus énorme de sa puissance, de sa volonté et de toutes ses facultés intellectuelles qui l’a séparé de Dieu ; que lié par son choix au Mal, il s’est rendu incapable de se rapprocher par lui-même du Bien, et qu’il resterait éternellement séparé de son Dieu, si l’Amour infini du créateur pour sa créature chérie n’eut détruit cette barrière d’éternelle séparation par son incarnation, dans un corps d’homme, dont il a voulu se revêtir pour pouvoir souffrir et mourir dans ce corps, et expier ainsi pour le coupable tout ce qu’il devait à la Justice. »

Cette Croix, en divisant figurativement par ses quatre branches en quatre parties l’espace crée, nous rappelle assez clairement les quatre régions célestes qui furent le premier domaine de l’homme dans son état de pureté et d’innocence, comme son centre sur lequel le Divin Réparateur expire nous rappelle ce centre des régions, ce paradis terrestre qui fut le siège de sa gloire et de sa domination, qu’il souilla par son crime, et dont il fut honteusement expulsé pour toujours. Cependant, la glorieuse destination de ce lieu de délices ne fut pas totalement détruite : la Justice divine se contenta d’y établir une garde sûre « armée d’épée de feu » pour en défendre l’entrée ; mais l’homme-Dieu ayant pleinement satisfait par sa soumission et par sa mort à la Justice divine, c’est de ce centre de douleur et d’ignominie qu’il ressuscite glorieusement, et triomphant dans son humanité, il réhabilite l’homme et toute sa postérité dans le droit primitif de pouvoir habiter encore le centre de ces régions célestes. Il le purifie et le sanctifie de nouveau pour le disposer à devenir le lieu de repos et de paix où les âmes justes, après avoir été purifiées et réconciliées, iront attendre à l’ombre de la grande lumière dont la pleine jouissance leur est assurée, la fin des temps, l’instant fortuné où les barrières de l’espace étant rompues, elles iront toutes ensemble à la suite du Divin Réparateur recevoir le prix innefable de la rédemption qui sera leur éternelle, absolue et inaltérable béatitude."

 

Jean-Baptiste Willermoz ( L’Homme-Dieu, Traité des deux natures)

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